Le blog

Lisez tous les conseils et astuces de pêche de notre fine équipe de rédacteurs.

Test de matériel, techniques de pêche, réflexions philosophiques, analyses comportementales des poisssons... Tout est ici, avec l'approche moderne de Fishare.

L’accessoire très utile à la pêche : les lunettes polarisantes

L’observation est l’une des clefs menant à la réussite que vous pratiquiez le street-fishing ou n’importe qu’elle autre pêche aux leurres. Et pour bien observer, lorsqu’on est un pêcheur du bord, l’usage d’une paire de lunettes polarisantes est un réel plus.

À quoi sert une paire de lunettes polarisantes ?

Une paire de polarisantes c’est d’abord une paire de solaires qui sert à protéger vos yeux des rayons du soleil. Ces lunettes de soleil ont subi un traitement pour atténuer la réverbération et améliorer la perception des contrastes.

Dans la situation où l’eau est limpide, les polarisantes vous permettront  :

  • de distinguer les caches potentielles (blocs rocheux, racines baignantes, souches, herbiers,…)
  • d’identifier la nature du fond (sablonneux, rocheux,…)
  • d’identifier qu’un poisson suit votre leurre ou qu’il a bougé à son passage
  • de suivre votre leurre des yeux et de savoir qu’il évolue bien à la profondeur souhaitée

J’ai eu l’occasion de prêter mes lunettes à des amis pêcheurs ayant investi dans un modèle d’entrée de gamme et pour eux, la différence était flagrante. Dans des conditions de luminosité faible (zone ombragée par temps couvert par exemple) ma paire de lunettes leur permettait de voir des détails qu’ils ne voyaient pas avec les leurs.

En résumé, les lunettes polarisantes vous fournissent des informations que vous ne percevrez pas nécessairement sans elles. La qualité du verre fera la différence entre deux paires de lunettes polarisantes.

Quelles sont les qualités d’une bonne paire ?

La légèreté

Vous allez la porter plusieurs heures. Vous ne devez pas être gêné par son poids.

A mon sens la légèreté correspond à une paire de lunettes faisant moins de 30 grammes (monture et verres).

L’ergonomie

Vous devez l’essayer en magasin pour vérifier que l’écartement des branches corresponde à la largeur de votre crâne. Les branches ne doivent pas non plus vous blesser l’arrière des oreilles.

Elimination des rayons lumineux parasites

La monture doit être enveloppante pour aussi éliminer les rayons lumineux venant de côté. Ces rayons pouvant vous éblouir et vous gêner en action de pêche. L’utilisation d’un chapeau, avec une large visière aide à éliminer les rayons lumineux venant du dessus.

La photo ci-dessus vous montre la paire à ma vue que j’utilise lorsque je pêche en float-tube ou en street-fishing. 

Quels sont les différents modèles existants ?

Si vous n’êtes pas porteur de lunettes de vues, pour vous le choix est simple. Sinon, il y a :

  • Les verres clipsables :  c’est le premier modèle que j’ai acheté, il y a une vingtaine d’année. Je l’ai assez peu utilisé car cela alourdissait le poids de ma monture de vue et la qualité des verres n’était pas terrible. Je déconseillerais totalement cet achat.
  • Les sur-lunettes : c’est le modèle que j’utilise majoritairement. J’ai changé fin 2016 l’une de mes paires suite à la casse d’une branche qui s’avéra non réparable et j’ai constaté une nette amélioration de la qualité en 10 ans : elles sont plus légères et la qualité du verre est bien supérieure aux précédentes. De surcroît, elles sont fournies avec un étui et une attache pour les garder autour du cou quand on ne les utilise pas.
  • Les lunettes à sa vue : c’est un luxe non remboursé par la sécurité sociale. Renseignez-vous auprès de votre mutuelle, elle peut prendre en charge ce type de dépense.

Pour ma part, j’ai profité d’un changement de monture et de verres pour négocier avec l’opticien un tarif avantageux sur une paire de lunettes polarisantes à ma vue, à la place d’une paire de solaires pour 1 € de plus. J’en suis très satisfait.

La couleur des verres

Le principe général : verres clairs quand il fait sombre pour capter la lumière, et foncés quand il y a beaucoup de luminosité. Attention, un environnement sombre peut-être lié à un temps couvert ou à une voûte végétale empêchant le soleil de pénétrer jusqu’à la rivière.

Il existe 4 teintes principales :

  • Le jaune pour les conditions de faible luminosité.
  • Le vert ne dénature pas les couleurs.
  • Le brun augmente les contrastes.
  • Le gris est excellent pour la restitution des couleurs.

A mon sens, il faut investir dans plusieurs paires si vous pêchez dans des conditions très différentes. Mes choix :

Lorsque je pratique en ruisseau ou rivière à truites, secteur qui comportent de nombreuses zones très ombragées, j’utilise des verres jaunes. Ce coloris capte le maximum de lumière très utile dans ces conditions.

En float-tube la réverbération est très importante sur l’eau, j’opte alors pour des verres gris. J’utilise la même paire en street-fishing, du fait de l’absence d’ombrage sur le bord de la rivière.

A quel prix ?

Les prix vont de 60 à 100 € pour trouver un modèle de bonne qualité. Les sur-lunettes coûtent plus chères et leur prix avoisine les 100 €. Une paire à votre vue est un luxe, elle m’a coûté 400 €.

La rivière « sans nom », à la découverte d’un nouveau spot !

Nous pourrions tous citer le nom d’une rivière mythique (en ce qui me concerne je pense à l’Albarine). Soit on rêve d’aller y pêcher, soit on fait des efforts chaque année pour s’organiser un voyage. Une chose est sure, ne négligez pas la rivière “sans nom ».

Ces rivières coulent à deux pas de chez nous ce qui nous permet de les pêcher à tout moment lors de sessions courtes. Les pêcheurs que vous y croisez vous diront parfois qu’il n’y a plus de poissons, ne les croyez pas !

Partir à la découverte d’un nouveau parcours de pêche

Je pratique presque exclusivement sur ces rivières « sans nom ». Cet article est là pour vous présenter comment je découvre ces parcours qui pour certains sont devenus des “hot-spots”, c’est à dire des lieux pêchés régulièrement et avec de bons résultats.

Mon regard est attiré par le moindre cours d’eau. Lorsque je conduis, il suffit que je franchisse une rivière pour y jeter un œil. Parfois même, si j’ai du temps, je m’arrête pour observer la faune aquatique.

Une nouvelle découverte ?

Vive le web !

Mes recherches commencent toujours par la consultation du site www.geoportail.fr. Ce site offre la possibilité de consulter des cartes IGN (Institut Géographique National). Je cherche à voir le plus détails et pour cela l’échelle au 1/25000ème est idéale. Ce travail, qui se réalise en amont, peut se faire en période hivernale lorsque l’on ne pêche pas ou peu.

Ce type de carte permet d’identifier un certain nombre de choses :

  • Les chemins d’accès
  • La présence de bras morts ou secondaires
  • La présence d’un barrage et donc d’une retenue d’eau en amont de celui-ci
  • La nature des rives : champs, bois, vignes,…
  • Une idée de la topographie grâce aux courbes de niveaux
Exemple d’une carte IGN

Le site Geoportail propose la consultation de photos aériennes. Il est aussi possible de superposer la carte et la photo aérienne. La photo aérienne peut nous indiquer d’autres informations comme la présence ;

  • D’arbres en bordure
  • D’herbiers en fonction de la date à laquelle la photographie a été prise
  • De hauts-fonds, remarquables à la coloration différente de l’eau
  • De bancs de sable
Exemple d’une photographie aérienne

Sur le terrain

Quelle que soit la nature du travail que vous avez réalisé en amont, c’est sur le terrain que vous saurez si le parcours repéré rempli vos espoirs !

Sur des secteurs où je suis sûr de pêcher beaucoup, je préfère acheter la carte IGN papier (achat en maison de la presse ou chez Decathlon). Sinon, je fais une impression écran que j’imprime pour l’emmener avec moi.

Une carte IGN, une vraie !

La carte posée sur le siège passager, vous voilà à la recherche du chemin d’accès repéré sur la carte depuis chez vous. Existe-t-il toujours ? Est-il carrossable ? Ou vous faudra-t-il marcher avant d’atteindre le cours d’eau ?

Parfois, je prends le risque de transformer ma fidèle Twingo en un 4×4… pour me rapprocher le plus près possible. 😉
Là, entre les branches voilà le cours d’eau que je cherche… je n’ai plus qu’à m’équiper pour mieux le découvrir.

La pêche

Mon péché mignon : « le ruisseau et la petite rivière aux berges très encombrées ». J’emporte  toujours avec moi une canne ultra-light, une paire de cuissardes et mon gilet garni de mes boîtes de leurres. 

Lors d’une première session sur ce nouveau parcours, ne vous encombrez pas trop. Il vaut mieux voyager léger pour pouvoir franchir les obstacles (haies, clôtures, ronces…) et changer de coin rapidement si nécessaire. Ma première session est généralement très courte, entre 30 à 90 minutes.

L’accessoire à ne surtout pas oublier, une paire de lunettes polarisantes qui m’aide à identifier la présence de poissons et les postes. Et parfois, je ne cherche même pas à me dissimuler de la vue des poissons, afin de les faire fuir par mon manque de discrétion et ainsi identifier les espèces présentes dans le cours d’eau.

Les résultats

Un joli chevesne, l’un de mes poissons favoris.
Une jolie perche de 24 cm, un petit joyau qui récompense mes efforts dans la découverte de nouveaux parcours. 

Et quel plaisir de partager sa découverte avec un pote de pêche, un ami qui sait apprécier comme vous ces cours d’eau « sans nom ». C’est aussi ça « l’esprit Fishare » !

Je suis sûr qu’à côté de chez vous, il y a une rivière « sans nom » qui vaut la peine d’être découverte. Et son nom évoquera peut-être pour vous, un jour, le souvenir d’une belle pêche.

Bonne découverte, bonne pêche.

La pêche du brochet aux leurres en automne

rivière automneL‘automne est souvent propice pour la pêche de tous les carnassiers. La pêche en hiver demande souvent une prospection lente, mais en automne la prospection peut être plus rapide, puisque les poissons carnassiers ne sont pas léthargiques et s’alimentent activement pour faire le plein avant la période froide.

On pourra donc utiliser tous les leurres à notre disposition, du leurre souple au crankbait, en passant par un swimbait … ou même un leurre de surface sur les chasses !

castors

L’été se termine et les réveils matinaux ou les coups du soir nécessaires pour espérer prendre quelques poissons aux heures les moins chaudes de la journée, vont laisser place à un rythme plus raisonnable où nous allons pouvoir retrouver des pics d’activités toute la journée !

Avec l’automne qui s’installe, les températures extérieures baissent et les jours raccourcissent. Ce sont les habitudes alimentaires de nos amis brochets, leurs zones de chasse et donc leurs postes qui vont être modifiés.

Les leurres à utiliser pour pêcher le brochet en automne :

leurres pour la pêche du brochet en automne
Quelques leurres utilisés en automne : swimbaits, leurres souples, topwaters, spinnerbaits,…

En début d’automne, j’utilise des leurres d’une dizaine de centimètres puis plus gros en fin de saison, mais rarement supérieurs à 20 centimètres pour le confort de pêche. J’insiste davantage sur les postes et je préfère des animations plus lentes et moins saccadées qu’en période estivale, comme je préfère également des leurres moins bruiteurs, car à cette saison, les poissons ont appris à être méfiants depuis l’ouverture au mois de mai ! Par exemple, à cette période, je préfère utiliser une lame plutôt qu’un lipless.

Mais je ne me refuse pas à pêcher avec des leurres à billes, tel l’excellent crankbait Biggie, un crank à la bavette carrée qui protège ses hameçons et évite la plupart du temps de s’accrocher dans les bois morts. La sonorité grave de ce crankbait plaît aux carnassiers, et on aurait tort de s’en priver, même en hiver ! Je l’utilise souvent à cette saison en récupération linéaire lente sur des plateaux peu profonds.

brochet au biggie river2sea
Brochet leurré au crankbait Biggie 67 mm

La recherche du carnassier en automne passe d’abord par une recherche du poisson fourrage. Lorsque vous avez trouvé ces derniers, vous trouverez les autres!

Fin septembre, les poissons blancs commencent à se regrouper. On les trouve aussi bien dans 70 cm d’eau dans les courants que dans les fosses. En même temps que vous pêchez, observez et cherchez les indices qui peuvent vous signaler leur présence : un martin pêcheur attrapant du fretin, un héron chassant en bordure, un attroupement de mouettes dans un secteur, une famille de plongeons qui s’alimentent, des cormorans sur un linéaire de rivière, de l’activité en surface… autant de situations qui laissent envisager la présence de poissons fourrage.

Combien de fois il m’est arrivé de ne rien faire sur plusieurs centaines de mètres en rivière, puis localiser des blancs sur un poste et parfois prendre deux brochets en 20 mètres d’intervalle !

En automne, lorsque j’attaque la pêche en rivière, je choisis mes leurres différemment en fonction des conditions. Par exemple, en début d’automne, la plupart des leurres conviendront à la pêche du brochet puis, lorsque les eaux deviennent plus froides, les poissons seront plus léthargiques et postés plus proches du fond. Il faudra donc privilégier des leurres plus lourds ou plus plongeants, comme des spinnerbaits, des leurres souples avec des récupérations lentes, voire très lentes avec des pauses, des crankbaits à longues bavettes…

brochet pêché au leurre souple
Brochet pêché au leurre souple Rig Walker 120

Il suffira d’un temps doux et d’un coup de pluie pour avoir des eaux plus chargées et moins froides. Dès lors, l’activité aura repris et nous pourrons ressortir quelques leurres bruiteurs pour pêcher lentement la couche d’eau à mi-hauteur.

Lorsque les eaux sont claires avec un temps doux, j’aime pêcher avec des swimbaits, sous 50 cm d’eau, dans des profondeurs n’excédant pas 2m. Le S-waver 168 est bien adapté pour cette pêche, et les brochets n’hésiteront pas à se décoller du fond pour attraper cette belle proie ! Comme son nom l’indique, ce leurre à deux segmentations nagera avec de larges S (pour information, plus le leurre est segmenté et plus sa nage est resserrée) qui attireront le regard des carnassiers.

Dans les endroits plus profonds jusqu’à 3 m de profondeur, le V-joint (160mm), un swimbait suspending de river2sea, sera parfait pour une prospection lente ! Il suffira souvent d’une pause et de quelques « twitch » pour désaxer le leurre et ainsi provoquer la touche du brochet !

leurre suspending
Le V-joint, un leurre suspending à trois segmentations

Dans tous les cas, plus la saison avance et plus il est intéressant de pêcher « gros » pour faire bouger les carnassiers.

Alors n’hésitez pas à sortir les big baits, les gros leurres souples ou les spinnerbaits en ajoutant de gros trailers. Les bonnes bouchées sont souvent la clef du succès !

brochet automne

Qu’est-ce qu’une espèce exotique envahissante ?

Définition

Les espèces exotiques envahissantes sont des espèces ou des sous-espèces animales ou végétales qui se retrouvent en dehors de leur aire de répartition naturelle suite à une introduction volontaire ou accidentelle par l’homme. Parfois appelées « espèces invasives », le terme espèces exotiques envahissantes est néanmoins plus précis car il définit bien le fait que l’espèce en question n’est pas originaire de la zone géographique considérée et qu’il ne devrait donc pas y être présent. Ces espèces exotiques deviennent des agents de perturbation nuisibles à la biodiversité des écosystèmes locaux qu’elles ont colonisé.

Selon l’ONU, Les espèces exotiques envahissantes (EEE) sont devenues la seconde cause d’étiolement de la biodiversité dans le monde.

Néanmoins, les écosystèmes présentent une certaine résistance à l’invasivité d’espèces étrangères. Celle-ci est fonction de la qualité de la biodiversité qu’ils accueillent. Ainsi les autres causes de perte de biodiversité (pollution, rupture de continuité et fragmentation des écosystèmes, surexploitation des ressources et des milieux…) sont des facteurs qui contribuent à la facilité de colonisation d’un écosystème par une espèce exotique. Notre territoire étant sujet à de fortes pressions de ce type sur les milieux naturels, il est assez touché par la problématique EEE.

Quels problèmes pour la pêche ?

Si l’activité elle-même n’est pas impactée sur la France entière à l’heure actuelle, bon nombre d’effets négatifs peuvent se présenter localement :

  • Obstruction des surfaces en eau
  • Modification des paramètres physiques et chimiques du milieu (acidité, oxygène dissous, luminosité…)
  • Eutrophisation accélérée
  • Baisse des populations d’espèces indigènes
  • Transmission de maladies aux autres animaux et/ou à l’Homme
  • Destruction des berges
  • Inaccessibilité des berges
  • Perturbation des écosystèmes

Les actions de l’Homme facilitant la dissémination des espèces exotiques envahissantes

Bon nombre d’actions de l’homme facilitent la dissémination des espèces exotiques envahissantes. Outre le commerce international, qui a offert un moyen de transport à des espèces telles que la moule zébrée, le gobie à tache noire ou le crabe chinois mais aussi le moustique tigre, certaines actions liées à l’activité de pêche se révèlent des vecteurs non négligeables de l’extension des zones concernées par des espèces exotiques:

– Les plans d’eau privés connectés au réseau hydrographique par un ouvrage font souvent l’objet de lâcher d’espèces exotiques, carpes koï, amours blancs, esturgeons, carassins dorés, poisson chat ou perche soleil. La vidange de ces plans d’eau peut se révéler une voie de dissémination préférentielle si aucune mesure n’est prise pour éviter que ces poissons ne se retrouvent dans les rivières et qu’elles ne perturbent leurs écosystèmes.

–  L’utilisation de plantes exotiques à vocation d’ornement sur les plans d’eau peut être aussi source de problèmes de propagation, surtout sur les plus grands où des oiseaux d’eau viennent se poser, consommer du poisson, des végétaux et risquent de les disséminer en vol ( échappée d’un poisson capturé, transport d’œufs…)

– Pêcher une espèce exotique dans un cours d’eau ou un plan d’eau et la relâcher dans un autre cours d’eau peut suffire à permettre la fondation d’une nouvelle population dans  ce dernier et ainsi aggraver la dissémination de l’espèce pêchée.

– L’utilisation de vifs issus d’espèces exotiques est problématique. En effet, en cas de décrochage, cela peut permettre la propagation du poisson utilisé. A propos, l’utilisation de poissons exotiques comme vifs est prohibée.

– La pêche et la relâche d’espèces exotiques qui font l’objet d’une mesure d’interdiction de relâche a pour effet de maintenir les populations dans leur état et de permettre aux individus pêchés de se reproduire par la suite, alors que la pression de pêche peut réduire la vitesse de croissance des espèces et parfois, si la population exotique est encore faible dans le milieu, de la faire disparaître de l’écosystème.

Dans le prochain article, je vous présenterai quelques espèces exotiques que l’on peut rencontrer à proximité, au bord, ou dans l’eau.

Bas de ligne avec palette amovible

Pour rendre vos montages encore plus attractifs, je vous propose aujourd’hui de fabriquer des bas de lignes équipés de palettes grâce à un étrier fait maison. Vous pourrez ainsi changer de palette (forme, taille, couleur) sans avoir à changer le bas de ligne.

Temps de réalisation :  10 a 15 minutes
Difficulté : moyenne

  1. De quoi ai-je besoin ?
  2. Fabriquer l’étrier pour les palettes
  3. Montage du bas de ligne

De quoi ai-je besoin ?

Outillage

  • Pince à bec long
  • Pince coupante
  • Pince à plier ronde
  • Pince à boucler
  • Pince universelle
  • Pince à sleeves

Matériel

Fabriquer l’étrier pour les palettes


Étape 1 :
Couper environ 15 cm de corde à piano à l’aide de la pince coupante


Étape 2 :
A l’aide de la pince à plier ronde ou d’une pince à boucler, former la première boucle.


Étape 3 :

Prendre la boucle avec la pince plate et entourer le bout de corde à piano le plus petit en boucles serrées autour de la tige principale. Couper l’excédent.

Étape 4 :

Couper la tige au ras des torsade pour obtenir une boucle ouverte.

Étape 5 :

Rabattre la boucle ainsi ouverte vers le bas à l’aide d’une pince à bec long pour former l’étrier comme sur le schéma ci-contre.

Si besoin, couper ensuite l’excédent de torsade.




Voici le système qui vous permettra de changer de palette en les faisant coulisser sur le bout de corde a piano recourbé (voir flèche rouge) sous un angle différent.

Montage du bas de ligne


Couper 20 à 30cm de crinelle d’acier ou de fluorocarbonne qui servira à monter le bas de ligne. Fermer une des extrémités du bas de ligne par une boucle à l’aide d’une sleeve. Enfiler tous les éléments (perles, étrier) sur la crinelle ou le fluorocarbone puis fermer la deuxième extrémité par une boucle grace à une sleeve.

Montez la palette de votre choix sur l’étrier. Pour éviter que la palette ne bouge trop sur le bas de ligne positionnez des stop float ou des plombs fendus de part et d’autre du montage.

Pour éviter les vrillages et faciliter le montage, vous pourrez également monter des émerillons rolling / agrafes lors de la constitutions des boucles aux extrémité de la crinelle ou du fluorocarbone.

Bon bricolage à tous !

Série Street-fishing Episode #03 – Les couloirs d’eau libre dans les herbiers

Lors de l’épisode #02, j’ai évoqué la pêche dans des herbiers denses situés près des bordures, ceux n’offrant que quelques trouées d’eau libre (photo ci-dessous).

Les bancs d’herbiers ne sont pas toujours autant compact. Il peut y avoir des couloirs d’eaux libres qui s’ouvrent sur le large ou vers le coeur de l’herbier. La photo ci-dessous vous en montre un exemple, zone entourée en rouge.

Le choix du montage évoqué dans l’épisode #02 était surtout imposé par cette densité du couvert, et par l’observation de nombreux alevins et petits poissons « blancs ». Je proposais un menu adapté à la saison et à l’espèce que je cible principalement, la perche.

Pour prendre régulièrement du poisson, la connaissance de ses mœurs et de ses habitats aide grandement dans la réussite. Elle peut s’acquérir de multiples façons, pour moi l’observation est primordiale.

Et, justement en arpentant les berges de la Saône ces derniers mois, j’ai observé que les plus belles perches (25 et +) se positionnaient plutôt du côté extérieur des herbiers, vers l’eau libre et le chenal de navigation. Alors, quand la configuration de l’herbier me permet d’assurer un lancer vers le large, je ne m’en prive pas !

Le danger d’accrochage est moindre. Un souple montée sur un jighead texan est un leurre discret plus adapté à mon sens à pêcher des postes précis. Pour la configuration d’un couloir d’eau libre, je préfère utiliser un leurre qui sera détecter facilement et rapidement par les prédateurs.

Le crankbait

C’est un leurre qui brasse beaucoup d’eau et se récupère en linéaire par une récupération au moulinet canne basse. Je choisi généralement un modèle bruiteur, conçu pour évoluer entre 1 et 2 mètres de profondeur (MR). Le coloris sera imitatif si l’eau est claire ou limpide, et flashy dans une eau trouble.

Mon premier jet a lieu toujours à courte distance, c’est à dire à 2 à 3 mètres au large de l’herbier. Afin de permettre au poisson-nageur d’atteindre sa profondeur de nage juste avant de rentrer dans l’herbier. J’oriente la pointe de ma canne vers l’eau, corrigeant sa trajectoire si nécessaire pour que le crankbait nage au milieu du couloir d’eau libre.

L’attaque peut intervenir au moment où le leurre rentre dans l’herbier, d’un poisson suiveur ou poster en limite de l’herbier, ou au moment où le leurre nage dans le couloir d’un poisson sortant de droite ou de gauche. Il faut se tenir prêt.

Au second lancer, je commence à jeter plus loin afin de décider un poisson posté plus au large de l’herbier. Il peut y avoir des herbiers immergés, qui ne sont pas visible à l’œil nu, mais que vous sentirez grâce au crankbait qui les frôle. A chaque nouveau lancer, éloignez-vous de plus en plus vers le large. Ces herbiers invisibles et ceux plus en profondeur peuvent bien sûr abriter des carnassiers à l’affût.

Le longbill minnow

C’est un leurre mixte entre un jerkbait et un crankbait. C’est à dire que vous pouvez le lancer et le ramener en linéaire comme un crankbait, où l’animer comme un jerkbait avec une succession de tirées sèches (twitch) entrecoupées de pauses (stop and go). C’est d’ailleurs mon animation favorite.

La réussite intervient quand on a trouvé le bon rythme, entre la puissance des tirées (twitch) et le temps de pause entre chaque twitch. Dès que vous aurez trouver le bon « tempo », vous pourrez rentrer sur un poste plusieurs perches.

Je suis fan du SC Shiner 40, qui m’a permis de prendre plusieurs belles perches cette saison (cf. la vidéo). Malheureusement ce modèle n’est plus distribué par Daïwa. 

Le Bevy Shad (Lucky Craft) me semble un modèle proche dans sa nage au SC Shiner 40.

Starter pack pour la pêche aux leurres

« Comment choisir son matériel pour débuter la pêche au leurre ? »

C’est sans doute l’une des questions les plus posées dans le groupe Fishare Communauté. Je vous ai donc donc réalisé un petit starter pack avec différentes cannes et moulinets polyvalents d’entrée de gamme (moins de 60€ chaque), ainsi que des lignes, épuisettes et divers accessoires pour débuter la pêche aux leurres.

CANNES UL (Ultra Light) OU L (Light)
Idéales pour pêcher truites, perches, chevesnes…

– Puissance conseillée : 0,5/5g – 1/7g – 2/10g
– Longueur conseillée : cela dépend du spot que vous comptez pêcher. Si vous avez besoin de lancer loin, une canne de plus de 2m sera nécéssaire sinon une longueur d’1m80 environ suffira amplement.
– Taille de moulinet conseillé : 1000 – 1500 suffisent amplement à moins de traquer les gros spécimens. Dans ce cas, le frein d’un un taille 2000/2500 sera plus puissant. Un ratio de 75cm par tour de manivelle passe partout. Si ce n’est que pour pêcher dans des rivières au fort courant vous pouvez monter au dessus de 80cm.
– Taille de tresse conseillée : 6 à 8/100
– Taille de fluorocarbone conseillé : 16 à 20/100

Quelques cannes :
Daiwa Presso I Primi 602 UL – 1,80m – 0,5/5g (49,99€)
Caperlan Axion 210 UL RKF – 2,10m –  0.5/5g (54,99€)
DAM Effzet Nova Spin – 1,65m – 1/8g (54,90€)
Shimano Catana DX – 1,65m – 1-11g (41€)
Daiwa Legalis 210L – 2,10m – 2/8g (58€)
Caperlan Lure Light – 1,80m – 2/10g (19,99€)
Abu Garcia Venerate Eva Spin 562UL – 1,68m – 2/10g (31,40€)
Caperlan Axion Light – 1,80m – 2/10g (34,99€)
DAM Neo Finessa – 1,80m – 2/10g (56,90€)
Daiwa Procaster 183 L 602LFS – 1,83m – 3/10g (39,99€)
Abu Garcia Venerate Eva Spin 702L – 2,13m – 2/15g (49,90€)

Quelques moulinets (rarement de mauvaises surprises avec Shimano et Daiwa) :
Shimano Sienna 1000 FE (29,99€)
Shimano Catana 1000FC (36€)
Daiwa Ninja 1003A (46€)
Daiwa Ninja 1500A (49€)
Daiwa Revros E A 1003HA (49,90€)
Daiwa Revros E A 2004HA (53€)
Daiwa Crest 2000 (54€)
Shimano Sedona 1000FI (59€)
DAM Quick FZ 100FD (59,90€)

CANNES L (Light), ML (Medium Light) ou MH (Medium Heavy)
Idéales pour pêcher brochets, sandres, bars, perches, black bass…

– Puissance conseillée : 5/15g – 5/25g – 7/28g – 10/30g (pour les gros leurres le casting est conseillé mais il dépassera notre budget).
– Longueur conseillée : 2m minimum voire 2m30 à 2m70 si vous pêchez des grands lacs/rivières.
– Taille de moulinet conseillé : 1500 peut suffire sur une 5/15g, pour les tailles au dessus un 2000/2500 fera l’affaire. Un ratio de 75cm par tour de manivelle suffira à moins de chercher des espèces comme l’aspe ou vous pouvez monter jusqu’à 90cm.
– Taille de tresse conseillée : 8 à 15/100.
– Taille de fluorocarbone conseillée : 18 à 35/100 selon l’espèce recherchée et le type de spot (on montera en taille si le spot est très encombré pour limiter l’usure du bas de ligne et les casses). Un bas de ligne de 50cm en 50/100 minimum sera nécéssaire pour éviter les coupes des brochets (cela arrive même que des brochets de 60cm arrivent à couper du 70/100). Vous pouvez aussi utiliser un bas de ligne acier ou titanium. L’acier a l’inconvénient de ne pas être discret et se tord dans tous les sens après quelques prises pour finir par se prendre dans les hameçons. Le titanium à l’avantage de la discrétion et la souplesse mais il peut devenir cassant (j’ai eu la mauvaise expérience de laisser un leurre au fond de l’eau en ayant peu tiré pour le décrocher).

Quelques cannes :
Shimano Catana DX 180L – 1,80m – 3/14g (41€)
Daiwa Procaster A – 1,80m – 3/15g (39€)
Daiwa Legalis 180ML – 1,80m – 5/14g (52€)
Daiwa Legalis 210ML – 2,10m – 5/14g (56€)
DAM Effzet Nova Spin – 1,80m – 5/15g (55,90€)
DAM Neo Finessa – 1,80m – 5/15g (57,90€)
Abu Garcia Venerate Eva Spin 802ML – 2,43m – 5/20g (54,90€)
DAM Effzet Nova Spin – 1,98m – 7/21g (56,90€)
Daiwa Legalis 210M – 2,10m – 5/21g (58€)
Daiwa Crossfire 210 – 2,10m – 7/21g (34,99€)
Shimano Catana DX 210 M – 2,10m – 7/21g (44,99€)
Daiwa Crossfire – 2,10m – 7/28g (36,05€)
Daiwa Procaster A – 1,98m – 7/28g (44€)
Daiwa Procaster A – 2,44m – 7/28g (52,20€)
DAM Effzet Nova Spin – 2,10m – 7/28g (59,90€)
Caperlan Lure 210 – 2,10m – 10/30g (22,99€)
Caperlan Axion 210 MH – 2,10m – 10/30g (44,99€)
Caperlan Axion 240 MH – 2,40m – 10/30g (49,99€)
Caperlan Ilicium 210 MH – 2,10m – 10/30g (59,99€)
Abu Garcia Venerate Eva Spin 702M – 2,13m – 10/35g (39,90€)

Quelques moulinets (marques conseillées Shimano & Daiwa) :
Shimano Catana 2500FC (38€)
Daiwa Ninja 2500A (49€)
DAM Quick Impulse 420FD (49,90€)
Daiwa Crest 2500 (54€)
Daiwa Crest 3000 (58€)
Shimano Sedona 2500FI (59€)
Daiwa Revros E A 2500A (60,90€)

ACTION DES CANNES

Un autre point à observer lorsque l’on choisit une canne, c’est son action. Le scion d’une canne d’action fast reviendra vite en place, à l’inverse d’une canne slow. Les cannes fast sont idéales pour les leurres de type jerk/stickbait ou pour les pêches à gratter. Pour être polyvalent nous vous conseillons de choisir un entre deux car utiliser des leurres qui brassent beaucoup d’eau (ex : spinnerbaits, crankbaits et poissons nageurs à longues bavettes) avec une canne extra-fast devient vite insupportable car le scion n’encaisse aucune vibration et c’est donc votre bras qui encaisse tout.

LIGNES

Beaucoup plus raide que le nylon et souvent trois fois plus fine que ce dernier pour la même résistance, la tresse permet de bien ressentir les touches, le fond, les herbiers…

Tresse :
Caperlan Braid 8X Grey 130m (16,99€)

Fluorocarbone :
Caperlan 100% Fluorocarbon 25m (4,99€)
Caperlan 100% Fluorocarbon 50m (3,99€)
Caperlan 100% Fluorocarbon 100m (7,99€)

Nylon (hybride nylon/fluorocarbonne) :
Nylon Invisible Yuki (8,5€ à 10,5€ les 150m)

ACCESSOIRES UTILES

Epuisette :
Une épuisette peut éviter bien des tracas que ce soit pour le poisson comme pour le pêcheur. En plus de permettre d’attraper le poisson facilement elles permettent de les décrocher aisément et les garder oxygénés le temps de sortir l’appareil photo. Il faut cependant veiller à la prendre avec des mailles en caoutchouc pour faire en sorte de retirer le moins possible de mucus aux poissons.

Pour la pêche de petits carnassiers :
Epuisette Raquette Pezon & Michel Master Trout (12,30€)
Pour la pêche de plus gros carnassiers :
Epuisette Powerline Float Tube Kayak (19,95€)

Si vous pêchez des postes avec de hautes bordures, préférez des épuisettes avec un long manche et veillez toujours à tenir le manche à la verticale pour remonter le poisson ou il risquerait de casser.

Pinces : 
Pour éviter d’abimer les poissons en les décrochant et pour les relâcher le plus correctement et rapidement possible, il est indispensable d’avoir toujours une pince sur soi. Voici les deux que j’utilise, la petite me sert pour la plupart des poissons, la grosse à bec long est surtout dédiée au brochet et autres plus jolis spécimens. Petite astuce, si votre pince commence à rouiller et ne s’ouvre plus très bien, un petit coup de WD40 devrait la dégripper 😉

CISEAUX/COUPE FIL

Ils vous seront plus que nécessaires pour couper proprement la tresse (et le fluorocarbone) dont il vaut toujours mieux brûler le petit excédent qui reste (un briquet chalumeau sera idéal) pour faire un stop d’arrêt de sécurité au cas ou un noeud coulisserait.

Ciseaux à tresse Ragot (1,99€)

NOEUDS

Pour raccorder le bas de ligne à un leurre ou une agrafe :

 

Noeud Rapala (permet de ne pas brider la nage d’un leurre lorsque l’on n’utilise pas d’agrafe).

 

 

 

 

 

 

Noeud Palomar (l’un des plus solides).

 

 

 

 

 

Noeud Universel (mon préféré).

 

 

 

 

 

Noeud de Cuiller (l’un des plus simples).

 

 

Pour raccorder deux lignes entre elles comme la tresse et fluorocarbone (je vous ai mis les deux noeuds qui, pour moi, passent le mieux dans les anneaux et sont très résistants si bien réalisés) :

 

 

Noeud Peixet

 

 

 

 

Noeud FG (simplifié) :

Pensez à vérifier vos montages avant chaque partie de pêche pour voir si vos noeuds tiennent encore bien et si votre bas de ligne n’est pas usé. Vous risqueriez de perdre bêtement un leurre, ou pire encore, le laisser dans la gueule d’un poisson.

TUTOS ET LIENS UTILES

• Le Petit Fishare (dictionnaire halieutique).
Pêche du brochet, bas de ligne, leurre.
• Playlist la pêche pas chère.
Choisir son matériel baitcasting.
Changer ses hameçons simples.
Fabriquer un bas de ligne titane.
Playlist les tutos Fishare.
Playlist Showroom Fishare (présentation matériel).

Le saumon atlantique : entre mythe et réalité

24 juillet 2017, au fin fond du Pays basque, sous la pluie, dans une rivière Pyrénéenne.

Je traque la truite aux leurres lors d’un séjour dans le département des Pyrénées-Atlantiques, et ne sais pas trop à quoi m’attendre niveau résultats. Par défaut j’opte pour un leurre heavy sinking (coulant rapide) de 63mm (dont vous connaissez très probablement le modèle) car la rivière, ou plutôt, le « gave » (comme disent les locaux) est assez large et qu’il y a du courant.

Je rentre assez vite quelques petites truites, il semblerait que je sois sur la bonne voie pour faire une belle pêche.

Peu après le début de la session, j’arrive sur un beau poste, à savoir, une berge léchée par une puissante veine de courant avec un calme en parallèle. Autrement dit, une zone de chasse idéale pour une grosse truite.

J’expédie mon leurre en plein bouillon et commence l’animation. Au moment où il sort du courant, un gros poisson le frappe avec une violence inouïe. Par surprise, j’envoie un ferrage bien appuyé (comprendre un ferrage de bourrin…) suivi de deux coups de tête qui me font comprendre que j’ai affaire à un adversaire sérieux.

Je bride vers la droite pour l’empêcher à tout prix de prendre le courant. Je pense à ce moment tenir la truite de ma vie, mais lorsque je l’ai vu passer à quelques mètres de moi alors qu’il descendait la rivière, mon cœur s’est emballé. C’est un saumon !

Il n’y a pas d’autres solutions que d’y courir après pour ne pas mettre trop de pression sur la ligne. J’ai d’ailleurs été contraint de le desserrer car la puissance du poisson, ajoutée à celle du courant fait que j’arrivais au bout de la résistance de mon matériel. Pour ne rien arranger, il y a des gros rochers en aval et s’il parvient à s’y réfugier, le bas de ligne en 20/100 casserait en quelques secondes. En somme, je ne peux absolument rien faire… à part espérer qu’il s’arrête. Et soudain, le miracle se produit. Il s’arrête au niveau d’un rocher pour tenter de s’y abriter, en vain. Je suis à présent à son niveau et au bout de trois tentative, il glisse gentiment au fond d’une épuisette bien trop petite.

J’ai encore du mal à croire ce qui vient de se passer… je tiens un saumon dans mes mains ! Avec ses 66cm, certes ce n’est pas un très gros mais pour le pêcheur de truites que je suis, prendre un saumon est comme un privilège. Un cadeau de la nature pour récompenser des années de pratique.

Un corps fuselé et argenté, une queue échancrée, une ponctuation noire au dessus de la ligne latérale, l’articulation de la mâchoire ne dépassant pas l’aplomb de l’œil… la confusion avec une truite de mer n’est pas permise.

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Ce poisson de rêve a tenu toutes ses promesses. Un combat épique et une force incroyable, sur du matériel léger c’est un pur régal !

S’il constitue un souvenir impérissable au pêcheur qui le capture, il est bon de s’intéresser de plus près à ce merveilleux poisson et à ce qu’il est réellement.

Le saumon atlantique (Salmo salar) mesure au maximum 150cm pour le mâle et 120cm pour la femelle. Il peut peser jusqu’à 25kg.

Sa vie est rythmée par un cycle bien défini : le cycle du saumon.

Il commence par la reproduction, qui dure de novembre à janvier. Les œufs sont déposés dans des zones de gravières pour donner naissance aux alevins vésiculés (de 3 à 4cm). Ces derniers resteront sur la frayère de février à mars, voire avril. Une fois qu’ils ont quitté leur lieu de naissance, ils se nourriront et grandiront dans la rivière jusqu’à devenir des tacons (de 4 à 20cm), puis des smolts (ou saumoneaux). En avril de l’année suivant leur smoltification (changements qui leur permettent de passer de l’eau douce à l’eau salée), ils dévalent le cours d’eau jusqu’à l’océan et rejoignent les zones d’engraissement situées au large du Groenland et des Iles Féroé.

Un petit tacon pris au toc. Facilement différenciable de la truite fario juvénile entre autres grâce à sa queue formant un V très marqué et à l’articulation de la mâchoire ne dépassant pas l’aplomb de l’œil.

Un smolt pris lors de la même session. Magnifique n’est-ce pas ?

S’ensuit une phase de vie océanique à durée variable. Les saumons ayant passé une année en mer (comme celui que j’ai capturé) sont appelés castillons et mesurent de 45 à 70cm pour un poids de 1,5 à 4kg. Ceux étant restés en mer plus d’une année sont appelés saumons de printemps et peuvent être deux fois plus gros que les castillons.

Après quoi, les adultes entament une laborieuse remontée dans leur rivière d’origine afin de se reproduire et perpétuer le cycle. Durant cette phase de remontée ils cessent de se nourrir. Pour les pêcher, il faut stimuler leur instinct de prédateur et c’est exactement ce qui s’est passé quand j’ai pris le mien. J’ai donc eu la chance de passer au bon endroit devant le bon saumon… mais je n’irai pas jusqu’à m’en plaindre !

Voilà, nous avons brièvement fait le tour de la vie semée d’embûches du saumon atlantique. N’étant pas un spécialiste, je préfère ne pas rentrer dans le détail mais il existe une multitude d’autres sujets intéressants à propos de ce poisson légendaire, comme par exemple, tout ce qui freine sa remontée (barrages etc.), l’analyse des populations, les moyens mis en œuvre pour sa protection et même sa pêche.

Un poisson qui impose le respect que je souhaite à tous les pêcheurs raisonnés d’avoir un jour au bout de la ligne.

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