Le crankbait est probablement le premier modèle de poisson-nageur qu’un pêcheur de carnassiers débutant aux leurres va acheter.

Qu’est-ce qu’un crankbait ?

crankbait

On le reconnaît au premier coup d’œil dans les rayons de notre détaillant. Il a généralement une forme rondouillarde avec une bavette plus ou moins longue. Il en existe trois catégories, qui portent généralement les abréviations suivantes :

  • SR pour Shallow Runner, c’est un modèle conçu pour évoluer entre 0 à 1.0 mètre.
  • MD pour Medium Runner, c’est un modèle conçu pour évoluer entre 1 à 2 mètres.
  • DP pour Deep Runner, c’est un modèle conçu pour évoluer à plus de 2 mètres.

La bavette, premier élément clef

Bavette et profondeur

Crankbait bavette profondeur

C’est à la fois sa longueur et son angle d’inclinaison qui conditionnent l’atteinte de la profondeur pour laquelle il a été conçu.

Une bavette courte inclinée entre 45° et 90° et votre crankbait évoluera entre la surface et 50 cm sous l’eau. A l’inverse, un modèle Deep Runner possède une longueur de bavette souvent égale voire supérieure à la longueur de son corps.

C’est la force de l’eau exercée sur la bavette, qui contribue à faire descendre le crankbait dans les couches d’eau inférieures. C’est ainsi que l’on peut identifier dans sa boîte, les différentes catégories de crankbait.

Bavette, forme et conséquence

Bavette carrée, type square bill

Crankbait_square_bill

Si le modèle que vous utilisez dispose d’une bavette rectangulaire, elle génère une nage plus chaloupée à votre crankbait que s’il était équipé d’une bavette arrondie et étroite.  J’ai peu utilisé ce modèle pour vous donner mon avis, néanmoins les spécialistes semblent le recommander pour pêcher le bois noyé et les plages.

Le Super Shad Rap (Rapala) a été conçu avec une bavette « cassée ». C’est un leurre idéal pour explorer la zone d’eau libre au-dessus des herbiers immergés, presque affleurant. Redoutable d’efficacité ! Aucune autre marque à ma connaissance n’a repris ce type de bavette.

Bavette arrondie

La bavette arrondie peut-être large ou étroite, elle influence la nage du crankbait. En tout état de cause, elle joue le rôle de déflecteur lorsqu’elle tape sur un obstacle (substrat, bois noyé…). La version arrondie est la plus courante, idéale pour prospecter la pleine eau.

La forme du corps, second élément clef

Rondouillard

Crankbait rondouillard

Les rondouillards ont une forme de poire, une tête massive, un corps court et renflé et une queue qui s’amincit. Il déplace plus d’eau que leur taille le laisse supposer, plus la section est ronde plus la nage est chaloupée.

J’utilise toujours cette forme de crankbait lorsque je recherche du poisson actif sur de vastes zones sans poste marqué ou lorsque les eaux sont chargées suite à une crue, par exemple.

Flanc plat

Ce type de crankbait est peu répandu. Je n’en possède qu’un ou deux modèles dans mes boîtes. Sa particularité est d’avoir une nage plus serrée, je dirais presque naturelle imitant un poisson-fourrage se déplaçant nonchalamment dans le courant.

Je le sors de ma boîte quand la pêche s’avère difficile. Je me sers du courant, afin de  lui faire décrire un arc-de-cercle après l’avoir lancé face à moi. Je le dirige naturellement devant les prédateurs postés en pleine eau le ramenant canne basse ou extrêmement lentement en parallèle du quai. Il peut être animé par quelques tirées sèches qui lui font faire des écarts comme un longbill minnow.

Bruiteur ou silencieux

Bruiteur

Le crankbait est en soi un leurre qui sait se faire remarquer dans l’élément liquide. Il déplace beaucoup d’eau, mais pour accentuer ce trait, la plupart des modèles sont équipés de billes. Le bruit qu’elles provoquent à la récupération a pour but d’agacer les carnassiers et déclencher une attaque.

Les billes sont contenues dans des chambres fermées, elles sont soit en verre, en acier, plus ou moins grosses et nombreuses. Le son généré sera plus ou moins aigu ou grave.

Silencieux

Sur les secteurs où la pression de pêche est importante, les poissons peuvent se méfier de ce qui fait trop de bruit. Vous devrez posséder dans votre boîte quelques modèles silencieux.

Néanmoins, un modèle silencieux peut-être équipé d’une grosse bille sans que le leurre soit pour autant bruiteur. Il s’agit d’un système de transfert de masse. Lorsque le leurre est en action de pêche, la bille se trouve positionnée vers la « tête » et lorsque vous lancez, la bille est expulsée vers la queue. Ce procédé aide à atteindre de plus grandes distances.

Crankbait articulé, un autre bruit !

Crankbait_jointed

Il existe quelques modèles articulés sur le marché, comme le Jointed Shad Rap (Rapala). L’articulation donne une nage plus proche d’un poisson, mais le claquement de l’articulation arrière sur la partie avant donne un son supplémentaire. Un modèle articulé sans bille bruiteuse ne sera pas si silencieux que cela.

Vitesse de récupération

Un crankbait peut être ramené à vitesse lente comme rapide, tout va dépendre de la manière dont vous allez l’utiliser et ce que vous voulez lui faire faire.

Si vous pêchez la truite, vous serez contraint de lancer vers l’amont. La vitesse d’écoulement étant souvent rapide dans un tel milieu, vous serez obligé de récupérer la ligne à une vitesse légèrement supérieure à celle du courant.

Si à l’inverse, vous pratiquez dans un bras mort en eaux calmes, encombrées de bois mort ou d’herbiers, une récupération lente sera peut-être la clef du succès.

Tout dépend des conditions de pêche, une paire de lunettes polarisantes peut vous être d’un grand secours. Ainsi, lorsque vous voyez un poisson suivre votre leurre, soyez attentif à ses réactions ! En accélérant la vitesse de récupération vous pouvez déclencher une attaque. J’en ai fait de nombreuses fois l’expérience.

Le crankbait, un sonar pour le pêcheur

En ramenant, votre crankbait de manière linéaire à vitesse continue, vous pouvez recueillir des informations sur la hauteur d’eau, sur la nature du substrat, sur la présence d’obstacles tels des herbiers.

C’est simple, dès que la bavette percutera le fond de la rivière, l’information sera transmise par la ligne jusque dans le poignet du pêcheur. Avec l’expérience, vous saurez vite identifier si le fond est dur ou mou. Si vous tapez régulièrement le fond, alors que vous utilisez un crankbait qui descend jusqu’à 2 mètres, vous saurez alors que la profondeur de votre zone de pêche fait moins de 2 mètres. Une information qui peut vous guider à changer de modèle, pour un plus plongeant et réaliser l’animation dite « bottom taping ». Il s’agit d’imiter un poisson se nourrissant sur le fond, et qui soulève ainsi des sédiments.

Crankbait_sondeur

Si votre leurre traverse des herbiers :

  • Un morceau coincé entre la ligne et la bavette indiquera que votre leurre est entré tête la première dans l’herbier. L’herbier est plus haut que la profondeur pour laquelle est conçu votre crankbait.
  • Un morceau accroché à une branche d’un triple indiquera que votre leurre a frôlé l’herbier. Si votre crankbait évolue à 2 mètres de profondeur, le haut de l’herbier est situé à cette hauteur.

Voilà d’autres indications dont il faut savoir tirer profit. Les prédateurs adorent se tenir dans ou à proximité des obstacles. Un leurre qui percute l’obstacle, attire l’attention du carnassier et sera sanctionné par une attaque.

Si vous percutez les obstacles (herbiers, bois mort, substrat…) et que cela ne déclenche pour autant aucune attaque, alors c’est le moment de savoir ce qui cloche. Soit il faut un crankbait non bruiteur, soit un coloris moins flashy… soit il est temps de passer au souple pour une exploration plus fine du spot.

Le crankbait, même pour un pêcheur pratiquant avec un sondeur, est un formidable outil de détection de son environnement subaquatique, qu’il ne faut pas négliger !

La canne idéale, suivant les spécialistes

Crankbait_canne

Le crankbait sollicite beaucoup le matériel, on le sent tirer dans la ligne. Les vibrations remontent parfois jusqu’au poignet, d’autant plus si vous avez une canne raide.

Les spécialistes recommandent une canne d’action regular (assez souple) et composée de fibres de verre et de carbone, intitulée « glass ». Cette action plus souple contribue à assurer le ferrage. Il n’est pas nécessaire de ferrer lorsque l’on pêche au crankbait, le poisson se pique souvent tout seul. Le fait d’utiliser une canne d’action « regular » contribue à diminuer les décrochages en cours de combat.

Mais, seuls les pêcheurs pratiquant en bateau ou en float-tube peuvent transporter plusieurs cannes avec eux. Vous pouvez utiliser une canne  d’action plus raide, mais en sachant que vous augmentez le risque de  perdre votre poisson durant le combat.

Il existe des crankbaits pesant 1.5 grammes jusqu’à plus de 25 grammes ; la puissance des cannes commencera à partir d’Ultra-Light. Vous pourrez utiliser aussi bien une canne spinning que casting. C’est plus une affaire de goût qu’un réel avantage de l’une par rapport à l’autre.

Quelques unes de mes utilisations du crankbait

Le bois noyé, son domaine de prédilection

Crankbait_bois_noyé

Le crankbait a été conçu pour explorer les bois morts noyés. Souvent, on pense au spinnerbait dans cette configuration. Toutefois, la bavette joue pleinement son rôle de déflecteur, désaxant le leurre. De plus, les crankbait sont pour la grande majorité d’entre eux flottant ; si vous arrêtez de mouliner il remontera vers la surface en marche arrière. Au tour de manivelle suivant il sautera l’obstacle.

Ne négligez pas les berges encombrées comme sur la photographie, il est à son aise en ces lieux.

La surface, avec une imitation d’insecte

Crankbait_insecte_surface

Il existe des modèles conçus pour explorer la surface. En récupérant un peu plus vite on peut même les faire nager juste sous la surface.  Le sillage en « V » généré par cette récupération attire à lui seul les prédateurs, en particulier les chevesnes. Le réalisme de la « proie » finit souvent de les convaincre. Dès que les beaux jours sont là, c’est une pêche que j’adore mettre en œuvre. Là, il vous faudra user d’une canne de puissance UL (0.5 à 5 grammes).

Crankbait et street fishing

Le quai – la structure verticale où le crankbait excelle

crankbait quai street fishing

En street fishing, le crankbait est le leurre idéal pour dénicher les prédateurs embusqués contre les quais. Cette structure verticale offre des caches et/ou une zone d’ombre où le carnassier à l’affût est invisible de ses proies. Le crankbait lancé vers l’aval, est ramené en longeant le quai. Il ne faut pas hésiter à le faire percuter ce dernier. Je ne compte plus le nombre de perches, sandres, chevesnes et brochets que j’ai fait réagir de cette manière.

Les couloirs d’eau dans les herbiers de bordure

En 2017, je vous faisais part de mon retour d’expérience sur mes débuts en street fishing, sur la Saône à Lyon. Notamment, j’évoquais que l’exploration des couloirs d’eau libre dans les bancs d’herbiers pouvait se faire avec un crankbait.

Le crankbait, une référence pour le power fishing

En street fishing, je commence souvent ma pêche au crankbait. Ce leurre m’aide à identifier si l’activité se situe proche de la surface ou plus en profondeur. L’orientation du scion de ma canne au ras de la surface, voire même des fois dans l’eau pour gagner quelques décimètres de profondeur, l’utilisation de toutes les catégories (SR, MR ou DP) vont m’aider à identifier dans quelle couche d’eau les prédateurs évoluent.  Le crankbait va me permettre d’identifier si les herbiers ont commencé à pousser… car les herbiers concentrent la vie donc les prédateurs également.

En fonction des circonstances de pêche, je peux pratiquer 2 heures non stop avec un crankbait ou rapidement basculer sur un souple pour une approche plus fine, plus précise, plus lente… Je suis bien incapable de me passer de ce type de leurres.

Canne basse… pas tout le temps !

Si la pratique se fait la majorité du temps canne basse, il m’arrive de pêcher la canne à l’horizontale, parallèle à la surface de l’eau. Ainsi, je peux garder un modèle MD (plongeant à 2 mètres) même sur une zone de faible profondeur,  dès que je pense que le leurre a passé le haut-fond, je rabaisse mon scion au ras de l’eau pour décider un poisson posté sur la cassure.

En conclusion

Que vous soyez un pêcheur de truites, de perches, de sandres, de brochets, de silures, de black-bass ou de chevesnes, le crankbait doit faire partie de vos leurres. Il excelle dans de très nombreuses situations, conditions de pêche, saisons et terrains de jeu… c’est un véritable leurre tout terrain !

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A propos de l'auteur
Je pêche exclusivement aux leurres. J'adore pratiquer en ruisseau et petites rivières, biotopes qui exigent pour réussir une approche discrète et un bon niveau technique. J'affectionne tout particulièrement la traque de la truite, de la perche et du chevesne. Depuis mai 2017, j'arpente les berges de Saône à deux pas de chez moi, découvrant ainsi le "street-fishing" ses contraintes et ses plaisirs. Je suis aussi un pêcheur engagé, bénévole depuis 2011 dans une aappma et élu secrétaire en 2015.

Un commentaire sur “Le crankbait, un leurre tout terrain

  1. Anonyme dit :

    Merci beaucoup!!Jsuis un débutant qui pêche en Nouvelle-Calédonie.

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