Le blog

Lisez tous les conseils et astuces de pêche de notre fine équipe de rédacteurs.

Test de matériel, techniques de pêche, réflexions philosophiques, analyses comportementales des poisssons... Tout est ici, avec l'approche moderne de Fishare.

Premiers aspes

Levés à 6h30, on commence par un premier spot qui n’a rien donné et où je perdrai malheureusement un Smith D-Contact 85 ayu au lancer… On décide donc de se rabattre sur la Loire. Tout y passe, poissons nageurs, leurres de surface, cuillères, leurres souples, aucune réaction malgré une perche qui viendra se piquer sur le Jackson Debu Nyoro de l’ami qui m’accompagne.

Sélection de leurres que j’ai tout le temps dans ma banane lorsque je pêche l’aspe. Beaucoup de poissons nageurs coulants, quelques suspending et flottants (ceux qui m’ont procuré le plus de touches sont les D-Contact 63 à 85 que j’anime en linéaire rapide entrecoupé de jerks), quelques stickbaits coulants et flottants, feraille (lames vibrantes, jigs, cuillères) ainsi que des leurres souples et des cranks pour pouvoir faire face à d’autres espèces en cas de nanaspes boudeurs.

En faisant du repérage depuis un pont on aperçoit un banc d’aspes au pied de la pile du pont dont un tank de 90cm environ. On redescend, j’arrive à en faire suivre quelques uns au One Up Shad 3″ kaki sans qu’ils ne veuillent attaquer et remarque ensuite que plusieurs remontent du fond lors des suivis. Je décide donc de pêcher plus creu avec un Duo Realis Shad 62DR. Après quelques lancers en nage rapide entrecoupée de twichs/jerks et aucune tape je tente de le jerker en lui faisant remonter le courant. Une animation qui s’avèrera gagnante pour ce premier aspe bien gras de 60cm avant qu’un deuxième plus petit vienne se piquer alors que je venais à peine de commencer à ramener le leurre depuis la bordure.

Après toutes ces bredouilles et ces milliers de lancers, ça a enfin payé !




Fabriquer ses assist hook – Bricoleurre

Dans cet article, Pierre-Vincent nous propose de fabriquer nos propres assist hooks. Mais d’abord, à quoi servent les assist hooks ? Très souvent, les hameçons des poissons nageurs et autres leurres vendus dans le commerce sont équipés d’hameçons triples. Bien des pêcheurs sont désormais soucieux de respecter les poissons capturés car ils pratiquent le « no-kill » ou bien le prélèvement raisonné. Ils veulent donc donner le maximum de chances au poisson de repartir dans de bonnes conditions. Le passage des « triples aux simples » est donc l’une des illustrations de cette démarche respectueuse. Vous pouvez d’ailleurs regarder cette vidéo pour en savoir plus : Changer ses hameçons de poisson nageur (triples / simples).

Lorsque l’on cherche des hameçons plus respectueux, on peut choisir des hameçons simples « classiques » comme les Decoy Troutin Single que nous conseillons, vendus avec ardillons que vous pouvez écraser bien entendu. On peut aussi choisir des assist hooks qui permettront de donner moins d’appui sur le leurre au poisson ferré et donc, moins de chances de se décrocher. Vous pouvez par exemple vous orienter vers les Sure Hook de chez Smith. Mais avec un peu de temps, vous pouvez fabriquer vos propres assist hooks personnalisés à faible coût !


1/ LE MATERIEL

Il vous faudra du vernis, de la soie de montage de mouches et quelques outils de Fly Tying (montage de mouche en français) peuvent vous être utiles mais ne sont pas indispensables.

Pour les hameçons, choisir des hameçons forts de fer et bien piquants, car il n’y a rien de plus rageant que de se faire ouvrir un hameçon par une grosse truite.

Pour ma part, j’utilise des hameçons à mouches dont l’oeillet n’est pas gênant : le mieux, ce sont les hameçons palettes.

2/ LES LEURRES

Sur certains leurres, il est indispensable d’utiliser les bonnes tailles d’hameçons pour éviter qu’ils se croisent. Sur certains leurres, type d-contact 50, je recoupe les hameçons pour avoir la bonne taille.

3/ LE MONTAGE

1. Prendre un morceau de backing d’environ 5 cm et fixer votre soie de montage.
2. Descendre à la moitié de l’hameçon puis fixer votre morceau de backing.
3. Remonter la ligature jusqu’à atteindre l’oeillet.
4. Former une boucle. Réajuster votre boucle avant de la fixer définitivement par plusieurs tours de soie de montage.
Lorsque vous arrivez au 3/4 de votre ligature, coupez l’excédent de backing.
5. Lorsque vous arrivez au 3/4 de votre ligature, coupez l’excédent de backing.
6. Continuez jusqu’à l’emprisonner.
7. Une fois arrivé au bout de votre ligature, faire une ou deux clefs pour sécuriser, puis couper.
8. Si vous n’êtes pas sûr de votre noeud, mettre un point de colle, type Glue.

4/ VERNIS

Une fois vos hameçons faits, il vous reste à les vernir. Deux solutions :

-le vernis bi-composant, si vous avez fait de nombreux hameçons et si vous n’êtes pas pressés;

-le vernis prise rapide, sans hésiter à mettre plusieurs couches.

(Pour ma part, je mets une petite goutte de vernis sur le backing pour le protéger des abrasions)

Voilà, il ne reste plus qu’à vous lancer ! Et pensez aux hameçons sans ardillons pour nos Belles…

Laissez parler votre imagination pour le choix de vos réalisations…

Article imaginé par Pierre Vincent

assist hook
assist hook
assist hook
assist hook
assist hook

Le street fishing vu par un pêcheur old-school – Episode #01

 

J’habite à Lyon. La Saône coule à 5 minutes de chez moi. En toute logique, je devrais être un street fisher expérimenté mais c’est loin d’être le cas ! L’urbanisation des berges, leur propreté douteuse, la difficulté à identifier les postes à pêcher, m’ont longtemps éloigné de ces berges.

J’ai décidé que la saison 2017 serait mon année de découverte de cette pêche urbaine.

Il me semble naturel de vous faire part de mon retour d’expériences, il vous permettra peut-être de vous décider à vous mettre au street fishing ou de progresser dans cette pêche si particulière.

Des sessions ultra-courtes

Une session truite avec les temps de trajet me fait m’absenter 3 à 5 heures de chez moi, pour une sortie en float-tube il faut compter de 5 à 7 heures. Une sortie street ne dure en moyenne que 2 heures.

Je les réalise en semaine après le travail et avant que ma femme ne rentre de son boulot. Je pense pouvoir augmenter mon nombre de sorties par an de 10 à 20, et ainsi développer encore plus mes connaissances en pêche.

Chaque sortie pêche, même si elle ne dure que 30 minutes, contribue à développer vos connaissances du milieu, d’une espèce, de son comportement alimentaire, de ses tenues de prédilection.

C’est grâce à ce cumul d’expériences que vous allez acquérir au fil des années, que vous saurez de plus en plus vous adapter. Et au final prendre du poisson, quand le pêcheur moyen n’en fait pas ou peu.

Le matériel

Cela a été la première question que je me suis posé. Quelle canne prendre ? Une casting ? Une spinning ? Quelle puissance ? Quelle action ?

  • Mon choix s’est fait en fonction des espèces que j’allais cibler, la perche et le chevesne en priorité.
  • Mon choix s’est fait en fonction des leurres que j’avais pré-sélectionnés (hardbait taille 40 à 65, souples en 2 pouces, lame de 3 à 5 grammes, mini spinnerbait…)

J’ai choisi ma Damiki Blue Angel EX 662 Light, une canne achetée en 2008 et conçue à l’origine pour la traque du black-bass. Je connais sa réserve de puissance (ses records : brochet 75 cm ; truite fario 37 cm ; perche commune 42 cm et chevesne 60 cm) et je sais qu’elle peut lancer les leurres que j’ai sélectionné. Il est important de pêcher avec du matériel que l’on connaît bien et dans lequel on a pleine confiance. Je l’ai couplé à un de mes vieux moulinets un Shimano Exage 1000 garni en tresse 10/100ème blanche (qui offre plus de discrétion dans l’eau), avec une pointe en fluoro d’au moins 2 mètres de 25/100ème.

Je pense utiliser plus tard dans la saison, une casting de puissance 5-20 grammes pour pêcher plus creux en fin d’automne et début d’hiver.

La hauteur variable des quais

La hauteur variable des quais m’a posé un problème. Comment les pêcher au mieux ?

Ci-dessus, dans cette configuration, la hauteur du quai avoisine les 3 mètres. En fonction de l’envie du moment, je pêche :

  • Soit en utilisant une technique où la canne n’a pas à être orientée scion vers l’eau comme le drop-shot ou avec un leurre souple sur tête plombée animé façon mort-manié.
  • Soit en utilisant un poisson-nageur avec une bavette importante [crankbait tel que le diving chubby (Illex) ou un longbill minnow tel que Bevy Shad (Daïwa)], et en pêchant agenouillé voire même en pêchant assis sur le bord du quai, les pieds dans le vide.

Ci-dessus, dans cette configuration, la hauteur du quai est de moins d’un mètre. Il est facile d’avoir le scion au ras de l’eau, voire même dans l’eau pour permettre au leurre de pêcher le plus creux possible.

Les quais font parfois 5 à 6 mètres de haut. J’opte alors pour une animation sur un plan vertical avec une lame vibrante dandiné du fond vers la surface, ou un montage drop-shot.

L’une de mes premières belles perches capturées en street fishing, un poisson de 25 cm.

A bientôt pour un autre épisode,

Fabriquer facilement son micro spinnerbait – Bricoleurre

Un « pêcheur-bricoleurre » sommeille en vous ? Vous souhaitez réaliser un leurre unique à vos couleurs?
voici un guide rapide et visuel qui vous permettra de réaliser simplement vos propres « micro spinnerbait ».

Micro spinner bait

Temps de réalisation : 2 à 3 heures de travail (hors temps de séchages).
Difficulté : Moyenne 

  1. De quoi ai-je besoin ?
  2. Former l’armature de base
  3. Préparer la partie plombée
  4. Ponçage, peinture et résine
  5. Formation du corps du spinner
  6. Montage Final de la palette et de l’hameçon.

De quoi ai-je besoin ?

Outillage

  • Pince à bec long
  • Pince coupante
  • Pince à plier ronde
  • Pince spéciale à boucler
  • Pince universelle
  • Vrille de perçage ou perceuse manuelle de maquettisme
  • Lime d’horloger plate
  • Pinceaux à maquettes fins
  • Pinceau large
  • Aérographe (optionnel)
  • Outils de nail art
  • Mini Pince à anneaux brisés Smith
  • Troisième Main


Matériel

Former l’armature de base

Description : L’armature de base est constituée d’une tige de corde à piano terminée à une de ses extrémités par une boucle.

Étape 1 :
Couper environ 15 cm de corde à piano à l’aide de la pince coupante

Étape 2 :
A l’aide de la pince à plier ronde ou une pince à boucler pour former la première, boucle.


Étape 3 :

Prendre la boucle avec la pince plate et entourer le bout de corde à piano le plus petit en boucles serrées autour de la tige principale

Redresser doucement la boucle et reformer l’arrondi à l’aide de la pince à boucler et de la pince à bec long et couper l’excédent.
Cette boucle sera la boucle arrière où viendra s’accrocher l’hameçon.

Remarque: Préparez plusieurs tiges en prévision d’erreurs possibles sur les étapes suivantes ou si vous souhaitez fabriquer plusieurs spinner baits



Préparer la partie plombée

Description : Cette étape consiste à élargir un des trous de l’olivette pour permettre le passage de la corde à piano avec la vrille de perçage. Attention, à ne pas percer l’olivette entièrement le but est de constituer un réceptacle pour la partie plus épaisse à la base de la boucle.




Remarque: La tige de corde à piano sera fixée à l’aide d’une colle forte (Cyanoacrylate/ Epoxy)

Ponçage, peinture et résine

Description : Cette étape consiste à préparer l’olivette , la peindre et appliquer une résine de finition avant mise en forme définitive du spinner.

Étape 1 : Ponçage du plomb. Afin d’enlever toutes les imperfections et préparer la peinture, il faut à l’aide d’une lime de précision enlever les imperfections du plomb et obtenir ainsi une surface relativement plane. (pour rendre la surface encore plus lisse vous pouvez appliquer un mastique de carrosserie puis poncer avec un papier de verre à grain fin


Étape 2 : passage d’une première couche de résine pour servir de support à la peinture. (Séchage 1 heure)

Étape 3 :Peinture au pinceau ou à l’aérographe du spinner selon votre choix et votre inspiration (truite fario , fire tiger etc…..)



Remarque: Vous pouvez obtenir des points réguliers sur vos spinners en utilisant des outils de nail art

Étape 6 : Pose des yeux 3D et passage d’une couche de résine protectrice qui sert également à bien fixer les yeux dans la masse du leurre.


Étape 7 : passer de 2 à 3 couches de résines de finition.
Laisser bien sécher le leurre entre chaque couche (temps de séchage moyen 10 h entre chaque couche pour le vernis époxy présenté ici)

Remarque : un rendu optimal sera obtenu avec un tour de séchage

Les indispensables

Formation du corps du spinner

Description : Le but de cette étape est d’obtenir la forme suivante

Étape 1 : À l’aide de la pince à bec long, formez un premier angle d’environ 45 °.


Étape 2 : avec la pince à plier ronde à environ 2,5 cm de la base du plomb former une boucle pour que le fil revienne parallèlement sur la partie inférieure.

Étape 3 : Toujours avec la pince à plier ronde plier sur la partie supérieure à 5 mm de la boucle précédente pour venir former un angle droit avec la tige partant du plomb.


Étape 4 : Toujours avec la pince à plier faire une boucle complète à 2 cm environ sur le haut du « spinnerbait ».

Étape 5 : À l’aide de la pince coupante, enlevez la corde à piano en trop au ras de la dernière boucle.

Montage Final de la palette et de l’hameçon.

Outils :
– Pince à Bec long
– Mini Pince à anneaux brisés Smith

Matériel :
– 2 anneaux Brisés
– 1 palette
– Un émerillon barille
– Un hameçon simple taille 8 ou 10

Étape 1 : fixer l’émerillon à la boucle sur le haut du spinnerbait


Étape 2 : fixer un anneau brisé sur l’émerillon

Étape 3 : Fixer la palette


Étape 4 : fixer le deuxième anneau brisé sur la boucle en bas vers le plomb et fixer l’hameçon.

Le spinnerbait est maintenant terminé. Vous pouvez lui adjoindre un trailer de type virgule ou le laisser tel quel.

Voici quelques exemples










Vous pouvez voir l’efficacité d’un micro spinnerbait maison réalisé avec ce tutoriel dans cette vidéo Fishare : Les foufous de la pêche de la TRUITE AU LEURRE

Bonne Pêche à tous !

Pêche de la truite en été : techniques et astuces

Les conditions de pêche

A cette période de l’année, les eaux sont souvent basses et chaudes. Cela en raison du cumul de plusieurs facteurs :

  • La végétation prélève l’eau nécessaire à sa croissance,
  • Les activités agricoles (arrosage des maïs, abreuvage des troupeaux…) pompent souvent directement dans la rivière,
  • Les activités humaines (arrosage des jardins, pelouse, remplissage des piscines…) puisent eux aussi dans les ressources en eau,
  • L’allongement de la durée d’ensoleillement, de 6 heures du matin à 21 heures du soir contribue à l’évaporation d’une quantité importante d’eau,

Les besoins physiologiques de la truite

La truite est un poisson d’eaux vives avec des besoins en oxygène dissout important, sa survie est directement liée à la température de l’eau. Elle est considérée comme optimale entre 7 et 17 ° C.

Des eaux trop chaudes (+ de 19° C) vont amener la truite à chercher une zone de confort (courant, pied de cascade…) afin d’y bénéficier d’un taux d’oxygène dissout correspondant à ses besoins physiologiques. Elle va aussi réduire ses phases d’activités alimentaires, vers les pointes du jour et durant la nuit.

Le seuil létal est atteint à partir des 22° C… il faut savoir s’adapter pour espérer prendre une truite en période estivale.

Mes conseils 

  • Pêcher les extrémités du jour.
  1. Le coup du soir commence à mon sens vers 20 heures pour finir à la nuit tombante.
  2. Le coup du matin impose de se lever très tôt, pour être idéalement au bord de l’eau lorsque le jour se lève. Je préfère cette option. Car la fraîcheur de la nuit a contribué à faire baisser de quelques degrés la température de l’air, de l’eau et les truites sont souvent déjà à table au moment où vous arrivez au bord de l’eau. Vers 9 heures du matin vous pourrez rentrer chez vous, et profiter des activités de baignades avec vos amis ou votre petite famille.
  • Le parcours de pêche doit avoir les caractéristiques suivantes : très ombragé, comportant de nombreux courants bordés de caches (bloc de pierre, enrochement, dessous de berges…), des zones oxygénées où l’eau est brassée.
  • Le matériel, c’est l’occasion rêvé pour pratiquer en UL, à défaut une canne de puissance Light (2-6 grammes) convient tout à fait. Côté les leurres, il va falloir réduire les tailles : cuillères n° 00 ou 0 et poissons-nageurs (28 à 40 mm).
  • L’équipement du pêcheur, oublier vos cuissardes et autres waders, même ceux dit respirant ! Une paire de chaussures en toile et un pantalon de randonnées léger qui sèche vite conviennent à merveille. L’épuisette me semble impérative pour abréger les combats et permettre une remise à l’eau rapide d’un poisson dans une eau surchauffée. Les lunettes polarisantes (verres jaunes) sont une aide précieuse pour voir le poisson.
  • L’approche sera l’une des clefs de la réussite. Vous devrez attaquer les postes de plus loin qu’à l’accoutumé, vous agenouiller pour vous dissimuler à la vue de la truite suivant votre leurre, vous tenir en retrait sur la berge. Evitez autant que possible de marcher dans l’eau, si vous devez le faire faites-le avec une extrême prudence.
  • La précision sera une autre clef pour réussir. Vous devrez être capable de propulser votre leurre sous une frondaison, où l’ombre offre un poste apprécié des truites. Vous devrez poser votre leurre à chaque lancer au bon endroit, en cette saison la truite ne donne aucune seconde chance au pêcheur maladroit.
  • Soyez attentif au changement de temps, un temps couvert, des orages, une pluie soudaine après une période caniculaire sera une opportunité à ne pas rater pour réussir sa pêche.

 

 

Traque du chevesne en période estivale : conseils et astuces

Présentation : Le chevesne est considéré comme un cyprinidé d’eau vive car il fréquente les eaux claires et courantes de plaines ou de moyenne altitude (jusqu’à 1 000 m).  Il affectionne un substrat mixte (rocheux et sableux) et riche en abris (végétation tant aquatique que rivulaire et les abris en sous-berges). 

Le chevesne est grégaire, vivant en bancs qui se tiennent dans le courant. Il est souvent à proximité de la surface et la tête dirigée vers l’amont dans l’attente d’une nourriture dérivante à l’affût  le long des berges et/ou à proximité des herbiers.

C’est prédateur vorace qui recherche ses proies visuellement, omnivore il consomme aussi bien du poisson que des plantes aquatiques.

La ponte se déroule d’avril à juin, à des températures proches de 15° C sur des fonds d’herbiers ou de graviers. Sa croissance est plutôt lente comme le démontre une étude menée sur la Seine : il atteint la taille de 25 cm a 5 ans… et les 40 cm vers l’âge de 12 ans.

Source : la biologie des poissons d’eau douce européennes de Jacques BRUSLE et Jean-Pierre QUIGNARD 

Le chevesne ayant une valeur gustative jugé médiocre, il a longtemps été peu recherché. Grâce à ce faible intérêt culinaire et à sa rusticité son aire géographique s’étend a presque toute la France, où il est jugé très commun. Il n’est pas rare d’observer de très beaux spécimens dépassant les 50 cm maraudant en surface, les prendre est une autre histoire.

Le matériel

Un ensemble prévu pour la truite, soit une canne de puissance ultra-light (1-5 g) ou light (2-8 g) convient à merveille, coupler à un moulinet de taille 1000 à 2500 garni de tresse fine (6 à 8/100ème) ou de nylon (14 à 18/100ème). Je recommande l’usage d’un bas de ligne de discrétion si vous pêchez en tresse, de minimum de 2 mètres en fluorocarbone de 16 à 22/100ème en fonction de l’encombrement des lieux et de la taille des sujets visés.

Les accessoires indispensables : une bonne paire de lunettes polarisantes qui vous permettrons de voir les poissons postés ou suivant votre leurre ; une épuisette pour abréger les combats et se saisir d’un beau sujet en toute sécurité, sa prise en main n’étant pas évidente du fait d’un mucus glissant ; des waders respirants ou une paire de cuissardes sont fort utiles pour une pratique en wading ; un gilet de pêche dont les poches contiendront tout le nécessaire (coupe fil, pince pour décrocher, carte de pêche, téléphone…).

Mon top 5 des leurres pour le chevesne :

  1. Un wakebait comme le Mitts 28 (Illex), ce leurre a la capacité de faire monter un poisson évoluant dans les couches d’eau inférieures ou de le faire venir de très loinUne vidéo sera certainement plus parlant – https://youtu.be/xfWafNzMY1Q
  1. Un stickbait comme le Mebapen (Smith), le leurre qui peut vous permettre de prendre un très gros.
  2. Un minnow comme le Tiny Fry 38 (Illex) un leurre passe partout.
  3. Une imitation d’alevin montée sur une tête plombée, comme le Power minnow 2″ coloris Smelt (Berkley) ramené par petits bonds dans une fosse sablonneuse ou le long d’enrochement. N’hésitez pas à faire des pauses, le chevesne prend souvent à l’arrêt.
  4. Un petit crankbait flottant pour des récupérations linéaires sous moins d’un mètre d’eau, comme le Saki 27 F (Adam’s).

Les postes qu’affectionnent le chevesne :

Frondaison.

Les plus gros chevesnes se tiendront sous les branches dans l’attente d’une proie dérivante ou tombante des branches. Ils peuvent se tenir immobile poster comme le serait une truite. Pour réussir en ces lieux, il faut être précis pour atteindre le dessous des frondaisons et discret dans son lancer pour que l’impact n’effraie notre ami le chevesne.

Pour un poser discret, apprenez à utiliser votre index tendu contre la lèvre de la bobine de votre moulinet, le frottement du fil contre celui-ci ralentira son déroulement assurant ainsi une entrée dans l’eau ultra-discrète.

Le chevesne est un poisson curieux, il viendra toujours observer ce qui est tombé, parfois longuement avant de le gober ou de s’en détourner. N’animez pas tout de suite votre leurre, laisse le rond se dissiper avant de commencer votre animation, c’est là où les lunettes polarisantes sont précieuses. Si le poisson se détourne, une courte accélération du leurre peut le décider à mordre.

Nénuphar ou autres herbiers aquatiques.

Le chevesne peut se tenir sous les feuilles ou évoluer dans les trouées et couloirs d’eau libre comme un brochet. Il vaut mieux utiliser un leurre qui n’accrochera pas une tige sinon sa perte sera quasi inévitable.

Mon conseil, c’est l’occasion de sortir un leurre de surface comme le Mitts 28 dont la bavette orientée à 90° permettra de franchir les obstacles par un effet de bascule, et l’hameçon simple sans ardillon d’origine s’avère peu accrocheur sauf pour les chevesnes. 😉

Pont.

En ces lieux, le chevesne peut être posté dans le courant formé par une accélération entre deux piles, ou se tenir contre l’une des piles, à l’ombre pour les plus beaux sujets.

Mon conseil, ce poste s’exploite de deux façons : soit avec une imitation d’insecte depuis le tablier du pont soit avec un petit crankbait ou un wakebait depuis la berge par l’aval. Sur un poisson repéré faîte tomber le leurre juste derrière sa queue, il va se retourner et gober sans réfléchir.

Lundi 1er Septembre 2014 – Vacances en Saône et Loire

Arbre noyé. D’autant plus excellent s’il est à proximité d’une frondaison et donnant sur une rive profonde.

Mon conseil, un crankbait flottant ramené linéairement peut faire merveille.

Bordure. Le chevesne aime à être calé contre la berge, parfois dans très peu d’eau.

Carpe : les moulinets pour débuter cette pêche

 

Le moulinet constitue dans la pêche de la carpe en batterie un matériel essentiel avec la canne et les terminaux. Vous êtes perdu face au nombre pléthorique de caractéristiques et de références que les constructeurs de moulinets proposent ? Nous allons essayer par cet article d’y voir un peu plus clair.

Si les moulinets conçus pour la traque de nos cyprins fonctionnent de la même façon que les moulins classiques, ils présentent cependant des paramètres particuliers.

On peut distinguer deux types de moulinets « carpe » :

  • Les moulinets dits “à frein avant”
  • Les moulinets dits “débrayables”

 

Le moulinet “à frein avant”

C’est le moulinet “classique” par excellence. C’est également sans aucun doute le moulinet le plus utilisé dans le monde de la carpe. On le préfère souvent au moulinet débrayable pour sa simplicité d’utilisation et d’entretien, sa robustesse, sa mécanique efficace et sa sobriété technique.

 

L’Aero Technium MGS 10000 de chez Shimano : un moulinet carpe à frein avant haut de gamme.

 

          Comment ça marche ?

Pour faire simple, le moulinet à frein avant se compose d’une bobine fixe surmontée d’un frein, autour de laquelle tourne le galet du pick-up pour y enrouler le fil, grâce aux mouvements rotatifs exercés par la manivelle.

          Pourquoi “à frein avant” ?

Une désignation par élimination, tout simplement. C’est le seul type de moulinet à posséder un frein unique en tête de bobine face aux moulinets à tambours tournants, moulinets casting, moulinets débrayables ou encore les moulinets à frein arrière (qui ont d’ailleurs presque totalement disparu du marché français).

          Comment ferrer avec un moulinet à frein avant ?

Si la tâche est parfois laborieuse pour les débutants et peut provoquer des perruques, voire des casses ou encore la perte de la bobine à cause d’un frein trop desserré, le ferrage avec un moulinet à frein avant est néanmoins un geste très simple et machinal. Il convient, en cas de départ, de mettre la main qui ne tient pas la canne (généralement la main gauche) sur la bobine et de prendre la canne de l’autre main (souvent la main droite) pour ferrer. Cela permet de « bloquer » (avec modération bien-sûr) la bobine et de pouvoir ainsi serrer le frein canne en l’air, avant d’entamer réellement le combat.

 

Le moulinet débrayable

Supposé plus pratique, plus confortable mais aussi réellement plus complexe et fragile, le moulinet débrayable est un bijou technologique qui a été conçu pour faciliter la vie du carpiste.

 

Le Shimano Big Baitrunner Long Cast : un moulinet débrayable de légende.

 

          Comment ça marche ?

Son système de fonctionnement est classique : le galet attenant au pick-up tourne autour de la bobine pour enrouler le fil sur celle-ci. Mais il a la particularité de fonctionner à l’aide de deux freins : un frein avant classique accompagné d’un frein arrière à embrayage, formant ainsi un ensemble débrayable. L’intérêt ? Passer d’un frein “ouvert” de type “départ” à un frein “serré” de type “combat” en un seul tour de manivelle.

          Comment ferrer avec un moulinet débrayable ?

Il y a deux écoles. Certains, lors d’un départ, saisissent la canne et donnent un tour de manivelle avant de ferrer pour débrayer le moulinet, passer en frein « combat ». D’autres préfèrent, à la touche, adopter la même technique de ferrage qu’avec un moulinet à frein avant : bloquer la bobine à la main et débrayer le moulinet en avalant le fil lors de la première récupération, pendant le combat.

 

Dilemme : frein avant ou débrayable ?

Beaucoup vous le diront, c’est avant tout une question de goût. Si certains carpistes sont des inconditionnels de la praticité des moulinets débrayables, la majorité d’entre eux préfère tout de même la robustesse et la simplicité des moulinets à freins avant. Je suis de ceux-là. Quoiqu’il en soit, je ne saurais que vous conseiller de commencer par des moulinets simples, fiables, au rapport qualité-prix-robustesse imbattable : les moulinets à frein avant. Et pourquoi pas goûter à la douceur et l’ingéniosité des moulinets débrayables par la suite !

Gardons bien à l’esprit également qu’à qualité égale, un moulinet à frein avant sera théoriquement plus léger et coûtera toujours moins cher qu’un moulinet débrayable.

          À noter :

En cas de problème de fonctionnement du frein arrière d’un moulinet débrayable, il est possible d’utiliser uniquement le frein avant. Cela revient à utiliser un moulinet à frein avant classique, en faisant abstraction du mécanisme débrayable.

 

Les systèmes de débrayage hybrides proposés par Shimano et Daiwa : de bons compromis ?

Moins développés chez Daiwa (disponibles en option uniquement), les systèmes de débrayage hybrides étaient jusqu’en 2017 une particularité appréciée sur certains moulinets Shimano de série. Ces dispositifs étaient une réelle alternative aux moulinets à frein avant ou débrayables classiques.

 

Le système de débrayage hybride Daiwa, de moins en moins utilisé, vient remplacer la molette de frein de série d’un moulinet Daiwa (Emcast, Emblem, etc). A l’aide d’un levier, on passe à sa guise du mode “débrayé” (départ) au mode “embrayé” (combat).

Système de débrayage hybride Daiwa.

 

Le système de débrayage hybride Shimano (arrêté en 2017) : un double frein avant. Il est constitué d’un “frein de combat” très précis (la petite molette centrale, à régler à l’avance) et d’un “frein de débrayage” rapide (la grosse molette en tête de bobine) qui permet de passer du mode “départ” (ouvert) au mode “combat” (fermé) . On adore ou on déteste !

Vidéo explicative du concept : https://goo.gl/IHvzQ6

Système de débrayage hybride Shimano.

 

Les caractéristiques importantes des moulinets du carpiste

Les moulinets destinés à la pêche de la carpe sont riches en caractéristiques – tantôt techniques, tantôt commerciales – qu’il convient d’étudier avant de jeter son dévolu sur un modèle précis. Je vous propose d’en découvrir les principales.

 

  • Les bobines et contenances

La bobine fait partie des éléments clés d’un moulinet. Elle permet de contenir le fil (nylon, tresse ou fluorocarbone selon les utilisations) du moulinet, soigneusement enroulé grâce au galet du pick-up.

Avant tout achat, il est important de vérifier que la contenance du moulinet est compatible avec votre mode de pêche. Ainsi, les moulinets munis d’une bobine big pit (traduisez « grande contenance ») conviendront parfaitement pour des pêches à très longue distance, notamment les pêches en lac où il est fréquent de déposer son montage en bateau à longue distance.

À l’inverse, les moulinets à petite bobine (ou bobine classique) sont préférés pour les pêches légères de bordure de type stalking (pêche à roder).

Pour les adeptes des lancers à longue distance, des moulinets à bobine long cast ont été développé. Elles ont la particularité d’être très larges, peu profondes et parfois coniques pour dévider le fil avec le plus d’aisance et le moins de frottement possible. Ces bobines possèdent également des lèvres forgées en « V » qui libèrent le fil facilement.

Moulinet Penn 8000 avec bobine long cast en « V ».

 

À noter :

Pour répondre à différentes utilisations et permettre de pêcher avec différents matériaux en corps de ligne (ou différents diamètres), les fabricants de moulinets proposent de plus en plus une bobine supplémentaire vendue avec le moulinet.

 

Il faut savoir également que toutes les bobines ne sont pas usinées dans le même matériau. On retrouve sur le marché des bobines en plastique, en graphite, en aluminium (anodisé ou non) ou encore en téflon. Ainsi, les bobines en plastique et en graphite sont généralement des bobines bas de gamme ou de gamme moyenne, destinées à accueillir des monofilaments (nylon, fluorocarbone, etc). Les bobines en aluminium sont quant à elles de meilleure qualité et sont compatibles avec les tresses, qui ont tendance à couper les bobines en plastique, en graphite ou encore en téflon. Les bobines en téflon sont cependant des bobines haut de gamme, souvent utilisées en compétition, spoolées de nylon très fin, lors de pêches à très longue distance : elles présentent l’avantage d’être plus légères et de limiter le frottement du corps de ligne sur les lèvres de la bobine, conférant ainsi une glisse du monofilament quasi-parfaite.

 

Des bobines en téflon haute performance proposées par MV Spools.

 

Enfin, s’il est accessoire pour d’autres types de pêche, ne négligez pas le clip fil (line clip) de votre moulinet carpe. Il est de plus en plus employé pour la pêche de la carpe moderne, dans un souci de précision notamment, en venant clipper le fil dans le clip fil pour marquer une distance et lancer toujours à cette même distance. Si certains moulinets présentent de très bons line clip, comme toute la gamme Shimano, d’autres, comme les Emblem X et S 5000 T, sont à éviter si l’on utilise souvent ce système.

Clip fil d’un Shimano Ultegra 14000 XS-C.

 

À noter :

Certains moulinets possèdent plusieurs clip fils, comme c’est le cas du Daiwa Emblem Spod. Une caractéristique très pratique pour marquer différentes distances de pêche, par exemple.

Le Daiwa Emblem Spod et sa bobine à multi-clips.

 

  • Les freins

Le frein est un élément très important du moulinet, autant lorsque l’on pêche la carpe que lorsque l’on pêche la truite ou les carnassiers. Un bon frein est un frein suffisamment puissant mais surtout précis et rapide. En effet, un frein précis vous permettra d’encaisser les rushes avec sérénité pendant le combat, en évitant les « à-coups » d’un frein bas de gamme lorsque la carpe dévide le fil du moulin, souvent synonymes de décroche. La rapidité d’un frein sera quant à elle appréciable lors du ferrage notamment : en un tour de molette, vous passerez aisément d’un frein « ouvert » à un frein « fermé ».

Le frein avant rapide et précis du Shimano Ultegra 14000 XSD.

 

Ces deux propriétés sont difficiles à combiner sur un même moulinet. Généralement, les moulinets à freins précis ne sont pas rapides, ou inversement les moulinets à frein rapide ne sont pas précis. Des marques comme Shimano, par exemple, maîtrisent cependant tout à fait cet exercice et proposent, sur ses gammes haut de gamme notamment, d’excellents freins rapides et précis.

 

On appréciera davantage les moulinets à frein micrométriques face aux moulinets équipés de frein classiques. Ils apportent un certain confort à l’usage en émettant un bruit qui permet d’apprécier, à l’oreille et au toucher, le réglage du frein. Une caractéristique confortable que l’on ne retrouve malheureusement pas sur certains moulinets d’entrée de gamme, comme c’est le cas pour les Emblem S et X 5000 T par exemple.

Le célèbre Daiwa Emblem X 5000 T et son frein avant non-micrométrique.

 

  • Les roulements

Attention aux idées reçues ! Le nombre de roulements d’un moulinet n’est pas un gage de qualité. Bien que les moulins entraînent de nombreuses pièces en rotation, gardez à l’esprit que la qualité des roulements primera bien souvent sur la quantité. Contentez-vous alors de moulinets avec 2 ou 3 bons roulements traités anti-corrosion plutôt que d’opter pour des moulinets avec 12 voire 13 roulements de mauvaise qualité.

Les roulements à bille assurent la fluidité d’un moulinet.

 

  • L’oscillation et l’enroulement

L’oscillation conditionne l’enroulement du fil sur la bobine. Elle est optimale lorsqu’elle est lente, puisqu’elle permet de ranger parfaitement le fil sur la bobine pour le dévider dans les meilleures conditions lors de lancers appuyés. C’est le cas des moulinets haut de gamme comme les Shimano Aero Technium par exemple.

Enroulement parfait de la tête de ligne sur un Shimano Ultegra 14000 ci4 XSA.

 

  • Le ratio et le TMV

Le ratio (qui signifie « mesure », voire « rapport » en latin) est la vitesse de récupération d’un moulinet. Il indique le nombre de tours que fait la bobine par tour de manivelle. Plus le ratio de votre moulinet est élevé, plus vous récupérerez de fil par TMV (Tour de Manivelle) , jusqu’à 1m22 par exemple pour l’Emblem Spod de chez Daiwa avec un ratio de 5.1 : 1 (soit 5.1 tours de bobine par tour de manivelle). Une caractéristique particulièrement appréciable pour éviter de se fatiguer lorsqu’il s’agit de lancer et de ramener à longue distance un montage ou un spod en l’occurrence.

 

  • Le bâti

Le bâti constitue le corps du moulinet. Il est souvent fabriqué en graphite, en composite, en aluminium et inox, voire en plastique et parfois même en carbone et inox sur les moulinets hauts de gamme. Selon les matériaux utilisés, le moulinet sera plus ou moins léger et onéreux. Ainsi, il faudra débourser une certaine somme pour acquérir un moulinet avec un bâti léger, plus maniable et agréable à utiliser. Attention toutefois à bien choisir les matériaux du bâti de ses moulinets en fonction de son utilisation : le carbone, bien que plus léger, sera toujours plus fragile que l’aluminium.

 

  • La taille et le poids

Les moulinets utilisés pour la pêche de la carpe sont en règle générale plus gros que les autres moulinets. Ils assurent ainsi une plus grande robustesse, un meilleur ratio, ils accroissent la distance lancer et permettent de bien équilibrer les cannes lourdes des carpistes.

Votre type de pêche déterminera plus précisément la taille de vos moulinets. Pour les pêches à longue distance par exemple, optez pour un moulinet de grande taille, qui aura une plus large bobine et donc une plus grande capacité de fil ainsi qu’une plus importante propension à dévider du fil. Préférez cependant des petits moulinets pour des pêches plus light de type stalking ou vos pêches de bordure.

 

  • Les manivelles

Sur le marché des moulinets, globalement, toutes les manivelles se valent. Il y en a pour tous les goûts : manivelles simples, manivelles doubles sur certains moulinets comme les Shimano Baitrunner, manivelles repliables commr sur certains modèles de chez Daiwa, manivelles dévissables, interchangeables pour basculer d’un moulin de droitier à un moulin de gaucher… La manivelle est alors une formalité sur tous les moulinets.

On retrouve également différents knobs en fonction des marques et modèles. Les knobs sont les poignées de manivelle des moulinets, parfois en bois, en plastique ou encore en aluminium. Si les knobs sont importants pour le confort sur des moulinets de type carnassier ou truite, puisqu’il s’agit de lancer et ramener constamment, ils ne constituent pas un critère de choix sur un moulinet de type carpe : les différents types de knobs et leur matériau définissent simplement le style du moulinet.

Knob d’un moulinet Shimano Ultegra 14000 XS-C.

 

  • L’anti retour

L’anti-retour est le fait que votre moulinet ne tourne pas à l’envers lorsque vous moulinez « en arrière ». Choisissez autant que faire se peut un moulinet avec anti-retour infini, plus agréable à l’usage qu’un moulinet avec anti-retour dit « multipoint » comme les Emblem S et X 5000 T de chez Daiwa. La manivelle de ces moulinets ne se bloque pas à l’endroit où on l’arrête : elle revient en arrière jusqu’à se stopper au premier point de blocage. Cette impression de jeu sur la manivelle est très inconfortable à l’usage.

À noter :

Comme sur la majorité des moulinets modernes, les moulinets destinés à la pêche de la carpe possèdent une sorte de loquet qui permet d’annuler l’anti-retour. Cette action sert notamment à dévider du fil pour en décoincer une partie coincée sous la bobine par exemple. Certains fabricants sont même allés jusqu’à développer un bouton supplémentaire destiné à ramener mécaniquement le galet du moulinet en haut de sa course pour pouvoir facilement saisir le fil pour lancer. C’est le cas de Daiwa avec son ingénieux Emblem Spod.

 

En conclusion, quel moulinet pour débuter ?

Encore une fois, je ne peux que vous conseiller de choisir un moulinet simple et robuste pour débuter, à frein avant, tel qu’un Daiwa Emblem S ou X 5000 T ou un Shimano Aerlex. Oubliez dans un premier temps les technologies de pointe et les matériaux hauts de gamme qui feront grimper le prix de vos moulinets et qui en feront des engins plus délicats à manipuler.

Toutefois, si vous affectionnez le confort des moulinets débrayables, je vous conseille de vous orienter vers la marque Shimano qui propose des mécaniques débrayables très fiables à prix corrects sur toutes les déclinaisons des modèles Baitrunner.

 

Astuce : les moulinets de surfcasting (pêche à la calée en mer, depuis le bord) sont conçus sur la même base que les moulinets du rayon carpe. Le surfcasting impose en effet les mêmes contraintes techniques que celles que l’on rencontre en pêchant la carpe. Les moulinets sont alors très semblables et exposent les mêmes caractéristiques : robustesse, frein puissant, bobine big pit, etc. Si bien que certaines marques (Shimano, Daiwa, Penn, Tica et même Caperlan) proposent exactement les mêmes références dans leurs catalogues Carpe et Surfcasting. N’hésitez pas à jeter un coup d’oeil dans les deux rayons pour dénicher la bonne affaire avant d’acquérir votre jeu de moulinets !

Trompettes marines

Trompettes marines

Un soupire remonte à la surface : trois cercles irréguliers chargés d’air viennent éclore dans la mélancolie de la nuit d’été. Cette tranquillité argentée se brise, un instant ; l’éclat est brouillé toujours dans le but de réapparaître de plus bel. Renouveau constant, équilibre éternel. Une berceuse l’accompagne : le chant de la rivière.

C’est un chant qui ne saurait jamais lasser celui qui sait l’entendre. Berceuse créatrice, trop nombreux sont ceux qui n’y prêtent plus attention. L’ouïe se rétrécie, le champ de vision aussi ; seul compte le nombre de réactions autour du trophée fièrement capturé à jamais dans les mémoires du monde.

Mais celle-ci ne sait pas compter. Elle participe plutôt à la mélodie, pinçant le cordeau, bousculant les corps d’eau ; elle se fait trompette marine. Soupire de vie.

Elle ondule au gré du flux irrégulier du chant. Les éclats de la lune parcourant sa robe mouchetée viennent souligner la liberté de ses mouvements : danseuse aquatique. Il arrive même parfois qu’elle prenne son envol, l’espace d’un instant elle retient son souffle, quittant la fraicheur du lit pour laisser la caresse du vent parcourir ses courbes. Et ce plongeon de retour dans l’étendue argentée, note la plus aigüe de la mélodie, sonne comme une cymbale qui viendrait surprendre celui qui s’abandonne entièrement aux modulations de la musique.

Pendant que le spectateur reprend ses esprits, inattendue acciacatura, la danseuse se faufile aisément entre les rochers pour rejoindre ses frères et sœurs. A leurs pieds se sont échoués des cadavres ; étincelants, translucides, métalliques ou encore d’une souplesse des plus étonnantes, le nombre de coloris n’en finit plus. Son regard hébété croise celui de sa mère qui vient à elle ; ondulations légères qui évitent soigneusement les piquants des squelettes dorés. Elle est inquiète, le petit frère n’est pas rentré.

Sans doute aucun de ces squelettes de ferraille ou de plastique n’auraient pu imaginer se retrouver pris au piège, étouffés par le corps visqueux du fond de la rivière ; entre les cailloux et les racines, trompes rigides, éternelle source de vie ; lorsqu’ils avaient vu le jour ce matin-même avant leurs premiers plongeons dans l’étendue miroitante. Valseurs émérites, tels des tourbillons de lumières – cymbalettes vertueuses ? -, ils accompagnent la cantabile en canon, l’imitant, bien que parfois maladroitement, d’une synonymie troublante, trompant ainsi ceux et celles qui ne savent dompter l’impatience du ventre.

 Mais alors pourrons-nous un jour réellement savoir si le chant de la rivière fut écrit pour être chanté ainsi ? Car si pour celui ou celle qui l’observe de haut il tend à résonner comme un apaisement intérieur, une poésie divine ou comme un retour réflexif sur l’essence-même de l’existence ; pour ces trompettes marines, gardiennes du courant, il semblerait davantage prendre la forme désolante d’un insoutenable requiem.

Ce soir, le petit frère a délaissé à tout jamais les modulations de la musique. Ses courbes à présent rigides ne sauront plus apprécier la caresse du vent qui pourtant l’accompagne à présent à la surface du courant dansant.

Le petit frère est mort.

Un soupire remonte à la surface et trois petites larmes salées s’en viennent rejoindre le flux irrégulier de cette tranquillité argentée dans la mélancolie de la nuit d’été.

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