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Lisez tous les conseils et astuces de pêche de notre fine équipe de rédacteurs.

Test de matériel, techniques de pêche, réflexions philosophiques, analyses comportementales des poisssons… Tout est ici, avec l’approche moderne de Fishare.

Comment pêcher le black bass en hiver ?

Bonjour à tous ! Je suis Théo, je vis dans le Sud de la France et mon poisson favori est le black bass. Aujourd’hui nous allons parler des caractéristiques propres au bass, ainsi que comment les pêcher en période hivernale.

black bass hiver
Un joli black bass à l’approche de l’hiver

Le comportement du black bass

Bien souvent, le black bass est vu par le pêcheur comme le poisson d’été  :

  • qu’on voit se dorer la pilule juste sous la couche d’eau,
  • qu’on pêche avec des leurres imitant des insectes minimalistes,
  • qui donne un combat majestueux avec plein de sauts.

Mais beaucoup l’ignorent encore, ce poisson peut se pêcher durant toutes les saisons et pas que sous un grand soleil !

Que fait le black bass en hiver ?

Les saisons jouent un rôle important dans le comportement du black bass aussi bien dans son alimentation que dans sa zone d’habitation.
En période hivernale (novembre, décembre, janvier) le corps du poisson va s’adapter aux baisses de températures de son milieu et donc réduire son activité de prédateur au minimum possible. Il sera possible de constater une diminution de l’estomac du poisson et une diminution de la couleur buccale qui seront les preuves de cette baisse d’activité.

Les zones à pêcher

Pour ce qui est de la zone de pêche à privilégier, il faut tenir compte du milieu qu’on va pratiquer : rivière, étang ou encore lac de barrage, car le positionnement du poisson pourra varier en fonction.

Dans un étang il faudra cibler les restes d’herbiers ainsi que les bois immergés de préférence sur des bordures ensoleillées. Dans un lac de barrage il faudra cibler les bois morts ainsi que les arbres immergés, tout en ayant vraiment pas peur de descendre dans la couche d’eau (entre 7 et 10 mètres). Enfin, pour les rivières, ciblez principalement les extérieurs des zones de nénuphars repérées pendant la période estivale, ainsi que les bois morts et principalement les têtes d’arbres immergés (entre 5 et 7 mètres).

 

Quel matériel de pêche utiliser ?

La canne

Comme vous avez pu le constater, bien souvent, le poisson va se situer dans des endroits encombrés. Par conséquent, nous n’allons pas disposer d’une marge de manœuvre très grande. C’est un peu le jeu du plus réactif et du plus fort.
Je recommande une canne de puissance Medium Heavy/Heavy pour garder le contrôle lors du combat et disposer d’une action de canne assez raide qui permettra, premièrement, de bien appuyer les ferrages de sorte à louper le moins possible, ainsi que d’extraire le poisson de sa cachette qui bien souvent est représentée par du cover (arbres morts immergés).

Moulinet spinning ou moulinet casting ?

Au bord de l’eau comme sur les réseaux sociaux, on me fait souvent la réflexion : « quel est le mieux entre spinning ou casting ? »
Il n’y a pas de réponse parfaite, aujourd’hui toutes les méthodes de pêche peuvent se pratiquer des deux manières. Il sera juste question de goût, de confort, et de préférence du pêcheur. Néanmoins, certaines fois, l’une sera plus recommandable que l’autre pour des raisons techniques.

Dans le cas présent, je recommanderais une canne casting en Medium Heavy/Heavy jumelée à un moulinet avec un fort ratio (7.4). Le casting est préférable car il est réputé pour avoir une meilleur précision que le spinning, ainsi que pour avoir un contact direct du pouce sur la bobine permettant à n’importe quel moment de la bloquer pour envoyer un ferrage. Enfin, disposer d’un moulinet avec un fort ratio permettra d’extraire le poisson le plus rapidement possible de l’obstacle.

 

Un black bass massif en plein hiver

Tresse ou fluorocarbone ?

Le black bass est un poisson sournois qui utilisera toutes les options possibles pour vous empêcher de le sortir de sa cachette. C’est pour cela qu’il faudra bien choisir son « fil de pêche ».

Tout d’abord, que choisir entre la tresse et le fluorocarbone pour le corps de ligne ?
La tresse a pour avantage de ne laisser aucune élasticité dans votre bannière, mais à la moindre tension exercée sur celle-ci, le poisson la ressentira et recrachera le leurre avant même que vous l’ayez ferré.
Le fluorocarbone, à l’inverse de la tresse, permet d’exercer une tension sur la bannière sans que le poisson ne la sente, mais à pour défaut d’être beaucoup plus élastique.

Pour ces pêches hivernale dans le cover, il est donc préférable d’utiliser de la tresse. Je recommande un diamètre entre 15 et 20 centièmes en fonction de la puissance de votre canne. Ne vous inquiétez pas, la taille de la tresse peut paraitre énorme mais elle n’impactera en rien la quantité de touches obtenues. Elle assurera juste que vous ne vous fassiez pas casser à tous les coups dans le cover.

Enfin pour le bas de ligne, je recommande du 35 jusqu’au 40 centièmes. Il faudra l’adapter de façon cohérente en fonction de la taille de votre corps de ligne. Le choix du diamètre peut aussi être en fonction des spécimens présents sur le lieu de pêche. Il m’est par exemple arrivé de me faire casser 3 ou 4 fois d’affilée en 35 centièmes pour passer ensuite sur du 40 centièmes et sortir tous les poissons suivants. Comment l’expliquer ? Lorsque vous pêchez le black bass dans le cover, il va y avoir une abrasion entre les branches immergés et votre bas de ligne, car le poisson va aller s’entourer autour, et si votre bas de ligne est trop fin, cela se résumera par une casse à chaque fois.

Les leurres

Pour vous parler des leurres, j’ai décidé d’interroger quatre personnes afin de voir ce qui ressort le plus souvent et tirer certaines conclusions.

Totof (pêcheur assidu de black-bass) :

Pour une saison réussie, il faut une frog (grenouille en français) comme une Basirisky, un jig et un leurre de surface comme le Whopper Plopper.

Thierry Cheramy (vice champion de France de pêche du black bass en float-tube 2018) :

Sa sélection pour l’hiver : des worms en montage senko, une créature comme le Fat Ika, un jig et un chatterbait Fox Rage.

Alexis (compétiteur, spécialiste du black-bass) :

Pour lui le black bass en hiver ça se résume à de la craw (écrevisse en français) : de la Dolive Shrimp, Deathadder Hog ou encore Dolive Beaver.

Julien Issanchou (compétiteur avec de nombreux podiums en compétitions black bass)

Ses incontournables pour l’hiver : une créature comme le Fat Ika, un chatterbait et un worm (ver de terre en français) comme le Flick Shake

A travers ces 4 profils, vous l’aurez compris, la pêche du bass n’est pas une science exacte et il existe une multitude de combinaisons de leurres possibles à travers toutes les saisons. Mais nous constatons que bien souvent les craws, les jigs, les chatterbaits et les leurres de surface sont présents dans ces sélections.

De mon côté ma sélection spécial hiver serait une craw comme la Dolive Craw , une créature comme le Fat Ika ou comme le Swamp Hog.

Enfin, il ne faut pas oublier de jouer avec les tailles de leurres, en général il est préférable de pêcher avec des leurres de 4 pouces car les poissons sont sur off. Mais certaines fois, un leurre de 5 ou 6 pouces pour un gros bass qui a un creux peut faire la différence.

S’il faut retenir 3 choses de cet article, c’est d’utiliser une canne forte, ne pas avoir peur d’utiliser de la grosse tresse et un gros bas de ligne et pêcher avec des craw.

Et j’allais oublier… PRENDRE DU PLAISIR au bord de l’eau !

Darting, le leurre souple autrement !

Le darting est une animation plus qu’une technique de pêche. Elle convient à tous les carnassiers, même si je l’utilise en priorité pour la traque de la perche. C’est l’association d’un leurre souple “finesse” avec une tête plombée ayant une  forme conique.

Darting_présentation

Quel matériel utiliser pour pêcher en darting ?

La canne

La canne peut-être une spinning ou une casting, c’est une affaire de goût car cela n’influence pas l’animation. Néanmoins, je trouve qu’un matériel casting offre un petit plus dans le contrôle de la ligne.

Après l’impact du leurre avec l’eau, vous gardez un contrôle  permanent grâce à votre pouce positionné contre la bobine. La tresse qui le frôle vous donne des indications en direct. Ainsi, si vous détectez une anomalie, il suffit de bloquer la bobine avec votre pouce pour assurer un ferrage efficace.

Je vous conseille une longueur d’au moins 2 mètres qui est un peu le standard des cannes modernes. L’action idéale me semble être regular ou parabolique. Néanmoins, votre canne doit disposer d’une bonne réserve de puissance pour extraire un beau poisson de son refuge. Côté puissance justement, elle peut-être une UL (0.5 à 5 gr) jusqu’à une M (5-20 gr)

La ligne

Comme c’est une pêche tactile, il convient d’utiliser une tresse dans un coloris bien visible. Cela permet de suivre de vue sa ligne, et de détecter une touche subtile, telle qu’un déplacement latéral à la descente. Pour exemple, mes diamètres vont du 6 au 13/100 ème.

Il est impératif d’ajouter un bas de ligne de discrétion en fluorocarbone résistant à l’abrasion. Comme les captures s’enregistrent majoritairement dans les obstacles, la tresse ne supporte pas longtemps les frottements contre la roche. Le diamètre doit être adapté à l’espèce visée. Ainsi, pour la perche ou le sandre, je vous conseille d’opter pour un diamètre compris entre du 20 et 25/100 ème. La longueur du bas de ligne devra être a minima d’une longueur de canne.

Le souple et sa tête plombée

Darting_jighead

La forme de la « jighead » (tête plombée, en français) conditionne la bonne réalisation de l’animation. La photographie ci-dessus vous montre les modèles qu’il convient d’utiliser (conique ou biseautée). La tête plombée peut aussi être un modèle texan pour évoluer en milieu hostile, au cœur des herbiers.

Darting_souple_shad
Le leurre est souvent un shad « finesse » sans queue ou à queue bifide
Darting_souple
Il est possible d’utiliser des leurres de type « slug » ou « worm »

Pour ma part, cherchant avant tout la perche j’utilise des souples entre 1.5 et 3.5 pouces. Si vous recherchez le brochet, rien n’interdit de monter un leurre de 7 pouces sur une jighead de 20 grammes. Cette animation est beaucoup utilisée en mer où elle est nommée « pêche à la volée » ou « windo ».

Sur quels postes pêcher ?

On peut utiliser cette animation pour une prospection tout azimut. Néanmoins je la recommande avant tout pour pêcher des postes marqués : bord du quai, bancs d’herbiers…

Étonnamment, ce montage même sans hameçon texan est peu accrocheur dans une forêt d’herbiers. Le point d’attache en retrait sur la tête plombée facilite le basculement du leurre de l’autre côté de l’herbe, sans que l’hameçon ne s’accroche. Au pire, les herbiers cèdent assez facilement sur une tirée progressive faite en prenant la tresse à la main. Les pertes dues aux accrocs sont très faibles.

Comment réaliser l’animation ?

L’action de votre canne va jouer un rôle majeur ! On opère canne haute, le scion orienté vers le ciel. Si vous disposez d’une canne de puissance « fast » relativement raide, vous ferez peu dans la subtilité. A l’inverse, une action « regular-fast » vous offrira un panel d’animations plus large. Concernant la notion d’action, je vous recommande de lire cet article de la marque Sakura qui explique très bien les choses. 

Voici les deux animations dont j’use en fonction de l’activité des prédateurs :

  • La première est agressive, permettant de déclencher des attaques réflexes de poissons actifs. Parfois même, elle permet de provoquer une activité prédatrice des perches en jouant sur la compétition alimentaire au sein du groupe. Dès que je repère un banc d’herbiers, je lance dans une trouée ou au plus près d’une touffe. Puis je laisse descendre mon montage jusqu’au fond. Là, je réalise aussitôt une tirée sèche vers le haut avec une amplitude importante. Le leurre fait alors un bond vers la surface. Un prédateur posté dans l’herbier va réagir par réflexe et gober le leurre. En l’absence de réaction, j’arrête mon mouvement en bloquant mon avant-bras. J’abaisse la canne d’un coup, ce qui crée un mou dans la ligne. L’effet sur le leurre est immédiat : le « finesse » descend comme une feuille morte vers le fond, imitant à merveille un poisson moribond. Le temps de descente dépendra du poids de votre tête plombée et de la vitesse du courant. Si la descente est rapide, l’arrêt ne durera que 2 à 3 secondes avant d’effectuer une nouvelle tirée. En conséquence, l’animation est un enchaînement de tirées et d’arrêts. Ainsi, le leurre remonte naturellement vers la surface. Dès que le leurre est hors de l’eau, je le propulse vers la trouée suivante.
  • La seconde animation s’adresse à des poissons peu actifs. Je pratique toujours sur un poste marqué, où j’ai identifié la présence de prédateurs. Après l’arrivée du montage sur le fond, j’attends plusieurs secondes avant de réaliser une première tirée. Elle est d’amplitude faible à modérée. Je relâche en accompagnant mon montage jusqu’au fond. Je m’efforce de rester proche du substrat, en réalisant des tirées de faible amplitude. Cette animation est facilitée par l’utilisation d’une canne de puissance regular-fast.

Un conseil supplémentaire si  vous êtes dans la situation de prédateurs peu actifs, choisissez dans vos pochettes un modèle souple imprégné d’attractant (crevette, anis, etc).

L’animation en darting, de janvier à décembre

Vous pouvez user de cette animation toute l’année ! Il conviendra simplement de s’adapter au niveau de la taille du souple et du poids de la tête plombée. Ainsi, en période estivale je pêche souvent avec un souple en 2 pouces sur une jighead de 1.5 grammes. Les alevins nés en mai-juin abondant dans le milieu, les prédateurs se focalisent dessus. À partir de septembre, il convient de proposer une taille supérieure, au minimum du 3 pouces et des têtes plombées plus lourdes, à partir de 5 grammes.

Quelles espèces peuvent être capturées en pêchant en darting ?

Darting_espèce_perche
La perche commune est la cible principale de cette animation
Darting_espèce_brochet
Le brochet est vite agacé par un « finesse » animé devant son bec
Darting_espèce_sandre
Le sandre n’est pas insensible non plus à cette animation

Optimiser le rangement de nos leurres

Pêcheur aux leurres depuis plus de 20 ans, je souhaitais, par cet humble écrit, vous faire part d’un sujet qui, pour moi, revêt une importance capitale : le rangement des leurres.

En effet, la toile regorge de vidéos et autres articles vantant les mérites de leurres plus performants les uns que les autres. Les tutoriels ou conseils sont rares sur le rangement et l’entretien de ces leurres. En conséquences, voici quelques conseils qui vous permettrons, je l’espère, d’améliorer la durée de vie de vos leurres et d’optimiser vos parties de pêche.

Les leurres souples

Pour faire simple, je vais séparer les leurres souples en deux familles :

  • les leurres souples neutres (sans attractant) ;
  • les leurres souples aromatisés.

Les leurres souples neutres

Leurre_souple_neutre

Les leurres souples neutres sont assez simples à stocker car, ne regorgeant pas d’attractant, ils ne perdent pas leur “saveur” avec le temps.

Attention toutefois à les stocker, surtout les shads, dans une boîte où les compartiments sont assez grands pour que le leurre ne soit pas recourbé. Veillez également à les conserver à l’abri du soleil et à essayer au maximum de séparer les couleurs, à moins que vous vouliez créer des coloris inédits.

Les leurres souples aromatisés

Leurre_souple_attractant
Les leurres souples aromatisés, comme leur nom l’indique, sont des leurres imprégnés d’attractant (One Up, Easy Shiner, etc). Pour vous assurer que leur efficacité perdure, je vous conseille de les conserver dans leur sachet d’origine et de veiller à ce que celui-ci soit bien fermé. J’ajouterais une observation sur les leurres salés type Keitech, pensez à retirer vos têtes plombées après utilisation et à les rincer à l’eau claire pour éviter leur corrosion.

Les leurres durs

Leurre_dur
Par leurres durs, j’entends bien évidemment les poissons nageurs, les cuillères et autres spinnerbaits. Le rangement de ces leurres reste à l’appréciation du pêcheur. Le débutant les stockera dans une seule boîte, tandis que le vieux pêcheur (comme moi…) les rangera par type : crankbait, surface, jerkbait, etc. Le seul conseil que je peux vous donner c’est de faire “sécher” vos leurres après chaque session de pêche. La quasi-totalité des boîtes étant hermétiques, le fait d’y laisser des leurres humides peut engendrer de la corrosion sur les hameçons, qu’il faudra changer au risque également de voir vos leurres « tâchés ». J’insiste sur cette pratique notamment pour les spinnerbaits et autres cuillères avec streamer. La jupe restera mouillée très longtemps et accentuera l’oxydation de vos leurres. Enfin, pensez à nettoyer régulièrement vos boîtes. Il ne suffit que d’un seul hameçon rouillé pour faire rouiller toute une boîte. Compte tenu du prix des leurres, autant en prendre grand soin.

Les têtes plombées

Le rangement des têtes plombées reprend les grands principes cités. De nouvelles boîtes avec des inserts en mousse existent et facilitent le rangement. Inutile de “démonter” tous vos leurres souples armés, vous les abîmeriez, faîtes les simplement sécher.

En action de pêche

Je ne parlerai pas ici des personnes en embarcation mais des pêcheurs “à pied”, avec qui j’échange très régulièrement. Arrêtez d’emmener votre maison avec vous ! Je croise très régulièrement des pêcheurs avec des sacs à dos bondés et des accessoires plein les poches. Sachez que le fait d’emmener beaucoup de leurres ne vous fera pas prendre plus de poissons, au contraire ! Je ne vous dis pas de partir avec une seule Mepps, comme votre grand-père (qui faisait certainement beaucoup de poissons) mais optimisez vos boîtes pour pouvoir parer à toute situation sans être chargé comme une mule. Plus vous allez emmener de leurres, plus vous allez en changer et donc, possiblement, passer à côté de la pêche. Ce n’est pas parce qu’une technique ne marche pas sur deux postes, qu’elle ne fonctionne pas et qu’il faut en changer. Essayez de persévérer et faîtes confiance à votre instinct. Pour le pêcheur débutant, recherchant plusieurs espèces, je pense qu’une dizaine de leurres peut convenir et permettre de prendre du poisson. Plusieurs tutoriels sur la chaîne YouTube Fishare traitent de quels leurres choisir pour débuter un type de pêche avec un petit budget. Adaptez vos leurres à la puissance de votre canne et aux postes que vous allez pêcher. Pour une pêche multi-carnassiers en rivière ou en lac, du bord, équipez-vous d’une canne 7-28 gr.

Mes recommandations pour une canne 7-28 gr

Voici pour moi, un assortiment qui vous permettra de sortir votre épingle du jeu, sans vous surcharger :

  • 1 spinnerbait : le blanc est une couleur passe-partout
  • 1 Mepps Aglia n°3 : argentée par temps couvert, dorée par temps ensoleillé
  • 1 crankbait suspending 4-5 cm : coloris Firetiger ( privilégiez un modèle “silent” sans billes)
  • 1 pochette de shad 3” : Keitech Easy Shiner, Sawamura One Up, Reins Rockvibe. Coloris flashy si l’eau est teintée, naturel si l’eau est claire.
  • 1 pochette de shad finess : Sawamura One Up Slug, Megabass Sling Shad, Keitech Shad Impact. Coloris flashy si l’eau est teintée, naturel si l’eau est claire.
  • Un jerkbait flottant 8-10cm : Lucky Craft Pointer ou Sébile Puncher. Coloris flashy si l’eau est teintée, naturel si l’eau est claire.
  • 1 spintail : coloris Firetiger
  • 1 assortiment de têtes plombées : de 3 à 12 grammes (un ou deux modèles texans peuvent être utiles)

Le tout peut être stocké dans une seule et même boîte, ce qui facilite le changement des leurres et allège considérablement le poids du sac.

Pour conclure

Je vous conseille de prendre quelques minutes après vos parties de pêche pour prendre soin de vos leurres et de votre matériel en général. Le matériel coûte relativement cher et plus vous en prendrez soin, plus il durera dans le temps. Je pêche toujours avec les vieilles Suissex que mon grand-père m’avait achetées et elles prennent toujours autant de poissons. J’espère que ces quelques conseils, si modestes soient-ils vous seront utiles. Bonne pêche à tous !

Hameçons simples, quelles tailles choisir ?

Florian avait déjà fait une vidéo sur le sujet mais il n’abordait que les petites tailles d’hameçons pour les leurres à truite, il était donc temps de la compléter. J’ajouterais que sur les centaines de leurres dont j’ai changé les hameçons je n’ai jamais vu une nage modifiée. En revanche sur certains leurres flottants très petits ils peuvent devenir coulants (cela ne m’est arrivé qu’une seule fois avec le Sonicra 205 F de Waterland).

 

Dans l’esprit de nombreux pêcheurs trois pointes signifient trois fois plus de chances de piquer le poisson et je faisais partie de ceux là il y a peu. Après m’être fait la réflexion que j’utilisais toujours des têtes plombées qui n’ont qu’un seul hameçon lorsque je pêchais aux leurres souples, j’ai commencé à passer tous mes leurres durs et cuillères en hameçons simples dès le début de l’année dernière, et ce pour plusieurs raisons (je parlerais ici d’avantages que présentent les hameçons simples avec ardillons, mon but n’étant pas de faire la comparaison triples sans ardillons vs simples avec ardillons etc…) :

    • Les simples abîment bien souvent moins les poissons que les triples (j’avais beau avoir mis des petits triples sur mes cuillères, lorsque je pêchais la truite, si les trois pointes se plantaient il m’était bien difficile de les décrocher sans les blesser).
    • Ils offrent une bien meilleure pénétration (une pointe au lieu de trois à faire rentrer).
    • Les hampes des simples sont souvent plus fortes de fer que celles des triples et évitent donc les ouvertures d’hameçons (il existe cependant des simples qui ne sont pas très forts de fer pour éviter de blesser inutilement certains petits poissons).
    • Ils abiment moins les leurres (fini les marques en arc de cercle sur les flancs des poissons nageurs). L’exemple le plus flagrant que j’ai pu voir est sur le Debu Nyoro (Jackson), qui après quelques prises d’aspes avec triples avait les flancs abîmés comme s’il avait pris je ne sais combien de brochets alors que celui que j’ai monté en simples n’est presque pas abimé après un an d’utilisation.
    • Ils prennent beaucoup moins de place dans les boites, et ça c’est un avantage indéniable vu la tendance qu’on a à les collectionner.
    • Ils s’emmêlent moins entre eux dans les boites mais aussi dans les épuisettes.
    • Ils limitent les accrocs, que ce soit sur le fond, dans des branchages, cordages, algues, feuilles et autres particules en suspension.
    • Les poissons sont beaucoup plus faciles à décrocher.
    • Et pour finir, selon Patrick Sebile, les triples gêneraient même bien souvent l’aspiration des leurres en agrippant l’extérieur de la gueule des poissons.

Chevesne de Loire pris au Chubby Pencil (Illex), j’ai rarement vu un poisson aussi bien piqué, il avait peu de chances de se décrocher…

QUELS MODÈLES CHOISIR ?

HAMEÇONS SIMPLES AVEC ARDILLONS

L’année dernière, j’ai sorti de nombreuses espèces en simples comme des Brochets, Perches, Aspes, Sandres, Chevesnes, Truites, Rotengles et même des Gardons (au Sonicra 205 F et à la la Mepps Aglia 00). Voilà donc les références que j’utilise ainsi que d’autres tout aussi réputées.

VMC INLINE SUPER LIGHT 7237BN

Ils sont fort de fer, offrent un très bon piquant et tiennent sur la durée que ce soit au niveau de la corrosion comme la solidité. Avec la taille #2 j’ai pris un brochet de 77cm sur un Tiny Buster (CWC) et ils n’ont pas bronché.

DECOY SINGLE 27

Ils sont traité mer et évitent donc la corrosion rapide que l’on peut retrouver chez certaines références. Pour finir ils ont un piquant exceptionnel et sont également très résistants.

DECOY SINGLE 37

Ils sont les mêmes qualités que les Single 27 mais l’oeillet est dans l’autre sens ce qui est parfait pour le Chubby 38, Chubby Minnow, & Mascle Deep (Illex), le Great Hunting Worldspec (Megabass) ou le Swimpike (Biwaa) pour ne citer qu’eux.

DECOY SINGLE 28

Ils offrent un très bon piquant et sont résistants mais j’ai noté une corrosion assez rapide.

OWNER S-55M

Je ne les ai pas testés mais au vu de la qualité des hameçons texans et montages shallow de la marque que j’utilise, il y a en plus sur internet suffisamment d’avis positifs sur Owner pour les mettre au même rang que les Decoy.

OWNER S-75M

Ils sont un plus fort de fer que les S-55M et existent en plus grande taille.

BKK IMP INLINE

Découverts au stand Pescanautic lors du Salon de la pêche en mer, ils ont l’air de très bonne facture ! Bien piquants et plutôt forts de fer, il semblerait en revanche qu’ils ne soient pas encore arrivés en France contrairement à leurs texans au piquant incroyable.

DECOY SINGLE 30

Je les utilise sur les tout petits leurres durs comme le Mitts 28 (Illex/Jackall) pour lesquels j’aime bien avoir deux anneaux brisés pour éviter les décrochés, cela laisse plus d’amplitude de mouvement à l’hameçon.

HAMEÇONS SIMPLES SANS ARDILLONS

Les ardillons sont bien souvent prohibés dans les nokill de première catégorie. Pour limiter les décrochés des truites lorsque vous utilisez des hameçons sans ardillons je vous suggère de ne pas trop serrer votre frein et d’avoir soit une bobine remplie de nylon soit un long bas de ligne (minimum 4m) en nylon après votre tresse. Le nylon étant plus souple que la tresse et le fluorocarbone il évite les décrochés avec les truites qui frétillent dans tous les sens. Vous perdrez en revanche une nette sensibilité.

OWNER S-55BLM

C’est ceux dont Florian parle dans la vidéo. Je ne les ai personnellement pas testé mais une fois de plus, la réputation d’Owner n’est plus à faire, vous pouvez y aller les yeux fermés.

 

VMC INLINE SUPER LIGHT 7238

Pas testés non plus mais ce sont les mêmes que 7237 mis à part le fait qu’ils n’ont pas d’ardillons.

DECOY AREA HOOK TYPE 3

Achetés sur les conseils de Quentin de l’équipe qui les a essayé avec succès, ces hameçons sans ardillons ont un petit creux dans la pointe qui fait office de micro ardillon.

LES ASSIST HOOK

Les assist hook sont des hameçons montés sur une tresse qui évite aux poissons de prendre appui sur le leurre pour se décrocher. Je vous laisse faire un tour sur la page dédiée aux hameçons du site LeurresTruites.com où trois références sont proposées dont celles réalisées par Pierre-Vincent (PVM) qui fait lui aussi partie de la team Fishare (ce sont ceux visibles sur la photo ci dessus).

QUELLES TAILLES CHOISIR ?

Pour les leurres de moins de 3cm j’ai tendance à ne mettre qu’un seul hameçon. Vous retrouverez parfois dans ma liste une même taille d’hameçon pour des leurres de longueur différente car j’adapte aussi la taille des hameçons en fonction du gabarit des leurres (si un leurre est fin il n’y a pas forcément besoin de mettre des hameçons avec une grande ouverture et vice versa), et plus je cherche des poissons puissants plus j’utilise des hameçons forts de fer.

J’essaye toujours d’avoir des simples dont la longueur équivaut à peu prêt à celle du triple d’origine pour ne pas qu’ils s’emmêlent entre eux.

  • Leurres de 2 à 3 cm : hameçons #10 ou #8
  • Leurres de 4 cm : hameçons #8
  • Leurres de 5 à 6 cm : hameçons #6
  • Leurres de 7 à 8 cm : hameçons #4 ou #2
  • Leurres de 8 à 10 cm : hameçons #2 ou #1/0
  • Leurres de 10 à 12 cm : hameçons #2/0
  • Leurres de 13 à 14 cm : hameçons #3/0
  • Leurres de 15 cm : hameçons #4/0
  • Leurres de 16 cm et plus : hameçons #5/0 (le plus long leurre dur que j’ai est le Whopper Plopper 190 et je lui ai mis la même taille d’hameçons).

LES PINCES À ANNEAUX BRISÉS

Utilisant des agrafes, j’enlève systématiquement les anneaux brisés en tête des leurres, cela me permet d’en avoir toujours de rechange. J’ai ainsi pu les utiliser pour remplacer les triples des vieilles cuillères de mon grand-père.


Pour les petites tailles je ne saurais que trop vous conseiller la pince Smith Splitring, j’ai dû ouvrir plus de 400 anneaux brisés avec et elle n’est toujours pas usée. Pour les gros anneaux brisés (par exemple ceux des Buster Jerk de 10 cm et plus) j’utilise cette pince achetée sur Aliexpress à 1,79€ frais de ports compris.

Pour conclure, je vous invite à lire cet article très intéressant de Frédéric Faivre sur le sens des hameçons (pointe vers le bas). Si vous montez déjà vos leurres comme il le fait ou si vous utilisez d’autres références d’hameçons que ceux cités dans les commentaires n’hésitez pas à nous donner votre avis dans les commentaires.

La truite en ruisseau, c’est le top !

Aujourd’hui, je vais essayer de vous donner les clefs pour réussir en ruisseau.

Truite_en_ruisseau_biotope

Définition d’un ruisseau à truite

Un ruisseau est un cours d’eau ayant une largeur comprise entre 1 et 5 mètre(s).

Le parcours idéal se doit d’être très diversifié dans son profil. Il comportera ; des petites fosses, des cascades, des zones rapides, la présence de nombreuses caches et disposant d’une ripisylve, (il s’agit de la végétation bordant un milieu aquatique).

L’ombrage apporté par les arbres apporte de la fraîcheur au ruisseau et une autre source de nourriture pour la faune piscicole. Cela offre l’opportunité de capturer des poissons actifs même en pleine journée. J’affectionne tout particulièrement les secteurs traversant des bois ou bordant des prairies.

La connaissance sur la truite

La truite s’alimente en grande partie par le biais de la nourriture apportée par le courant. Sa position naturelle est d’avoir la bouche face au courant près à gober une proie.

Il en résulte que pour réussir, il faut impérativement remonter le ruisseau de l’aval vers l’amont. Ainsi, vous progressez en arrivant dans son dos, sous un angle où elle a du mal à percevoir son environnement.

Je vous recommande de lire l’excellent article du site pechetruite.com qui aborde le sujet de la vision de la truite.

Truite_en_ruisseau

Identifier les postes

La truite se tient sur un poste de chasse lorsqu’elle est en activité alimentaire, et le reste du temps dans un poste de repos.

Poste de repos ou cache

Ce type de poste n’est pas le plus facile à identifier, la truite s’y cachant pour se tenir à l’abri de ses prédateurs. Le croquis vous montre une coupe transversale d’un ruisseau. Les croix rouges vous indiquent la présence d’une cache sous la berge et d’une autre sous un bloc rocheux.

La moindre pierre offre un abri potentiel à une truite, notamment contre la violence du courant. Si ce bloc rocheux est suffisamment important, il peut abriter plusieurs individus. Chacune de ses faces peut offrir une cache. Je l’expliquais dans une vidéo réalisée en compagnie de Gérémia.

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Poste de chasse

Le poste de chasse est une tenue où la truite se positionne afin de capter une plus grande quantité de nourriture, cela peut-être le milieu d’une veine d’eau ou en tête d’un courant. Ainsi, elle s’expose plus au danger, et ses sens sont en éveil pour fuir vers une cache à la moindre alerte.

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Les croix vertes vous indiquent quelques postes de chasse.

Les 6 clefs de la réussite

L’observation

L’observation est l’une des clefs menant à la réussite. Il faut apprendre à observer le milieu. Je m’efforce d’identifier les différentes veines d’eau, leur vitesse d’écoulement, leur profondeur… mais aussi les postes de chasse et de repos potentiels.

De mon observation, il va en découler : le choix du leurre et l’ordre d’exploration de chaque poste. Pour bien observer, il faut absolument disposer d’une bonne paire de lunettes polarisantes.

L’approche d’un ruisseau à truite

La truite fuit au moindre signe de danger. Pour déjouer sa méfiance, il faut l’approcher avec une grande discrétion.  Pour cela, il ne faut pas hésiter à s’accroupir, à avancer sur les genoux, à se servir du terrain pour se positionner au mieux avant d’effectuer son lancer. Il faut faire des gestes lents, mesurés, prendre le temps de la réflexion pour savoir quel angle sera le mieux pour attaquer un poste.

 

Le soleil peut-être un handicap, car notre ombre portée sur l’eau est un fort signal d’alerte pour une truite. Les deux photographies vous montrent une approche peu discrète (photo de gauche), et une approche plus discrète (photo de droite) où je confonds mon ombre avec celle d’un arbre.

La précision des lancers

Il faut impérativement être précis pour explorer chaque poste susceptible d’abriter un poisson. En ruisseau, la plupart des lancers se font à courte distance (4 à 10 mètres), et certains postes à explorer font la taille d’une assiette plate. De fait, le leurre doit tomber au bon endroit et rentrer tout de suite en action de pêche.

Les postes les plus scabreux tels que le dessous de frondaisons exigent une précision sans faille.

La précision ne s’acquiert qu’après une longue pratique ou un long entraînement. Si vous débutez, je vous recommande de vous entraîner dans votre jardin ou sur la pelouse d’un parc public. Il suffit de prendre avec vous votre canne à lancer montée avec son moulinet garni d’un vieux nylon, d’une cuillère sans hameçon qui vous servira de poids et d’une assiette en carton pour cible.

La discrétion des posés

Vous devez travailler sur la discrétion du posé de votre leurre. Sinon vous risquez de ruiner une approche bien menée, et vos efforts dans la réalisation d’un lancer parfait par un « plouf » trop bruyant.

Une entrée trop bruyante risque fort d’alerter la truite postée, et peut l’inhiber en refusant votre leurre.

Pour freiner le leurre progressivement avant qu’il ne pénètre dans l’eau, l’astuce est de positionner son index sur la lèvre de la bobine de votre moulinet. C’est un réflexe à acquérir.

Le choix du bon leurre

Si vous débutez je vous recommande de pêcher avec des cuillères tournantes (Mepps Aglia ou Panther Martin), avant de penser à pêcher avec un poisson-nageur ou un leurre souple.

Dès que vous achetez un nouveau leurre, il faut le tester sur différents types de postes afin d’identifier quel est son domaine d’action.

Avec l’expérience, en un coup d’œil je sais quel leurre je ne peux utiliser, parfois un seul modèle conviendra, et souvent les options sont plus nombreuses. La saison, les niveaux d’eau, la turbidité sont des critères qui rentrent en ligne de compte pour le choix d’un leurre.

Ne négligez aucun poste !

La truite pouvant se tenir cachée derrière ou sous n’importe quelle pierre, il faut pêcher tous les postes susceptibles d’en abriter. Ne vous focalisez pas uniquement sur les postes les plus prometteurs.

En exemple, sur la photographie ci-après, pour ma part je ne négligerais pas le poste à droite plus calme que la veine principale de gauche.

Truite en ruisseau

Quelle est la meilleure saison pour la truite en ruisseau ?

Il est possible de pratiquer toute l’année en ruisseau, tant que le niveau d’eau le permet. Je considère que la meilleure période demeure celle entre la mi-avril et la fin juin.

Le matériel

Truite_en_ruisseau_matériel

Nul besoin d’investir dans matériel haut de gamme, par contre il faut ne pas se tromper sur le choix de sa canne et de son moulinet.

La canne

Elle doit faire une longueur maximale de 180 cm, sa puissance sera soit de 1 à 5 gramme(s) (Ultra-Light) ou de 2 à 8 grammes (Light), son action de regular à fast suivant la gamme de leurres que l’on souhaite utiliser (cuillère seulement ou un panel étendu). L’un des points clefs est de faire en sorte que la longueur de sa poignée, qui ne dépasse pas 25 cm. Une poignée trop longue vous gênerait dans l’exécution d’un balancé sous la canne. Ce type de lancer est probablement celui que j’utilise le plus en ruisseau.

Le moulinet

Il doit avoir une récupération rapide d’au minimum 75 cm par tour de manivelle, être léger (moins de 250 grammes) pour équilibrer parfaitement votre canne. Vous pourrez le garnir de tresse (6/100ème suffise) ou de nylon (14 à 16/100ème).

Autres accessoires

Un gilet de pêche avec ses multi-poches permet de ranger sa (ou ses) boîtes de leurres, sa pince pour décrocher les poissons, son coupe-fil, un système de mesure (Mayatruite ou mètre à ruban), sa carte de pêche.

Une épuisette que l’on accroche dans le dos du gilet avec un système aimanté ou plus économique un velcro.

Une paire de cuissardes comme chaussant suffit dans la majorité des cas.

Un chapeau ou une casquette permet d’améliorer la qualité de la vision lorsqu’on porte des lunettes polarisantes.

Le crankbait, un leurre tout terrain

Le crankbait est probablement le premier modèle de poisson-nageur qu’un pêcheur de carnassiers débutant aux leurres va acheter.

Qu’est-ce qu’un crankbait ?

crankbait

On le reconnaît au premier coup d’œil dans les rayons de notre détaillant. Il a généralement une forme rondouillarde avec une bavette plus ou moins longue. Il en existe trois catégories, qui portent généralement les abréviations suivantes :

  • SR pour Shallow Runner, c’est un modèle conçu pour évoluer entre 0 à 1.0 mètre.
  • MD pour Medium Runner, c’est un modèle conçu pour évoluer entre 1 à 2 mètres.
  • DP pour Deep Runner, c’est un modèle conçu pour évoluer à plus de 2 mètres.

La bavette, premier élément clef

Bavette et profondeur

Crankbait bavette profondeur

C’est à la fois sa longueur et son angle d’inclinaison qui conditionnent l’atteinte de la profondeur pour laquelle il a été conçu.

Une bavette courte inclinée entre 45° et 90° et votre crankbait évoluera entre la surface et 50 cm sous l’eau. A l’inverse, un modèle Deep Runner possède une longueur de bavette souvent égale voire supérieure à la longueur de son corps.

C’est la force de l’eau exercée sur la bavette, qui contribue à faire descendre le crankbait dans les couches d’eau inférieures. C’est ainsi que l’on peut identifier dans sa boîte, les différentes catégories de crankbait.

Bavette, forme et conséquence

Bavette carrée, type square bill

Crankbait_square_bill

Si le modèle que vous utilisez dispose d’une bavette rectangulaire, elle génère une nage plus chaloupée à votre crankbait que s’il était équipé d’une bavette arrondie et étroite.  J’ai peu utilisé ce modèle pour vous donner mon avis, néanmoins les spécialistes semblent le recommander pour pêcher le bois noyé et les plages.

Le Super Shad Rap (Rapala) a été conçu avec une bavette « cassée ». C’est un leurre idéal pour explorer la zone d’eau libre au-dessus des herbiers immergés, presque affleurant. Redoutable d’efficacité ! Aucune autre marque à ma connaissance n’a repris ce type de bavette.

Bavette arrondie

La bavette arrondie peut-être large ou étroite, elle influence la nage du crankbait. En tout état de cause, elle joue le rôle de déflecteur lorsqu’elle tape sur un obstacle (substrat, bois noyé…). La version arrondie est la plus courante, idéale pour prospecter la pleine eau.

La forme du corps, second élément clef

Rondouillard

Crankbait rondouillard

Les rondouillards ont une forme de poire, une tête massive, un corps court et renflé et une queue qui s’amincit. Il déplace plus d’eau que leur taille le laisse supposer, plus la section est ronde plus la nage est chaloupée.

J’utilise toujours cette forme de crankbait lorsque je recherche du poisson actif sur de vastes zones sans poste marqué ou lorsque les eaux sont chargées suite à une crue, par exemple.

Flanc plat

Ce type de crankbait est peu répandu. Je n’en possède qu’un ou deux modèles dans mes boîtes. Sa particularité est d’avoir une nage plus serrée, je dirais presque naturelle imitant un poisson-fourrage se déplaçant nonchalamment dans le courant.

Je le sors de ma boîte quand la pêche s’avère difficile. Je me sers du courant, afin de  lui faire décrire un arc-de-cercle après l’avoir lancé face à moi. Je le dirige naturellement devant les prédateurs postés en pleine eau le ramenant canne basse ou extrêmement lentement en parallèle du quai. Il peut être animé par quelques tirées sèches qui lui font faire des écarts comme un longbill minnow.

Bruiteur ou silencieux

Bruiteur

Le crankbait est en soi un leurre qui sait se faire remarquer dans l’élément liquide. Il déplace beaucoup d’eau, mais pour accentuer ce trait, la plupart des modèles sont équipés de billes. Le bruit qu’elles provoquent à la récupération a pour but d’agacer les carnassiers et déclencher une attaque.

Les billes sont contenues dans des chambres fermées, elles sont soit en verre, en acier, plus ou moins grosses et nombreuses. Le son généré sera plus ou moins aigu ou grave.

Silencieux

Sur les secteurs où la pression de pêche est importante, les poissons peuvent se méfier de ce qui fait trop de bruit. Vous devrez posséder dans votre boîte quelques modèles silencieux.

Néanmoins, un modèle silencieux peut-être équipé d’une grosse bille sans que le leurre soit pour autant bruiteur. Il s’agit d’un système de transfert de masse. Lorsque le leurre est en action de pêche, la bille se trouve positionnée vers la « tête » et lorsque vous lancez, la bille est expulsée vers la queue. Ce procédé aide à atteindre de plus grandes distances.

Crankbait articulé, un autre bruit !

Crankbait_jointed

Il existe quelques modèles articulés sur le marché, comme le Jointed Shad Rap (Rapala). L’articulation donne une nage plus proche d’un poisson, mais le claquement de l’articulation arrière sur la partie avant donne un son supplémentaire. Un modèle articulé sans bille bruiteuse ne sera pas si silencieux que cela.

Vitesse de récupération

Un crankbait peut être ramené à vitesse lente comme rapide, tout va dépendre de la manière dont vous allez l’utiliser et ce que vous voulez lui faire faire.

Si vous pêchez la truite, vous serez contraint de lancer vers l’amont. La vitesse d’écoulement étant souvent rapide dans un tel milieu, vous serez obligé de récupérer la ligne à une vitesse légèrement supérieure à celle du courant.

Si à l’inverse, vous pratiquez dans un bras mort en eaux calmes, encombrées de bois mort ou d’herbiers, une récupération lente sera peut-être la clef du succès.

Tout dépend des conditions de pêche, une paire de lunettes polarisantes peut vous être d’un grand secours. Ainsi, lorsque vous voyez un poisson suivre votre leurre, soyez attentif à ses réactions ! En accélérant la vitesse de récupération vous pouvez déclencher une attaque. J’en ai fait de nombreuses fois l’expérience.

Le crankbait, un sonar pour le pêcheur

En ramenant, votre crankbait de manière linéaire à vitesse continue, vous pouvez recueillir des informations sur la hauteur d’eau, sur la nature du substrat, sur la présence d’obstacles tels des herbiers.

C’est simple, dès que la bavette percutera le fond de la rivière, l’information sera transmise par la ligne jusque dans le poignet du pêcheur. Avec l’expérience, vous saurez vite identifier si le fond est dur ou mou. Si vous tapez régulièrement le fond, alors que vous utilisez un crankbait qui descend jusqu’à 2 mètres, vous saurez alors que la profondeur de votre zone de pêche fait moins de 2 mètres. Une information qui peut vous guider à changer de modèle, pour un plus plongeant et réaliser l’animation dite « bottom taping ». Il s’agit d’imiter un poisson se nourrissant sur le fond, et qui soulève ainsi des sédiments.

Crankbait_sondeur

Si votre leurre traverse des herbiers :

  • Un morceau coincé entre la ligne et la bavette indiquera que votre leurre est entré tête la première dans l’herbier. L’herbier est plus haut que la profondeur pour laquelle est conçu votre crankbait.
  • Un morceau accroché à une branche d’un triple indiquera que votre leurre a frôlé l’herbier. Si votre crankbait évolue à 2 mètres de profondeur, le haut de l’herbier est situé à cette hauteur.

Voilà d’autres indications dont il faut savoir tirer profit. Les prédateurs adorent se tenir dans ou à proximité des obstacles. Un leurre qui percute l’obstacle, attire l’attention du carnassier et sera sanctionné par une attaque.

Si vous percutez les obstacles (herbiers, bois mort, substrat…) et que cela ne déclenche pour autant aucune attaque, alors c’est le moment de savoir ce qui cloche. Soit il faut un crankbait non bruiteur, soit un coloris moins flashy… soit il est temps de passer au souple pour une exploration plus fine du spot.

Le crankbait, même pour un pêcheur pratiquant avec un sondeur, est un formidable outil de détection de son environnement subaquatique, qu’il ne faut pas négliger !

La canne idéale, suivant les spécialistes

Crankbait_canne

Le crankbait sollicite beaucoup le matériel, on le sent tirer dans la ligne. Les vibrations remontent parfois jusqu’au poignet, d’autant plus si vous avez une canne raide.

Les spécialistes recommandent une canne d’action regular (assez souple) et composée de fibres de verre et de carbone, intitulée « glass ». Cette action plus souple contribue à assurer le ferrage. Il n’est pas nécessaire de ferrer lorsque l’on pêche au crankbait, le poisson se pique souvent tout seul. Le fait d’utiliser une canne d’action « regular » contribue à diminuer les décrochages en cours de combat.

Mais, seuls les pêcheurs pratiquant en bateau ou en float-tube peuvent transporter plusieurs cannes avec eux. Vous pouvez utiliser une canne  d’action plus raide, mais en sachant que vous augmentez le risque de  perdre votre poisson durant le combat.

Il existe des crankbaits pesant 1.5 grammes jusqu’à plus de 25 grammes ; la puissance des cannes commencera à partir d’Ultra-Light. Vous pourrez utiliser aussi bien une canne spinning que casting. C’est plus une affaire de goût qu’un réel avantage de l’une par rapport à l’autre.

Quelques unes de mes utilisations du crankbait

Le bois noyé, son domaine de prédilection

Crankbait_bois_noyé

Le crankbait a été conçu pour explorer les bois morts noyés. Souvent, on pense au spinnerbait dans cette configuration. Toutefois, la bavette joue pleinement son rôle de déflecteur, désaxant le leurre. De plus, les crankbait sont pour la grande majorité d’entre eux flottant ; si vous arrêtez de mouliner il remontera vers la surface en marche arrière. Au tour de manivelle suivant il sautera l’obstacle.

Ne négligez pas les berges encombrées comme sur la photographie, il est à son aise en ces lieux.

La surface, avec une imitation d’insecte

Crankbait_insecte_surface

Il existe des modèles conçus pour explorer la surface. En récupérant un peu plus vite on peut même les faire nager juste sous la surface.  Le sillage en « V » généré par cette récupération attire à lui seul les prédateurs, en particulier les chevesnes. Le réalisme de la « proie » finit souvent de les convaincre. Dès que les beaux jours sont là, c’est une pêche que j’adore mettre en œuvre. Là, il vous faudra user d’une canne de puissance UL (0.5 à 5 grammes).

Crankbait et street fishing

Le quai – la structure verticale où le crankbait excelle

crankbait quai street fishing

En street fishing, le crankbait est le leurre idéal pour dénicher les prédateurs embusqués contre les quais. Cette structure verticale offre des caches et/ou une zone d’ombre où le carnassier à l’affût est invisible de ses proies. Le crankbait lancé vers l’aval, est ramené en longeant le quai. Il ne faut pas hésiter à le faire percuter ce dernier. Je ne compte plus le nombre de perches, sandres, chevesnes et brochets que j’ai fait réagir de cette manière.

Les couloirs d’eau dans les herbiers de bordure

En 2017, je vous faisais part de mon retour d’expérience sur mes débuts en street fishing, sur la Saône à Lyon. Notamment, j’évoquais que l’exploration des couloirs d’eau libre dans les bancs d’herbiers pouvait se faire avec un crankbait.

Le crankbait, une référence pour le power fishing

En street fishing, je commence souvent ma pêche au crankbait. Ce leurre m’aide à identifier si l’activité se situe proche de la surface ou plus en profondeur. L’orientation du scion de ma canne au ras de la surface, voire même des fois dans l’eau pour gagner quelques décimètres de profondeur, l’utilisation de toutes les catégories (SR, MR ou DP) vont m’aider à identifier dans quelle couche d’eau les prédateurs évoluent.  Le crankbait va me permettre d’identifier si les herbiers ont commencé à pousser… car les herbiers concentrent la vie donc les prédateurs également.

En fonction des circonstances de pêche, je peux pratiquer 2 heures non stop avec un crankbait ou rapidement basculer sur un souple pour une approche plus fine, plus précise, plus lente… Je suis bien incapable de me passer de ce type de leurres.

Canne basse… pas tout le temps !

Si la pratique se fait la majorité du temps canne basse, il m’arrive de pêcher la canne à l’horizontale, parallèle à la surface de l’eau. Ainsi, je peux garder un modèle MD (plongeant à 2 mètres) même sur une zone de faible profondeur,  dès que je pense que le leurre a passé le haut-fond, je rabaisse mon scion au ras de l’eau pour décider un poisson posté sur la cassure.

En conclusion

Que vous soyez un pêcheur de truites, de perches, de sandres, de brochets, de silures, de black-bass ou de chevesnes, le crankbait doit faire partie de vos leurres. Il excelle dans de très nombreuses situations, conditions de pêche, saisons et terrains de jeu… c’est un véritable leurre tout terrain !

Truite au leurre souple, une technique d’ouverture.

La majorité des pêcheurs rencontrés au bord de l’eau, le jour de l’ouverture sont des pêcheurs aux appâts naturels. Les pêcheurs aux leurres ne sont pas légion. Et parmi, ces derniers peu nombreux sont ceux qui vont pêcher la truite au leurre souple. Ils vont préférer la pêche à la cuillère et/ou au poisson-nageur.

Petite sauvage prise au Kiji worm small pin

Les différents leurres souples

Les shads

Cette catégorie est  probablement la plus utilisée par ceux pêchant la truite au leurre souple. Il s’agit de l’imitation d’un poisson, pour la truite je dirais plutôt celle d’un alevin de « blanc ».

  • Fish Arrow Flash J Huddle 1″ ; 46 mm ; poids 0.8 g ; mon coloris préféré 02
  • Berkley Powerbait Minnow 2″ ; 50 mm ; mon coloris préféré  smelt (eau limpide) ; chartreuse shad (eau turbide)
  • Reins Rockvib Shad 2″ ; 50 mm ; mon coloris préféré gold legend.

Les worms

L’imitation de vers de terre est très peu utilisé pour la pêche de la truite. J’ai découvert leur existence grâce à Florian, qui me donna un modèle à tester début 2017. Et, ce fut une réelle révélation apportant à mon panel déjà vaste de leurres, une nouvelle option.

  • Nikko France Kiji worm small pin 48 mm ; mon coloris préféré rose
  • Amazing Fishing Mantillo 70 mm ; mon coloris préféré « rouge »

Les créatures

Je regroupe dans l’appellation créature, les imitations d’invertébrés ou d’écrevisses. Mes ruisseaux et petites rivières comportent une population d’écrevisses américaines et/ou à pattes blanches. Je suis convaincu que ces crustacés d’eau douce rentrent en partie dans l’alimentation des truites.

  • Impulse Rigged Mini Craw ; 40 mm ; coloris summer craw
  • Big Bite Baits Bug Series Hopper ; 40 mm ; coloris black
  • Big Bite Baits Bug Series Cricket ; 25 mm ; coloris bumble bee swirl
De gauche à droite : creatures, worm et shad.

Dans quelle taille et coloris faut-il les choisir ?

Une taille adaptée aux truites de votre parcours.

La truite est un prédateur disposant morphologiquement d’une petite bouche et avalant  au cours d’une journée de nombreuses petites proies aquatiques (gammares, porte-bois, vairons…), terrestres (ver de terre, grillon, sauterelle…) ou aériennes (mouche, abeille…).

Dans mes cours d’eau, la grande majorité des truites que je capture font entre 18 et 25 cm. C’est pour cette raison que je vous recommande des leurres entre 25 et 60 mm.

Choisir le coloris en fonction des conditions de pêche.

Le coloris est fonction de la turbidité de l’eau. Une eau limpide me fera privilégier un coloris naturel. J’affectionne tout particulièrement le coloris smelt du Powerbait Minnow qui me semble imiter à merveille un alevin. A l’inverse, dans une eau de crue tendance chocolat au lait, je vais opter pour un coloris flashy tel jaune fluo ou rose. Un coloris qui tranche et qui aidera à sa détection par un poisson.

Par contre, je n’utilise jamais un coloris flashy dans une eau limpide. La truite Fario est un poisson qui s’effraie d’un rien, un coloris agressif la fera fuir.

Quel matériel utiliser pour la truite au leurre souple ?

Les caractéristiques de la canne

En ruisseau, l’encombrement des lieux exige une canne courte, d’une longueur maximale de 180 cm, de puissance light (2-8 g) ou ultra-light (1-5 g) si les conditions l’imposent. En petite rivière, soit celle dont la largeur fait moins de 10 mètres, la canne pourra être un peu plus longue jusqu’à 210 cm. La puissance sera une Light (2-8 g). L’action se devra d’être fast pour disposer d’une sensibilité et ainsi bien ressentir la touche. Il ne faut surtout pas utiliser un modèle conçu pour pêcher la truite à la cuillère. Leur action (regular) n’est pas adaptée pour la pêche au leurre souple.

Mes choix :

  • Smith Dragonbait Trout 6′ (2-8 g)
  • Garbolino Maxxter 1803 UL (1-5 g)

Tresse ou nylon

J’ai longtemps pêcher en nylon mais depuis que je pratique en tresse, c’est le jour et la nuit. La détection de la touche est nettement améliorée, sans compter qu’une couleur de tresse orange ou vert fluo aide à mieux percevoir un déplacement latéral de la ligne.

Bas de ligne

Il est impératif dès lors que l’on pêche en tresse, d’utiliser un bas de ligne en fluorocarbone pour gagner en discrétion. Sa longueur doit être au moins égale à la longueur de la canne, en diamètre 16/100 ou 18/100 ème. Je n’emploie jamais d’agrafe avec un souple.

Tête plombée, poids et forme.

J’affectionne la marque de tête plombée Macadam Fishing (Delalande) forme football avec un poids entre 1,5 et 3 grammes, hameçon numéro 4 à 6. Cette saison 2018, je vais essayer des jigheads texan de chez Decoy (SV38) forme conique, pesant 1.8 ou 2.6 grammes. Ces TP devraient me permettre d’explorer des postes scabreux, tel que des amas de bois.

J’adapte la taille de l’hameçon à la taille du leurre ; ainsi que le poids de la jighead à la vitesse du courant ou de la profondeur du poste.

Néanmoins, pour les leurres souples les plus minuscules, je me sers d’un hameçon droit prévu pour monter des mouches en n° 8 ou 10. Je plombe l’appât avec une bille en tungstène. Vous pouvez voir ce montage sur les imitations de criquet ou  de sauterelle, à gauche sur la photo montrant les différentes catégories de souples.

Quels sont les postes à explorer au leurre souple ?

La fosse est le poste type où un leurre souple peut faire merveille.

Le poste type pour pêcher au souple est une cuvette en aval d’une cascade, comme le montre la photo ci-dessus. L’approche un point fondamental lorsqu’on traque la truite, tenez-vous en retrait, agenouillé ou accroupi pour vous dissimuler à la vue des truites.

Il est possible sur ce poste de prendre du poisson partout : à fin de la cuvette, dans le profond, dans le pied de chute de la cascade et sans oublier les bordures de part et d’autre de la fosse.

Les plus beaux sujets se tiendront dans le fond de la cuvette d’autant plus si elle comporte des blocs rocheux synonymes de caches.

Voilà un poste de bordure à ne pas négliger !

La photo ci-dessus montre une bordure composée de blocs rocheux, l’eau coule ici sur un lit de pierres de tailles variables. Ce qui offre de nombreuses caches, tant dans la veine d’eau que dans les anfractuosités de la berge. L’eau s’écoule même sous le bloc rocheux au premier plan.

La vitesse d’écoulement étant relativement lente, voilà un poste à ne pas négliger et dont l’approche au souple sera idéale.

Sur cette photo, l’approche classique est une exploration au poisson-nageur. Si le nombre de touches ralenti, je  vous conseille d’opter pour une approche au leurre souple. Celle-ci moins agressive peut permettre de décider quelques poissons supplémentaires.

Quelle animation du leurre souple ?

Je n’anime pas mon leurre, je le dépose en amont du poste que je vise, et laisse le courant l’emporter dans la veine d’eau que je souhaite explorer, m’efforçant de le faire évoluer au plus près des caches. Je corrige si nécessaire pour qu’au lancer suivant, le leurre soit porter par la bonne veine là où je souhaite l’amener. Mon animation est plus proche de ce que fait un pratiquant au “toc” qu’à une pêche en lancer-ramener.

Je n’hésite pas à faire des pauses (1 à 5 secondes) sur le substrat pour décider un poisson suiveur et timide, et je ne compte plus les truites prises ainsi. Il m’arrive aussi de déposer mon montage dans une zone calme, tel un remous derrière une belle pierre, en laissant l’appât (pardon le leurre) immobile devant la cache. S’il y a une truite, il ne faut pas attendre longtemps pour qu’elle se décide à attaquer mon montage.

Dans une petite rivière et plus encore dans un ruisseau, les postes sont réduits et l’animation  s’impose d’elle même par une maîtrise des dérives ce qui oblige à bien lire l’eau. La pêche en lancer-ramener ne peut se faire que dans de rares situations.

Belle Fario prise au souple

A quelle saison pêcher la truite au leurre souple ?

Il n’y a pas de saison pour pêcher au souple, mais néanmoins c’est une technique qui convient parfaitement au mois de mars. A cette époque de l’année, les poissons se tiennent dans les zones profondes et à la vitesse d’écoulement faible à modérée. A cela s’ajoute le fait que leur activité est réduite, il faut que le leurre passe au plus près de leur gueule.

La pêche de la truite au  leurre souple, telle que je la pratique est en adéquation parfaite avec les conditions du moment. C’est à mon sens, une technique à utiliser impérativement le jour de l’ouverture et durant tout le mois de mars.

Pour ceux désirant pratiquer en grande rivière, je vous recommande la lecture de l’article écrit par Tom Couchoud du team Ultimate Fishing.

La pêche par procuration

À l’heure où la pratique du No Kill semble se généraliser, notamment auprès des plus jeunes pêcheurs, un phénomène émergeant se développe au travers du prisme déformant des réseaux sociaux et de l’image. Si cette dernière prédomine depuis déjà plusieurs décennies, l’instantanéité de la diffusion de l’information et un besoin absolu de reconnaissance au travers de « j’aime » virtuels seraient-ils devenus les seuls moyens d’exister au sein d’une société régentée par l’anonymat ?

D’ailleurs, les pêcheurs soucieux d’apparaître quoi qu’il advienne sur une image, somme toute éphémère, ne prennent plus le temps d’admirer le poisson qu’ils viennent de capturer, si ce n’est de manière interposée au gré des appréciations et autres commentaires électroniques qui viendront mesurer son niveau de popularité. L’esprit du no-kill lui-même ne serait-il pas galvaudé quand la prise photographique s’éternise de manière excessive ou que la manipulation d’un poisson est de nature à lui occasionner des lésions plus ou moins graves ou d’inutiles souffrances ? La pratique du Catch & release (synonyme de No Kill) ne constituerait-elle pas alors qu’un simple effet de mode codifié où l’intégrité du poisson ne passerait finalement qu’au second plan pour permettre à un pêcheur d’exister, de se mettre en scène, à moins qu’il s’agisse de l’emprise d’un processus cognitif inconscient ?

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C’est cette réflexion que je vous invite à mener avec moi au fil de cet article qui ne se veut pas moralisateur, mais finalement plutôt optimiste quant à l’évolution de notre pratique à l’aune du chemin déjà parcouru.

En effet, certains disciples de Saint-Pierre semblent obnubilés par la prise photographique au détriment de l’instant magique durant lequel nous devrions prendre le temps d’admirer – juste le temps nécessaire ! – le poisson que nous venons de capturer. Cette obsession de l’image et de sa diffusion peut les conduire à oublier l’essence même de notre passion. À l’instar des personnes qui assistent à un concert les yeux rivés sur leur téléphone portable, certains pêcheurs ne regardent plus leurs prises et les paysages qu’ils ont parcourus qu’au travers de leur écran de façon interposée. Cette contemplation « par procuration » est somme toute assez alarmante car elle paraît nous détacher de la réalité. Je dis « nous » car ma récente découverte des réseaux sociaux a déjà considérablement changé ma façon d’observer toutes les choses merveilleuses qui m’entourent quand je suis à la pêche et me fait m’interroger sur les raisons qui me conduisent à observer une modification de mon propre comportement.

Je dois ainsi reconnaître que le désir de vouloir partager les magnifiques paysages que je contemple prend quelquefois le pas sur les choses essentielles qui nous poussent à nous rendre au bord de l’eau. Indépendamment du partage de nos émotions et de nos petites expériences halieutiques, le besoin de figurer aux côtés du poisson sur le cliché, tel Narcisse admirant son reflet dans l’eau claire d’une source, me conduit à me questionner sur le manque de précautions qui peut survenir quand il s’agit de le maintenir le temps d’un selfie dans une position inconfortable ou à l’exposer trop longuement à l’air libre. Trop de poissons sont encore maladroitement tenus par la gueule ou trop serrés au niveau des organes vitaux sur certaines photographies en raison des difficultés que représente ce type d’exercice.

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Pris en flagrant délit de selfie !

Certains poissons chutent quelquefois lourdement à cette occasion ou finissent par se débattre sur un sol jonché de pierres ou dans la boue. L’idéal serait, bien évidemment, de mettre en valeur le poisson et éviter toute manipulation superfétatoire afin de préserver son intégrité et limiter sa souffrance. Je sais néanmoins combien il est difficile de succomber à la tentation et au plaisir de conserver le souvenir de sa capture quand un gros poisson se trouve dans l’épuisette. Le risque de voir une séance photo durer inutilement est malheureusement bien réel. J’aborderai cet aspect dans un prochain article.

Les conséquences sur l’intégrité du poisson me paraissent trop importantes pour ne pas m’interroger sur ma propre manière de pratiquer le no-kill. Si nous sommes accompagnés au bord de l’eau, la question se pose différemment car il est bien plus facile de présenter dans de bonnes conditions un poisson face à l’objectif si un compagnon de pêche prend la photographie. Si le poisson se débat, il suffit de le remettre prestement et délicatement dans l’eau, avant de reprendre l’opération dès qu’il est calmé. L’idéal est bel et bien de laisser sa prise le plus longtemps dans la rivière avant de le soulever rapidement, mais sans le serrer, juste le temps nécessaire pour prendre une ou deux photographies.

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Le temps d’exposition à l’air ne doit pas durer pour permettre au poisson de conserver toutes ses chances de survie… (photographie : Lionel Ainard)

L’opération ne devrait pas s’éterniser, mais il m’arrive encore de conserver un poisson dans mon épuisette plus longtemps que nécessaire ou de faire durer inutilement la prise photographique pour conserver un beau souvenir de ma capture, même si cette dernière reste dans son élément de façon quasi-permanente.

La génération actuelle, qui ne peut concevoir la pêche sans le no-kill, a considérablement participé à l’évolution des mentalités et de cette pratique. On est toutefois en droit de s’interroger si cette dernière constitue une simple finalité pour répondre à un effet de mode ou si elle correspond réellement à une démarche responsable et sincère où le poisson occuperait toutes nos préoccupations et toute notre attention. Je reste néanmoins convaincu que de nombreuses étapes ont été franchies, mais que nous devons encore progresser dans ce domaine et modifier notre façon d’appréhender les choses et de nous comporter au bord de l’eau. A contrario, nous devons faire montre de pédagogie et de retenue, notamment sur les réseaux sociaux, à l’égard d’un pêcheur qui, par méconnaissance ou par manque de lucidité, n’aurait pas encore pris conscience de l’inadéquation de son comportement.

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Même dans ce cas, il conviendra d’abréger cette prise photographique… (photographie : Aurélien Bachellerie)

En effet, comment imaginer une pratique du no-kill vertueuse sans soustraire les hameçons triples au bénéfice d’un armement beaucoup plus léger, comme des hameçons simples ? Que représente réellement la perte prématurée d’un poisson aux yeux d’un pêcheur soucieux de lui rendre sa liberté ? Pourquoi prendrions-nous le risque de faire souffrir un poisson pour l’immortaliser sur une image dont l’existence restera éphémère dans un monde virtuel et artificiel ? Je me pose régulièrement ce type de questions dans le dessein de modifier mon comportement quand je juge que ce dernier a été inapproprié. Il m’arrive encore de manquer de discernement lorsque je conserve par-devers moi, et plus durablement que nécessaire, une truite que je souhaite immortaliser au lieu de faire appel à ma simple mémoire. Le poisson ne devrait-il pas être au cœur de nos préoccupations, même si la pêche restera un petit jeu cruel envers un animal que l’on n’hésite pas à qualifier de « partenaire » ?

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Finalement, ce besoin de conserver le souvenir d’un poisson ne serait-il pas qu’une simple adaptation de notre espèce qui utiliserait un moyen technologique propre à mémoriser de façon artificielle des images ? L’homme aura toujours besoin d’images pour évoluer dans son environnement… Mais le poisson ne doit pas être considéré comme un simple produit de consommation ou un vulgaire accessoire destiné à satisfaire notre ego.

Au plaisir de vous rencontrer au bord de l’eau.

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