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Truite au leurre souple, une technique d’ouverture.

La majorité des pêcheurs rencontrés au bord de l’eau, le jour de l’ouverture sont des pêcheurs aux appâts naturels. Les pêcheurs aux leurres ne sont pas légion. Et parmi, ces derniers peu nombreux sont ceux qui vont pêcher la truite au leurre souple. Ils vont préférer la pêche à la cuillère et/ou au poisson-nageur.

Petite sauvage prise au Kiji worm small pin

Les différents leurres souples

Les shads

Cette catégorie est  probablement la plus utilisée par ceux pêchant la truite au leurre souple. Il s’agit de l’imitation d’un poisson, pour la truite je dirais plutôt celle d’un alevin de « blanc ». 

  • Fish Arrow Flash J Huddle 1″ ; 46 mm ; poids 0.8 g ; mon coloris préféré 02
  • Berkley Powerbait Minnow 2″ ; 50 mm ; mon coloris préféré  smelt (eau limpide) ; chartreuse shad (eau turbide)
  • Reins Rockvib Shad 2″ ; 50 mm ; mon coloris préféré gold legend.

Les worms

L’imitation de vers de terre est très peu utilisé pour la pêche de la truite. J’ai découvert leur existence grâce à Florian, qui me donna un modèle à tester début 2017. Et, ce fut une réelle révélation apportant à mon panel déjà vaste de leurres, une nouvelle option. 

  • Nikko France Kiji worm small pin 48 mm ; mon coloris préféré rose
  • Amazing Fishing Mantillo 70 mm ; mon coloris préféré « rouge »

Les créatures

Je regroupe dans l’appellation créature, les imitations d’invertébrés ou d’écrevisses. Mes ruisseaux et petites rivières comportent une population d’écrevisses américaines et/ou à pattes blanches. Je suis convaincu que ces crustacés d’eau douce rentrent en partie dans l’alimentation des truites.

  • Impulse Rigged Mini Craw ; 40 mm ; coloris summer craw 
  • Big Bite Baits Bug Series Hopper ; 40 mm ; coloris black
  • Big Bite Baits Bug Series Cricket ; 25 mm ; coloris bumble bee swirl
De gauche à droite : creatures, worm et shad.

Dans quelle taille et coloris faut-il les choisir ?

Une taille adaptée aux truites de votre parcours.

La truite est un prédateur disposant morphologiquement d’une petite bouche et avalant  au cours d’une journée de nombreuses petites proies aquatiques (gammares, porte-bois, vairons…), terrestres (ver de terre, grillon, sauterelle…) ou aériennes (mouche, abeille…).

Dans mes cours d’eau, la grande majorité des truites que je capture font entre 18 et 25 cm. C’est pour cette raison que je vous recommande des leurres entre 25 et 60 mm. 

Choisir le coloris en fonction des conditions de pêche.

Le coloris est fonction de la turbidité de l’eau. Une eau limpide me fera privilégier un coloris naturel. J’affectionne tout particulièrement le coloris smelt du Powerbait Minnow qui me semble imiter à merveille un alevin. A l’inverse, dans une eau de crue tendance chocolat au lait, je vais opter pour un coloris flashy tel jaune fluo ou rose. Un coloris qui tranche et qui aidera à sa détection par un poisson.

Par contre, je n’utilise jamais un coloris flashy dans une eau limpide. La truite Fario est un poisson qui s’effraie d’un rien, un coloris agressif la fera fuir.

Quel matériel utiliser pour la truite au leurre souple ?

Les caractéristiques de la canne

En ruisseau, l’encombrement des lieux exige une canne courte, d’une longueur maximale de 180 cm, de puissance light (2-8 g) ou ultra-light (1-5 g) si les conditions l’imposent. En petite rivière, soit celle dont la largeur fait moins de 10 mètres, la canne pourra être un peu plus longue jusqu’à 210 cm. La puissance sera une Light (2-8 g). L’action se devra d’être fast pour disposer d’une sensibilité et ainsi bien ressentir la touche.
 
Il ne faut surtout pas utiliser un modèle conçu pour pêcher la truite à la cuillère. Leur action (regular) n’est pas adaptée pour la pêche au leurre souple.
 

Mes choix :

  • Smith Dragonbait Trout 6′ (2-8 g) 
  • Garbolino Maxxter 1803 UL (1-5 g)

Tresse ou nylon

J’ai longtemps pêcher en nylon mais depuis que je pratique en tresse, c’est le jour et la nuit. La détection de la touche est nettement améliorée, sans compter qu’une couleur de tresse orange ou vert fluo aide à mieux percevoir un déplacement latéral de la ligne. 

Bas de ligne

Il est impératif dès lors que l’on pêche en tresse, d’utiliser un bas de ligne en fluorocarbone pour gagner en discrétion. Sa longueur doit être au moins égale à la longueur de la canne, en diamètre 16/100 ou 18/100 ème. Je n’emploie jamais d’agrafe avec un souple. 

Tête plombée, poids et forme.

J’affectionne la marque de tête plombée Macadam Fishing (Delalande) forme football avec un poids entre 1,5 et 3 grammes, hameçon numéro 4 à 6. Cette saison 2018, je vais essayer des jigheads texan de chez Decoy (SV38) forme conique, pesant 1.8 ou 2.6 grammes. Ces TP devraient me permettre d’explorer des postes scabreux, tel que des amas de bois.

J’adapte la taille de l’hameçon à la taille du leurre ; ainsi que le poids de la jighead à la vitesse du courant ou de la profondeur du poste. 

Néanmoins, pour les leurres souples les plus minuscules, je me sers d’un hameçon droit prévu pour monter des mouches en n° 8 ou 10. Je plombe l’appât avec une bille en tungstène. Vous pouvez voir ce montage sur les imitations de criquet ou  de sauterelle, à gauche sur la photo montrant les différentes catégories de souples.

Quels sont les postes à explorer au leurre souple ?

La fosse est le poste type où un leurre souple peut faire merveille.

Le poste type pour pêcher au souple est une cuvette en aval d’une cascade, comme le montre la photo ci-dessus. L’approche un point fondamental lorsqu’on traque la truite, tenez-vous en retrait, agenouillé ou accroupi pour vous dissimuler à la vue des truites.

Il est possible sur ce poste de prendre du poisson partout : à fin de la cuvette, dans le profond, dans le pied de chute de la cascade et sans oublier les bordures de part et d’autre de la fosse.

Les plus beaux sujets se tiendront dans le fond de la cuvette d’autant plus si elle comporte des blocs rocheux synonymes de caches.

Voilà un poste de bordure à ne pas négliger !

La photo ci-dessus montre une bordure composée de blocs rocheux, l’eau coule ici sur un lit de pierres de tailles variables. Ce qui offre de nombreuses caches, tant dans la veine d’eau que dans les anfractuosités de la berge. L’eau s’écoule même sous le bloc rocheux au premier plan.

La vitesse d’écoulement étant relativement lente, voilà un poste à ne pas négliger et dont l’approche au souple sera idéale. 

Sur cette photo, l’approche classique est une exploration au poisson-nageur. Si le nombre de touches ralenti, je  vous conseille d’opter pour une approche au leurre souple. Celle-ci moins agressive peut permettre de décider quelques poissons supplémentaires.  

Quelle animation du leurre souple ?

Je n’anime pas mon leurre, je le dépose en amont du poste que je vise, et laisse le courant l’emporter dans la veine d’eau que je souhaite explorer, m’efforçant de le faire évoluer au plus près des caches. Je corrige si nécessaire pour qu’au lancer suivant, le leurre soit porter par la bonne veine là où je souhaite l’amener. Mon animation est plus proche de ce que fait un pratiquant au “toc” qu’à une pêche en lancer-ramener.

Je n’hésite pas à faire des pauses (1 à 5 secondes) sur le substrat pour décider un poisson suiveur et timide, et je ne compte plus les truites prises ainsi. Il m’arrive aussi de déposer mon montage dans une zone calme, tel un remous derrière une belle pierre, en laissant l’appât (pardon le leurre) immobile devant la cache. S’il y a une truite, il ne faut pas attendre longtemps pour qu’elle se décide à attaquer mon montage.

Dans une petite rivière et plus encore dans un ruisseau, les postes sont réduits et l’animation  s’impose d’elle même par une maîtrise des dérives ce qui oblige à bien lire l’eau. La pêche en lancer-ramener ne peut se faire que dans de rares situations.

Belle Fario prise au souple

A quelle saison pêcher la truite au leurre souple ?

Il n’y a pas de saison pour pêcher au souple, mais néanmoins c’est une technique qui convient parfaitement au mois de mars. A cette époque de l’année, les poissons se tiennent dans les zones profondes et à la vitesse d’écoulement faible à modérée. A cela s’ajoute le fait que leur activité est réduite, il faut que le leurre passe au plus près de leur gueule.

La pêche de la truite au  leurre souple, telle que je la pratique est en adéquation parfaite avec les conditions du moment. C’est à mon sens, une technique à utiliser impérativement le jour de l’ouverture et durant tout le mois de mars.

Pour ceux désirant pratiquer en grande rivière, je vous recommande la lecture de l’article écrit par Tom Couchoud du team Ultimate Fishing. 

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A propos de l'auteur
Je pêche exclusivement aux leurres. J'adore pratiquer en ruisseau et petites rivières, biotopes qui exigent pour réussir une approche discrète et un bon niveau technique. J'affectionne tout particulièrement la traque de la truite, de la perche et du chevesne. Depuis mai 2017, j'arpente les berges de Saône à deux pas de chez moi, découvrant ainsi le "street-fishing" ses contraintes et ses plaisirs. Je suis aussi un pêcheur engagé, bénévole depuis 2011 dans une aappma et élu secrétaire en 2015.

2 commentaires sur Truite au leurre souple, une technique d’ouverture.

  1. Pierre GUINOT dit :

    Sympa. En fait on n y pense pas…

  2. Arthur Ebrard dit :

    Je vous recommande vraiment le on up shad 2 pouce coloris blanc de chez sawamura qui m’a fait prendre des truites record dans les Pyrénées.

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