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Test de matériel, techniques de pêche, réflexions philosophiques, analyses comportementales des poisssons... Tout est ici, avec l'approche moderne de Fishare.

Mise au point : notre article sur le sexisme à la pêche

Bonjour tout le monde,

J’aimerais revenir sur certaines réactions qui ont suivi mon article sur le sexisme à la pêche, et plus particulièrement sur la réaction d’Esoxiste qui en a publié un article que vous pouvez lire sur son site.

Tout d’abord, Fishare ainsi que moi-même n’avons jamais revendiqué et ne revendiquons aucunement appartenir à un mouvement féministe quel qu’il soit. Nous ne sommes ni en faveur d’une supériorité du masculin sur le féminin, ni en faveur d’une supériorité du féminin sur le masculin mais pour un traitement égal du masculin et du féminin. En somme, nous nous opposons au sexisme (qui est je le rappelle en citant le Dictionnaire Larousse « une attitude discriminatoire fondée sur le sexe »), et de manière plus générale nous nous opposons à toutes formes de discrimination.

La femme n’est pas toujours « dévalorisée et victime de la méchante société des hommes » (je cite l’article d’Esoxiste) mais parfois elle peut l’être, tout comme des hommes peuvent être dévalorisés voire victimes de certains comportements. Dans l’article, je me concentre sur le domaine de la pêche où l’on peut remarquer que les femmes ne sont pas encore traitées sur Internet de la même manière que les hommes puisque pour obtenir des photos d’hommes dénudés en train de pêcher on doit ajouter le terme « sexy » dans la barre de recherche alors que ceci n’est pas nécessaire pour obtenir des photos de femmes dénudées. Mais dans l’article, je ne me limite pas à cela, je cherche à montrer que la société tend à définir les comportements des hommes et des femmes en fonction de leur sexe et notamment par le biais des médias.

Ainsi, j’ai cité deux médias qui relayaient une image dénudée de la femme : Esoxiste et Topito. À aucun moment je n’ai porté un jugement de valeur sur cette activité et encore moins sur les auteurs des articles. Je n’ai fait qu’énoncer factuellement ce qui se faisait et n’ai jamais pointé du doigt une quelconque personne pour dire que ce qu’elle faisait était bien ou mal. Ce que j’ai cherché à dire dans cet article en prenant appui sur ces deux médias, c’est que l’image première qui venait sur Internet de la femme à la pêche était celle dénudée et non pas celle en train de pêcher. Il semblerait qu’en relayant des images de femmes dénudées ces médias tendent à faire oublier les autres articles traitant des pêcheuses. Je trouve tout simplement dommage que les articles sur celles-ci ne soient pas davantage mis en valeur. Peut-être pourrait-on faire évoluer l’image de la femme à la pêche avec des pêcheuses du mois traitées comme l’égal de l’homme ? Car nommer les photos de femmes dénudées à la pêche comme « pêcheuses du mois » n’est-ce pas se tromper dans les termes ? Pour qualifier ce genre de photos ne faudrait-il pas plutôt parler, par exemple, des « pin-up » du mois ?

Il n’est pas possible de laisser passer la réaction par article interposé de Sylvain Russo sur esoxiste.com à propos de notre article et sa rédactrice sur le sexisme à la pêche publié le 27 novembre 2017.

Premièrement, il est étonnant et inquiétant de voir que l’auteur d’esoxiste.com ne mesure pas l’impact que peuvent avoir les articles, les commentaires ou les photos postés sur son site. En tant que média d’influence et personnage publique, il est impératif de réfléchir à l’image que l’on renvoie. Il semblerait que c’est quelque chose qui lui échappe complètement. Semblant complètement dépassé par cela, il n’a par exemple pas hésité à ajouter de l’huile sur le feu en répondant à des commentaires douteux sous son article ou en likant des commentaires véhéments voire insultants à propos de notre rédactrice sur ses réseaux sociaux.

Ensuite, on peut se questionner sur l’intérêt de diffuser des images de prétendues pêcheuses renvoyant une image faussée de la pêche… On en a une idée quand Sylvain Russo nous indique que « Juste pour info, l’ article mettant en exergue de jeunes filles en maillot et publié le jour de l’ an est l’un des plus consultés de l’ année ». J’ai d’ailleurs été surpris de voir plusieurs réactions nous accusant de « surfer sur une mode » pour « faire le buzz » alors qu’il est bien plus facile de relayer des photos de femmes dénudées que d’écrire des articles de fond.

Enfin, on peut regretter que dès le début de l’article soit mis en avant le fait que notre rédactrice soit débutante à la pêche, jeune, étudiante en philosophie… Et j’en passe. Faut-il nécessairement pratiquer la pêche pour en faire un constat social ? Ce stratagème, conscient ou inconscient, oriente la lecture de l’article. Il est facile de le remarquer tant la récurrence de ces informations est importante dans les commentaires.

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Florian Morel – Responsable de la ligne éditoriale de fishare-peche.fr

J’ai été vivement critiquée pour avoir cité l’article d’Esoxiste sans l’avoir préalablement contacté. Contacte-t-on réellement nos sources pour demander une autorisation de citation ? Je ne vais pas m’étendre sur ce point qui coule de source mais je vais plutôt me consacrer à répondre point par point aux incohérences de l’article d’Esoxiste :

1-         L’auteur de l’article écrit « Soit, objectivement la femme est pour la plupart du temps dévalorisée à la pêche, c’est une donnée factuelle. » Effectivement, c’est justement le constat que je fais dans l’article. C’est à se demander s’il a réellement lu ce dernier.

2-         « 5 % des pêcheurs sont des pêcheuses, à ce titre elles sont une réelle minorité et même si leur nombre monte à 10 % elle resteront une minorité.  Et dans cette minorité, où faut-il le rappeler c’est la majorité qui compte, se trouve une autre minorité hurlante qui réclame l’égalité. Or, 10 % ne feront jamais 50 % même si on tourne les chiffres dans tous les sens. » J’aimerais sur ce point rassurer l’auteur de l’article : je sais bien compter. La question est de savoir ce que l’on fait de cette minorité. Doit-on l’ignorer ? Ce que met en avant mon article c’est que malgré qu’il s’agisse d’un petit nombre, celui-ci est en droit d’être représenté. Il est important d’insister sur le fait que « la minorité hurlante qui réclame l’égalité » ne se situe pas forcément dans les 5% des pêcheuses : il y aussi des pêcheurs !

3-         « j’exècre le combat « féministe » comme il existe actuellement, ce moralisme extrémiste qui voudrait nous faire tous ressembler à un (e) humain (e), tous semblables, tous pareils alors que ce sont nos différences qui nous font nous apprécier ». Tout d’abord, sur ce point, je ne comprends pas pourquoi il nous inclus dans « ce moralisme extrémiste » car à aucun moment nous ne prenons une position féministe et quand bien même nous l’aurions fait à aucun moment nous ne nous serions permis d’être moralistes et extrémistes : encore une fois nous ne jugeons personne, nous ne disons aucunement que telle ou telle action est bien ou mal, nous nous contentons de montrer que l’image de la femme à la pêche est traitée différemment de celle de l’homme. Ensuite, notre propos ne porte pas sur le sexe, effectivement nous sommes tous différents physiquement et nous ne prétendons pas vouloir une ressemblance sur ce point-là, mais sur le genre. Le genre sert, selon le Dictionnaire Larousse, « à évoquer les rôles qui sont déterminés socialement, les comportements, les activités et les attributs qu’une société considère comme appropriés pour les hommes et les femmes ». Nous évoquons tout simplement l’idée qu’il serait sans doute préférable d’arrêter de penser de manière genrée pour ne plus mettre de barrière sociales (et non physiques, il s’agit là d’une autre question) entre les hommes et les femmes.

4-         « Pourtant j’apprécie les très belles choses et une mannequin en bikini posant avec un poisson retient mon attention de pêcheur mâle, il n’y a rien de mal à ça et ce n’est pas parce que j’apprécie ces clichés que je suis un immonde porc. » ; « Là, on me reproche de publier des photos de filles en maillot ». Tout d’abord, et encore une fois, nous n’avons fait aucun reproche ni jugement de valeur, s’il parle de lui comme un « immonde porc », nous ne l’avons jamais fait et ne le ferons jamais. Ensuite, ce dont il parle n’a aucunement été traité dans notre article, il s’agit d’un autre sujet. En effet, nous ne disons aucunement qu’il est mal de regarder une femme dénudée, nous ne parlons pas de la sexualisation de l’image du corps et du regard que l’on peut lui porter, nous disons même que nous pouvons comprendre que cela puisse être un plaisir pour certains hommes mais également pour certaines femmes.

5-         L’auteur de l’article me juge et juge mon article sur ma formation philosophique or cet article n’est aucunement philosophique. Ce n’est pas parce que je suis une formation philosophique que je me comporte comme une philosophe à chaque instant de ma vie. Je ne suis pas philosophe lorsque je vais faire mes courses, je ne suis pas philosophe lorsque je prends une photo, je ne suis pas philosophe dès que j’écris quelque chose, je suis philosophe lorsque je relève des tensions, des problématiques, lorsque je questionne des concepts, pas lorsque je mets en évidence des données factuelles. Or dans l’article sur le sexisme à la pêche, je me suis contentée d’exposer des faits. Bien entendu la question peut être traitée de manière philosophique et sans doute qu’elle le sera plus tard.

Pour finir, je ne comprends pas comment on peut en venir à me juger sur ma personne et sur ma formation en ayant lu cet article. Je ne comprends également pas comment on peut écrire publiquement des choses diffamatoires à mon sujet après avoir lu mon article. Je ne comprends pas comment on peut faire des amalgames de la sorte et s’en servir pour salir la réputation d’une personne. Finalement, à qui devrait-on attribuer la qualité de « vision étriquée » ? La façon dont l’auteur fini son article pourrait peut-être nous aider dans cette question : « Suis-je sexiste, oui ! Suis-je misogyne, phallocrate, féminiphobe ? Non !  Vive le sexisme et même à la pêche. » Finalement, qu’il s’agisse d’ironie, de second degré ou d’une simple réaction agressive et excessive, ou peut-être même sexiste, je ne comprends décidément pas pourquoi cette réponse à mon article a été publiée si ce n’est peut-être pour faire l’objet d’une illustration du sexisme à la pêche.

Choisir son gilet de sauvetage pour la pêche

Comment ça marche ?

Dans un temps premier temps, il faut bien différencier les gilets de sauvetage et les gilets d’aide à la flottabilité. Ces derniers nécessitent de savoir nager contrairement au gilet de sauvetage qui lui sert à « sauver » grâce à un retournement sur le dos de la personne pour qu’elle puisse respirer en cas d’évanouissement par exemple.

Il existe alors deux grands types de gilets de sauvetage : les mousses (à gauche) et les gonflables (à droite).

gilet de sauvetage mousse
Gilet de sauvetage en mousse
gilet de sauvetage gonflable
Gilet de sauvetage gonflable

Les deux fonctionnent aussi bien. Néanmoins, pour notre passion, les gonflables sont recommandés pour une plus grande liberté de mouvement. Parmi eux, il en existe encore différents types :

  • Les manuels : ils se gonflent lorsque le porteur du gilet actionne une tirette. Ce système permet de ne pas assister à un gonflement intempestif. Cependant ce système est moins sécurisant (nous y reviendrons par la suite).
  • Les automatiques : avec ce système, nul besoin d’activer une tirette, le gilet se gonfle automatiquement au contact de l’eau. Ce type de gilet est alors très sécurisant, le seul inconvénient est qu’il pourrait se déclencher à un moment non voulu à cause d’un trop fort contact avec l’eau. Il existe deux types de déclenchements automatiques :
    • Pastille: À l’intérieur du gilet se trouve une pastille (sel ou papier cellulose) qui se désagrège au contact de l’eau et libère alors un ressort puissant qui actionne un percuteur et percute la bouteille de gaz. Ce système est le plus facile à recharger, cependant il faut faire attention aux pastilles qui se désagrègent rapidement.
    • Hydrostatique:  Ce système fonctionne avec la pression de l’eau, à partir de 10 cm sous l’eau le gilet se gonfle. Ainsi, l’avantage est que sans tomber à l’eau, le gilet ne peut se gonfler. Cependant le gros inconvénient de ce système est son réarmement (lorsqu’on remet une cartouche de gaz) et la difficulté pour réviser son gilet.

Comment choisir ?

Pour ma part, bien qu’onéreux je recommande totalement les gilets de sauvetage gonflables et automatiques. Ce sont les plus sécurisants et ceux qui couvrent le plus de risques. Tous les gilets de sauvetage sur le marché répondent tout de même à des normes Européennes (100 newton minimum, équipés d’un sifflet  et de bandes réfléchissantes…) et sont fiables. Le gilet de sauvetage en mousse est bien car il ne possède pas de mécanisme et est donc en mesure de maintenir la sécurité en permanence, d’autant plus qu’il est le type de gilet qui est le moins coûteux. Cependant, pour notre pratique de la pêche, les gilets mousses sont peu confortables et laissent une moindre liberté de mouvement.  Les gilets manuels sont pour moi à écarter, en cas d’une perte de connaissance quelconque le naufragé ne sera pas en mesure de déclencher sa tirette et son gilet ne lui sera d’aucune utilité.

Dans toutes les situations et sur toutes les eaux

Oui, effectivement et je l’affirme, le gilet de sauvetage est indispensable dans TOUTES les situations. Que ce soit en pleine journée sur un petit plan d’eau ou en pleine nuit sur les eaux d’un grand lac. Toutes les éventualités et les risques doivent être considérées. Effectivement cela coule de source que le gilet, sur des eaux mouvementées, est indispensable. De grosses vagues et les grandes distances qui peuvent nous séparer des berges peuvent aider à reconsidérer les risques et donc la nécessité de revêtir un gilet. Cependant je voudrais insister sur un point. Même dans un étang d’un hectare, s’il vous arrive par malheur de faire un malaise ou de perdre connaissance (suite à un choc ou n’importe quelle autre raison) alors même dans les meilleures conditions climatiques (c’est à dire sans vent, dans une eau chaude, en journée), sans l’aide d’un intervenant extérieur (exemple un individu venant vous aider ou un gilet de sauvetage) alors l’issue pourrait être fatale. Savoir nager n’est pas une excuse valable pour s’en affranchir. La nature et en particulier l’eau n’est pas un élément que nous maîtrisons, il reste imprévisible et c’est notre responsabilité de se prémunir face à ses risques (des courants, des rochers, des algues…).  Le corps humain reste fragile et les moyens techniques actuels peuvent palier à leur juste mesure à cette faiblesse face à la nature avec laquelle nous aimons tant communier.

gilet-de-sauvetage-photo

Il me semblait important de traiter de ce sujet, car il est selon moi trop peu abordé et devrait être considéré à sa juste importance. Certes cela peut sembler moralisateur et rébarbatif, mais la notion de sécurité fait partie selon moi des choses à prendre au sérieux. La pêche est un loisir qu’il faut prendre avec légèreté mais pour que cela le reste il faut tout de même prendre soin de soi, et penser à son entourage.

Nous pouvons tout de même nous questionner sur les tarifs beaucoup trop onéreux de ce matériel. Effectivement pour moi il est fort culotté de proposer un produit si indispensable à des prix si élevés, cela apporte alors matière à réfléchir sur l’éthique des firmes distributrices qui forment un véritable système oligopole.

Pour les plus jeunes qui ne jouissent pas encore d’un salaire et de grands moyens (ce qui est mon cas), pensez à solliciter vos proches pour son achat. Je suis sûr qu’ils préfèreront mettre le prix et vous savoir en sécurité. Je le rappelle, les gilets de sauvetage en mousse sont tout autant efficaces et sont les moins coûteux.

Le sexisme à la pêche

 

Le sexisme, c’est quoi ?

Si on se réfère à la définition du Petit Larousse, le sexisme est une « attitude discriminatoire fondée sur le sexe ». Mais qu’est-ce qu’une action discriminatoire ? Il s’agit, toujours selon Le Petit Larousse, d’une action qui vise à isoler et traiter différemment certains individus ou groupes entiers par rapport aux autres. De facto, une action sexiste aurait pour conséquence d’isoler et traiter différemment un ou des individus en fonction de leur sexe.

Aujourd’hui encore, nos sociétés, pourtant contemporaines, sont encore bien empreintes de sexisme, que ce soit du côté des femmes comme des hommes, car oui, le sexisme envers les hommes est tout aussi réel que celui envers les femmes. Comme nous l’avons rappelé plus haut, toute action visant à traiter différemment un individu est discriminatoire, et si cette discrimination est en rapport avec le sexe de l’individu, il s’agit bien de sexisme. Dire qu’une activité est destinée aux femmes ou aux hommes serait alors une parole sexiste. En effet, par exemple, les hommes sont libres de vouloir s’épiler et les femmes libres de ne pas le vouloir. Ainsi, en traitant un homme différemment parce qu’il s’épile ou une femme parce qu’elle ne le fait pas, vous agissez de manière sexiste.

Si nous avons tendance à agir de façon sexiste c’est parce que nous vivons dans des sociétés genrées où les individus et les actions sont rangés par catégories. Les médias en sont le reflet : offrez des produits ménagers pour la fête des mères et des produits de bricolage pour la fête des pères. Ou bien offrez une poucette pour votre petite fille à Noël et une voiture télécommandée pour votre petit garçon à Noël en vous référant, bien entendu, aux catalogues où les pages sont respectivement roses et bleues. Il semblerait alors que la société s’organise autour de frontières qui n’ont pas lieu d’être et qui nuisent à toute vision égalitaire en conditionnant dès le plus jeune âge à cette scission masculin/féminin.

Nous pourrions traiter sur des pages et des pages la question du sexisme dans nos sociétés, ce qui pourrait s’avérer des plus intéressants, mais pour cet article, nous allons nous consacrer plus particulièrement sur le sexisme à la pêche.

Le monde de la pêche est-il sexiste ?

Nous avions déjà notre opinion à ce sujet, mais pour rendre l’exercice des plus parlants, nous avons décidé d’aller sur Google Image et de taper dans la barre de recherche les deux requêtes suivantes : «femme qui pêche» et «homme qui pêche».

Ces deux phrases ont été écrites en anglais, en chinois traditionnel, en japonais, puis en français afin de confronter l’image de l’homme et de la femme à la pêche dans la culture occidentale et orientale.

Résultats en anglais

anglais-femme-pêche
Femme qui pêche en anglais
anglais-homme-pêche
Homme qui pêche en anglais

Résultats en chinois traditionnel

chinois-traditionnel-femmepêche
Femme qui pêche en chinois traditionnel
chinois-traditionnel-homme-pêche
Homme qui pêche en chinois traditionnel

Résultats en japonais

japonais-femme-pêche
Femme qui pêche en japonais
japonais-homme-pêche
Homme qui pêche en japonais

Résultats en français

français-femme-pêche
Femme qui pêche en français
français-homme-pêche
Homme qui pêche en français

Comme on peut le remarquer sur les images, le rapport à la pêche diffère de l’Orient à l’Occident et il apparaît très clairement qu’en Occident nous avons une vision de la pêche genrée. Si en Chine, la vision de la pêche semble plutôt affiliée à la nourriture, au Japon elle apparait davantage dans un culte de la performance que nous pouvons également retrouver dans nos sociétés occidentales. Néanmoins, ce culte de la performance en Occident apparaît plus clairement dans la catégorie masculine que dans celle féminine, cette dernière étant le plus souvent exploitée pour le plaisir visuel des personnes pratiquant la pêche. Ce que nous pouvons reprocher à cette exploitation de l’image de la femme à la pêche, c’est qu’elle tend à nier l’existence de femmes pêcheuses.

À noter que nous n’insinuons absolument pas qu’une femme ne puisse pas, au même titre qu’un homme, éprouver du plaisir à regarder le corps dénudé d’une autre femme. Le problème que nous cherchons à souligner est le fait que les femmes n’apparaissent, le plus souvent, que sous cette forme dans l’imaginaire de la pêche. Or, si on s’en réfère aux statistiques de la Fédération Nationale de la Pêche en France en 2008, 41 780 femmes ont bénéficié de la carte promotionnelle « Découverte Femme », ce qui représente 4,2% des effectifs adultes. Certes, le pourcentage peut sembler dérisoire, mais est-ce une raison de négliger cette minorité ?

Pour une pêche plus féminine ?

Si le président de la Fédération Nationale de Pêche en France, M. Claude Roustan, explique qu’il espère « dans quelques années atteindre 10% de femmes à la pêche » (Voir site : www.fede-peche31.com > Gestion pêche > Dossier de Presse : La pêche au féminin), il faudrait réussir pour cela à changer les mœurs autour de la pêche mais surtout espérer sortir d’une société de type genrée.

À cause de ce conditionnement dès le plus jeune âge, on aboutit à une société où les personnes sont rangées dans des catégories avant d’être jugées si elles en sortent ou éprouvent simplement le désire d’en sortir. Finalement, nous ne sommes pas loin d’une dictature du genre. Et comme nous l’avons déjà dit plus haut, il suffit de prêter attention à ce que diffusent les médias pour se rendre compte de cela. Pour illustrer notre propos, voici quelques exemples :

La-pecheuse-du-mois-esoxiste
Le média Esoxiste, connu et reconnu par les pêcheurs et pêcheuses de carnassiers, qui sur sa page d’accueil poste des photos de « pêcheuses du mois » ainsi que des articles de fin d’année qui a pour « tradition » (nous citons) d’égayer ses lecteurs avec de nombreuses images de mannequins pêcheuses.
calendrier peche topito
Le média Topito qui est suivi par près de 2 millions de personnes sur Facebook

On comprend alors que ces médias, parmi d’autres, participent clairement à véhiculer et faire perdurer cette image de la femme dans la pêche. Heureusement, les choses tendent à évoluer grâce, entre autres, aux mouvements féministes (bien que ceux-ci soient à questionner, ce qui ne pourra pas être développé dans cet article), à l’émancipation de la femme mais également aux mouvements LGBT (Lesbien, Gay, Bisexuel, Transsexuel). Cependant, ce travail demeure insuffisant et il est des plus importants de véhiculer auprès des générations futures (mais également de celles présentes) des valeurs égalitaires.

Qu’est-ce qu’un Area truite ?

En voilà une bonne question, la première à se poser sans nul doute ! Qu’est-ce qu’un AREA ? Ce sont tout simplement un ou plusieurs plans d’eau de tailles variables où l’on pratique la pêche de la truite aux leurres. Il s’agit de mise en place artificielle avec du rempoissonnement. Le but est d’avoir des poissons qui s’éduquent petit à petit pour rendre la pêche à la fois plus difficile et technique, mais en ayant une maîtrise aisée de la population de truites. Le but est surtout, bien sûr, de pouvoir pêcher toute l’année ou presque, de manière à continuer de pratiquer sa passion pour la pêche de la truite après la fermeture tout en respectant le cycle des poissons sauvages.

En gros, c’est une aire de jeu artificielle où la densité de poissons est forte mais où les truites, parfois éduquées, ne sont pas si faciles. La pêche y est, de ce fait, pleine d’émotions et de technicité.

Dans un AREA il faut avoir le cœur bien accroché car la finesse technique et les montées d’adrénaline font partie du quotidien. Au fil du temps, ce qui n’était qu’un palliatif à la pêche de la truite que l’on connaît bien est devenu aujourd’hui dans bien des pays une spécialité à part entière, avec ses codes, ses leurres spécifiques et bien sûr, ses lieux de pratique.

D’où nous vient ce concept ?

Le concept de l’Area n’est pas Français, c’est le moins que l’on puisse dire ! Bien sûr, des plans d’eau aménagés pour la pêche existent partout dans le monde. Mais le fait de les destiner à la pêche aux leurres avec une ambiance propre a cette technique ainsi que le fait de créer une véritable spécialité de pêche autour de ce type de lieu ne pouvait être que… Nipon ! Au Pays du soleil levant chacun sait que lorsqu’on fait quelque chose, on pousse le concept à fond ! Pour ce qui est de la technicité en matière halieutique, on peut faire confiance à nos amis japonais pour être des plus pointus. 

truite area gold trout
Antoire et Thomas pris en photo par Sébastien lors d’un doublé de truites Gold !

Là-bas, c’est une technique à part qui a ses propres produits, ses leurres, sa culture. On trouve des leurres comme on n’en voit jamais en France, ou presque. Certains vont jusqu’à imiter un pellet (un granulé alimentaire) pour tromper la vigilance de poissons nourris artificiellement. On trouve aussi des micros ondulantes, des leurres flottants, des densités variables et des coloris abracadabrantesques. Pour chaque modèle, l’offre devient alors rapidement pléthorique, et la pêche en AREA une affaire de précision extrême. Un vrai monde à part, une pratique addictive qui a de l’autre côté du monde de nombreux adeptes.

Il est à noter que plus proche de nous, les pêcheurs Italiens ont eux aussi largement développé le concept d’AREA. Il existe ainsi de nombreux sites en Italie qui fonctionnent sur le modèle japonais. Les transalpins ont dans un premier temps importé le matériel japonais, mais désormais commencent à créer leur propre matériel adapté a cette pêche particulière, avec des séries dédiées à cette pratique. C’est de loin la nation européenne la plus avancée sur le sujet, les pratiquants en AREA se comptant par centaines de l’autre côté des Alpes.

Qu’en est-il en France ?

En France, les AREA ne sont pas encore vraiment arrivées. Malgré une montée en puissance marquée de la pêche de la truite aux leurres, ces lieux si particuliers peinent à trouver un démarrage digne de ce que l’on voit à l’étranger.

Ce que l’on a de plus ressemblant et de bien représenté sur notre territoire, ce sont les réservoirs de pêche à la mouche. Ils sont devenus une pratique répandue et presque commune aujourd’hui, avec des pratiquants spécialisé et nombreux. Il s’agit d’ailleurs d’une démarche très proche de l’AREA mais dédiée à une autre technique, ni plus ni moins. Certains d’entre eux s’ouvrent cependant de façon sporadique aux leurristes. C’est ce que l’on trouvait jusqu’à cette année de plus ressemblant à un AREA dans notre pays, le seul moyen d’avoir des sensations « comparables » à ce que l’on connait ailleurs dans le monde, une canne à leurres en main. Jusqu’à présent, ces réservoirs étaient les seuls lieux où les pratiquants de la pêche de la truite aux leurres pouvaient rechercher de grosses truites en lac, dans un plan d’eau à la population gérée spécifiquement pour la pêche. Ces balbutiements d’AREA étaient bien sûr très ludiques, mais tellement rares et trop peu spécialisés. Ainsi ils ne pouvaient réellement permettre de développer une technique à part et une pratique régulière comme on peut le voir à l’étranger.

J’écris au passé, car depuis le mois de Septembre 2017, la France compte enfin un réservoir dédié à la pêche aux leurres de la truite. Il s’agit de « Truite AREA », le bien nommé ! Sur ce plan d’eau de 5,5 hectares situé dans le Cantal au pied du mythique Puy Mary et au cœur du plus grand volcan d’Europe, les amoureux de pêche de la truite aux leurres peuvent enfin défier des adversaires survitaminés placés spécialement pour leur plaisir. Cuillers ondulantes, poissons nageurs et autres leurres de surface ont enfin leur temple Français pour venir se faire châtier violemment par de gros poissons prêt à en découdre. Pour l’instant il s’agit du seul AREA en France, mais il y a fort à parier que cette pratique addictive se développe et que l’on voit ce genre de lieux ouvrir un peu partout dans nos régions !

truite area cantal
Vue imprenable sur le Lac des Cascades à Truite Area

https://www.youtube.com/watch?v=VGVehVbsl_U

La pêche, les copains, la convivialité

Un Area c’est donc un lieu de pêche, mais aussi un lieu où chaque pêcheur reste visuellement en contact avec tous les autres et partage ainsi les émotions du voisin. La pêche y est technique, ludique mais elle est surtout très partagée et c’est là un des grands intérêts de ce type de lieu. Un gros poisson piqué qui monte en chandelle et c’est le palpitant de tous les pratiquant présents autour du lac qui part en flèche. Un gros départ, un frein qui crisse, c’est l’adrénaline qui monte et les crises de rire qui crèvent le plafond sur toute la berge.

À midi, on se retrouve devant un verre on refait notre début de journée. C’est tout cela un AREA, une ambiance à part où les discussions de pêche se font sur le lieu même de la pratique et où on casse la croûte entre ami(e)s tout en observant de gros gobages dans nos pieds. Une ambiance qui fait l’intérêt du lieu, des copains, du partage, des rencontres entre passionnés, des émotions en nombre, avec en fond, une pêche ludique.

restaurant truite area
L’auberge du Lac des Cascades…
truffade truite area
…où l’on mange une bonne truffade…
restaurant truite area (3)
…en observant les truites gober !

Voilà la recette simple et efficace d’une journée de pêche réussie et pourquoi l’expérience AREA est à vivre pour tous les amoureux de pêche et de partage !

Les grosses truites et l’adrénaline

Bien sûr, la pêche elle-même est intéressante pour sa technicité particulière. Bien sûr, le fait de partager des émotions avec des amis ou d’autres pêcheurs passionnés est une vraie régalade, mais l’AREA a encore une corde à son arc.

Un beau saumon de fontaine pris par Chloé
poisson truite area (2)
Une truite massive et colorée prise par Loïck

À l’instar des réservoirs mouche, c’est aussi l’occasion de défier de gros poissons puissants de manière très régulière. Pour bon nombre de truiteux (hors patrimoine exceptionnel a proximité du type Gave, Touvre, Ain ou encore Dranse) pêcher une truite de 50 centimètres, voir de plus de 60 centimètres, est un privilège rare et précieux. Surtout si ladite truite pèse 2 à 4 kg ! En AREA, comme la population est contrôlée c’est tout simplement la base de la pêche. Ces poissons n’auront jamais la valeur patrimoniale d’une belle truite de rivière, mais ils gardent tout leur potentiel émotionnel à la touche et pendant le combat. Ce sont des poissons difficiles à leurrer et des combattants vaillants qui font chanter le frein et tordre le carbone. Chandelles et rushs puissants sont ici le quotidien, et ça forcément, pour un pêcheur ça parle et ça file déjà une petite démangeaison dans le poignet rien que d’y penser !

C’est pour ces moments répétés de combats et d’émotions qu’un AREA est, pour tous ceux qui s’y sont essayés, un lieu à part de plaisir et de bonheur tout au long de l’année. On se languit que le concept se développe.

D’ici là rendez-vous à « Truite AREA » pardi ! En plus le Cantal est le plus beau département Français, c’est bien connu (je ne suis pas chauvin, ça se saurait) alors pourquoi s’en priver !

Série street-fishing épisode #04 – Le quai, un poste à ne pas négliger !

Comme évoqué dans le précédent épisode, l’observation est l’une des clefs menant à la réussite.
Je n’observe pas seulement le milieu aquatique, si je croise un pêcheur, je vais aussi regarder sa façon de pêcher. Ainsi, je constate souvent qu’il a tendance à lancer son leurre le plus au loin possible vers le large, négligeant de ce fait ce qui se trouve à ses pieds : le quai et ses abords immédiats.

L’une des règles de base que j’applique depuis plus de 20 ans, c’est de me concentrer sur les postes à ma proximité, avant de chercher les poissons plus éloignés.

Le quai est une structure verticale susceptible d’apporter de la nourriture, un abri ou un poste d’affût pour les carnassiers que nous recherchons.

Sur mon secteur de pêche, en Saône, je suis confronté à différentes typologies de quai. Chacune d’entre elles m’obligent à me remettre en question sur la technique et le choix de leurre le mieux adapté.

Une diversité de configurations

Le quai en béton

Ce type de quai n’est pas le plus présent sur mon secteur. Néanmoins c’est lui qui me pose le plus de difficultés. Ce quai a été utilisé lors de la construction du pont Schuman, comme lieu de chargement des matériaux nécessaires à sa réalisation.

Il est d’une hauteur de 3 à 4 mètres et sa longueur fait une cinquantaine de mètres. Pour permettre l’amarrage des péniches, deux poteaux métalliques ont été plantés dans l’eau à 2 mètres du bord du quai et sont maintenus solidaires à lui par des traverses en métal.

Afin je présume de préserver le pied de l’ouvrage, une banquette en béton est immergée. Sa bordure est composée de palplanches métalliques. Ce quai ne comporte aucun garde-corps.

Voici une présentation schématique du quai, il n’est pas à l’échelle mais est assez fidèle.

J’essaye d’abord un crankbait deep runner (grand plongeur), sa longue bavette acceptant la contrainte d’un angle important entre la surface de l’eau et la pointe du scion de ma canne. Mon constat, le leurre évolue trop haut dans la couche d’eau.

Les perches observées aux abords de cette structure se trouvent positionnées au repos sur la banquette. J’ai pu observer des perches suiveuses, lorsque mon leurre vient du profond devant les palplanches. Je pense que la profondeur avoisinne les 6 mètres au pied du quai.

Quels sont les leurres possibles ?

Quelles sont les animations possibles ?

  • A l’aplomb du quai en dandine
  • Du large vers la rive avec une animation constituée de tirées suivis de relâchés
  • En promenant son leurre à l’aplomb du quai pour reproduire une dérive comme un verticalier

Un point à prendre en compte lors de la capture d’un joli poisson c’est qu’il sera difficile ou impossible de le remonter sur le quai. Il faut donc anticiper le combat de manière à l’amener vers l’une des extrémités dotées de mise à l’eau pour une prise en main ou un échouage.

Le quai en pierre

Berge en pente

La hauteur entre le quai et la surface de l’eau oscille entre 2 et 3 mètres. En fonction de la technique que vous utilisez, la position debout peut se révéler un handicap.

Si vous pratiquez par exemple avec une lame vibrante, la canne sera orientée scion vers le ciel. La position debout ne sera pas gênante. A contrario, si vous pratiquez au crankbait, pêche qui exige d’avoir le scion orientée vers l’eau, vous perdrez en profondeur d’exploration en restant debout sur le quai.

Sur un quai en pente, j’ai pour habitude de m’asseoir sur son rebord. J’ai les talons en appuyés sur la pierre et le buste plus ou moins penché vers l’avant pour que le scion de ma canne soit le plus près possible de la surface de l’eau. Ainsi, j’ai la garantie que mon leurre évolue à la profondeur pour laquelle il a été conçu.

Berge droite

Ce type de quai comporte parfois une rambarde arrivant au niveau du mollet lorsqu’ils sont utilisés comme parking. La rambarde évite la chute d’un véhicule lors d’une manœuvre.

Chemin de galets sur la bordure du quai

Lorsque le quai est piétonnier, il n’y a généralement aucune protection. Toutefois, si le bord du quai est constitué de large pierre, un chemin de galets indique pour les déficients visuels le danger de la proximité de l’eau.

Vous pouvez pratiquer avec la technique de votre choix sur ce type de quai.

Le quai avec rebord

Pour découvrir son existence, il a fallu un jour que je me penche pour saisir un poisson. Selon moi, ce type de quai s’apparente à une berge creuse. Voilà, un poste de choix pour un prédateur à l’affût d’une proie.

Le quai, une zone de nourriture

De nombreuses micro-algues se développent dans la partie immergée de cette structure, voilà un apport de nourriture pour les petits poissons blancs.

Le quai en pierre et en pente permet l’implantation d’une végétation. Le joint qui s’effrite entre les pierres offre la possibilité aux herbes ou aux arbustes de pousser, sans compter que le manque d’entretien des berges contribue à leurs développements.

Ces herbes et arbustes sont une source de nourriture : chute accidentelle d’une chenille ou d’un insecte venu butiner, par exemple. À la belle saison, il est fréquent d’observer des chevesnes à proximité d’un quai végétalisé.

Le quai, une zone de chasse.

Il peut comporter des anfractuosités, suite au descellement de pierres dans le mur. Voilà des caches qui seront appréciées des perches.

Lorsque le temps est ensoleillé, l’ombre portée du quai sur l’eau offre une certaine invisibilité aux carnassiers positionnés contre le quai.

N’oublions pas qu’au pied du quai se trouvent de nombreux obstacles contribuant à fixer le poisson fourrage. Tels qu’un banc d’herbiers, des blocs rocheux, un arbre noyé sans oublier ceux liés à l’activité humaine : carcasses de scooter, de vélo, de caddie, de triangle de chantier ou autres barrières en tout genre. Gardons bien en tête que les prédateurs ne sont jamais très loin de leur garde-manger.

En résumé, le quai offre abri et nourriture aux prédateurs. La vidéo au bas de cet article vous illustre mon propos.

Dans votre réflexion du jour à la recherche du pattern, n’oubliez pas de pêcher à vos pieds, il y a souvent là de beaux poissons à l’affût. En espérant vous avoir convaincu de ne plus négliger la bordure.

Pêche urbaine, le récit d’un après-midi d’octobre

Il n’était pas prévu que je fasse une session street-fishing ce samedi 21 octobre 2017.
Ma sacoche dédiée au « street » toujours prête, suspendue à un porte-manteau, dans un coin ma canne, il ne me faut pas longtemps pour être prêt.

J’habite juste à côté de la Saône, c’est un avantage indéniable pour improviser une sortie pêche. Il me faut 20 minutes de marche pour atteindre le début de mon parcours du jour. 

Une lame, King-Kong de 14 grammes (Biwaa) était restée montée depuis ma sortie de la veille. Je m’arrête un instant sur l’un de mes hot-spots de ces dernières semaines. Premier lancer et première prise, le combat est vite expédié, verdict : un brocheton de 41 cm.

Je ne m’attarde pas et résiste à l’envie de pêcher les péniches amarrées. Je presse le pas. Il fait presque chaud. Le thermomètre affiche encore plus de 25° C en cette fin octobre. Les prévisions annoncent une dégradation pour la fin de journée et la nuit à venir. 

Je découvre un chemin qui est bordé d’un mur décoré de masques africains. Voilà un lieu fort envoûtant… Pour ma part, c’est l’eau toute proche qui m’envoûte. Je change de leurre et monte en bout de ligne une tête plombée de 5g en forme de balle sur laquelle j’installe un Powerbait Minnow 3 pouces en coloris Pearl White.

Je propulse sans peine mon montage à une trentaine de mètres du bord et suis attentif à la descente du leurre vers le fond. Le toc se fait sentir quand il le touche. Je commence à animer mon souple par des soubresauts, concentré à le maintenir proche du fond.

Le poste devant moi est une pente douce dont le substrat est couvert d’herbiers. La présence de tiges de nénuphars démontre qu’il y a peu la zone en était recouverte.

Lunettes polarisantes rivées sur le nez, je suis des yeux mon leurre dont le coloris n’est pas choisi que pour plaire aux prédateurs. Il me permet également de percevoir le leurre même dans une grande profondeur. 

Je ne tarde pas à capturer un petit brochet (36 cm), puis à rater un troisième dont la taille m’a semblée plus importante. 

Je continue ma progression sur ce chemin de halage, enregistrant ainsi une attaque de petit brochet. Je décroche ensuite une jolie perche bien grasse estimée à 30 cm en essayant de la « dropper » jusqu’à moi (l’inconvénient de ne pas disposer d’épuisette).

Je m’attarde sur les quelques avancées constituées de blocs rocheux et/ou d’arbres noyés déposés là, lors de l’aménagement des « rives de Saônes » il y a quelques années. Des postes typiques à perche.

Je continue avec le même leurre et la même animation, mais d’une manière plus chirurgicale et c’est l’une des forces de cette technique : le darting.

Deux ou trois perches suivent sans vraiment être agressives. J’ai localisé leur positionnement et n’ai plus qu’à insister pour décider l’une d’entre elle. La touche est discrète, un arrêt et une brève lourdeur. J’extrait dans le mouvement le poisson de la zone dangereuse.

Ma promenade m’amène en face de l’appartement de Florian… un rapide « sms » pour l’inviter à me rejoindre s’il est disponible et intéressé. Une heure plus tard le voilà qui arrive.

J’ai quitté la zone de plage. Je pêche depuis un ponton. La profondeur devant moi oscille entre 3 et 8 mètres. Après une brève discussion avec Florian, je l’oriente vers la zone de plage, le secteur que j’explore depuis 30 minutes ne m’ayant rapporté aucune touche ni aucun suivi.

Les nuages s’amoncellent au-dessus de nous et le vent forcit de minutes en minutes. Les feuilles tombent en grande quantité emportées par les rafales. Il devient difficile de réaliser mes animations. Cela m’oblige à réduire ma distance de pêche.

Une averse aussi brève qu’intense nous surprend. Nous rebroussons chemin jusqu’à la voiture de Florian pour nous abriter. Après une discussion autour du projet Fishare, appuyés contre le parapet du quai, nous reprenons notre pêche là où nous l’avons arrêtée.

De retour sur la plage caillouteuse, très peu profonde, je continue à animer mon Powerbait Minnow de 3 pouces. Florian, quant à lui, use d’un souple en 2 pouces monté sur une TP dont l’hameçon est protégé par une brosse dure.

Il rentre une première perche. Quelques minutes plus tard nous réalisons un doublé et marquons l’évènement par un selfie.

Le vent souffle de plus en plus fort, il devient impossible de maîtriser les trajectoires avec un souple en « darting ». Je change mon leurre pour un shad en 4 pouces que je ramène en cranking. Hélas je le perds très rapidement lors d’un accroc au fond, c’est le risque du street-fishing.

Je monte en bout de ligne un crankbait, Aragon MR (Illex) que je ramène en linéaire sans pauses et peigne en éventail la plage devant moi.

Florian rentre un petit brochet avec son souple toujours ramené en cranking. Je décide de monter un spinnerbait TM Spinner (Damiki) en lieu et place de mon crankbait. Le secteur « pue » le brochet à plein nez, et un tel leurre offre une bouchée plus importante.

J’appuie mes lancers vers le large, vers la cassure que j’imagine aller vers le profond du chenal de navigation.

Je laisse le leurre s’enfoncer dans la couche d’eau avant de le ramener à vitesse réduire au plus près du fond. Il me faut un à deux lancer pour régler ma vitesse d’immersion et de ramener.

Je ressens d’un coup une lourdeur dans la ligne, je ferre d’instinct. Grâce à mes lunettes polarisantes je perçois nettement qu’un brochet vient de se saisir du leurre. Mon regard est dans l’axe du scion et je note que la courbe est prononcée ce qui me fait comprendre qu’à priori, j’ai à faire à un beau poisson. J’ai un doute pendant quelques secondes… c’est peut-être tout simplement un petit qui s’est « tanké » dans un herbier. 

Florian m’interroge sur sa taille et nous réalisons qu’il est beau presque en même temps. Il nage vers nous et se laisse ramener sans trop se défendre. Il a tout de même fait le méchant en foncant dans un herbier. Je l’en extrait en force, pouce sur la bobine pour l’empêcher de tourner. Dès qu’il est sorti je lève le pouce pour éviter la casse.

Il accepte de venir vers la berge. La faible profondeur lui fait peur, il me fait un rush de malade et me prend plusieurs mètres de tresse. J’ai l’impression que mon frein de combat n’est pas assez serré sur ma Gunki Kazé casting. Je donne un quart de tour supplémentaire pour le contraindre. Quelques coups de têtes, on s’interroge avec Florian pour savoir comment le prendre.

Florian sort l’épuisette, elle n’est pas prévue pour y faire rentrer un brochet. Il refuse d’y entrer. La seconde tentative est couronnée de succès.

Le voilà posé dans l’herbe. Je mets mon gant Easy protect de Caperlan (Décathlon) pour le prendre par la mâchoire et le décrocher. Il est piqué en bord de gueule.

Nous estimons sa longueur à partir du manche d’épuisette, verdict un beau 70 cm.

Florian fait une ou deux photos avant sa relâche. Le combat a été filmé par sa Go-Pro.

Il me faut un peu de temps pour redescendre… je suis pas très modeste après la prise d’un beau poisson ;-).

Nous arrivons aux abords de péniches… Florian prend une perchette en pêchant en « darting » avec une TP de 2 grammes.

La pêche s’arrête avec la nuit qui arrive et la pluie qui commence à tomber…

https://www.youtube.com/watch?v=ZHUjYM9rprY

Pêche du sandre : profitez des crues !

La pêche quand l’eau monte peut paraître difficile pour celui qui n’a pas l’habitude de ces conditions particulières. Pourtant malgré des eaux teintées et un courant puissant il s’agit d’un moment particulièrement propice pour réussir de belles sorties. J’attends toujours avec impatience la montée des eaux car je sais que les poissons blancs vont se rassembler et que les carnassiers ne seront jamais bien loin…

Je vous propose de partager avec vous mon approche de la pêche pendant la crue qui est vraiment un moment particulier qu’il serait dommage de louper. Je vous garantis qu’avec un peu de recherche et en pratiquant une pêche simple, tout le monde est capable de réussir dans ces conditions. J’ai compris à force de pratique que ce n’était pas forcement la technique qui était primordiale pour capturer du poisson dans ce cas de figure mais que c’était surtout une bonne compréhension de ce qui se passe sous l’eau.

Le sandre devient mon partenaire de jeu principal car les phases d’activités en journée sont plus fréquentes dans des eaux troubles où il se sent bien pour chasser, on peut donc avoir la chance de croiser des gros sujets actifs en journée alors qu’ils sont bien plus discrets le reste de l’année. C’est un objectif passionnant mais avant de pouvoir les pêcher il faut d’abord savoir où les chercher.

peche sandre crue 1
La crue est le moment idéal pour traquer les gros sandres, profitez-en !

Le repérage, la clef de la réussite

Aujourd’hui la technologie nous offre tous les moyens nécessaires pour repérer facilement nos futurs spots de crue. Un outil va vous permettre d’être plus efficace dans votre recherche, il s’agit de la carte qui équipe la grande majorité des smartphones et qui permet grâce à la fonction satellite de disposer d’une imagerie très précise. Nous connaissons tous des applications qui permettent de zoomer sur n’importe quel point de la planète, comme par exemple Google Maps. Beaucoup s’en servent déjà et ça m’a aidé à trouver de nombreux postes intéressants.  Avant de me déplacer sur un nouveau secteur j’ai donc pris pour habitude de la consulter systématiquement.

De votre domicile vous allez pouvoir suivre de manière ultra précise le relief d’un fleuve ou d’une rivière qui vous intéresse. Trouver les accès au lieux sélectionnés représente également un gain de temps considérable pour un pêcheur. Ce que nous allons chercher c’est tous les endroits où le courant est susceptible d’être cassé ou ralenti quand l’eau monte. Il vous suffit de longer la berge depuis votre écran et de répertorier tous les lieux intéressants, il y en a tellement ! Quelques exemples :

  • la pointe aval d’une île
  • la berge qui décrit un angle ou un virage
  • l’entrée d’un port, d’un plan d’eau, d’un bras de rivière
  • une écluse (attention à la réglementation quand vous pêchez une écluse)
  • l’aval d’une pile de pont
  • un obstacle de forte taille dans l’eau

Quand on sait que cette liste est non exhaustive on se rend compte pourquoi le repérage est si important car c’est bel et bien perdre du temps à en gagner.

Pour réussir pendant la crue, le choix des postes est primordial. C’est même la clef du succès et c’est bien comme ça que vous ferez la différence avec les autres pêcheurs. Si les exemples que je viens de citer sont si intéressants c’est parce que lorsque le courant va se renforcer, ces zones vont attirer comme des aimants les poissons blancs, proies des carnassiers, qui s’y sentent à l’aise. On assiste parfois à des rassemblements gigantesques et c’est surtout ça que je cherche pendant la crue, c’est le « garde-manger ». Les carnassiers ne s’y tiendront pas forcément en permanence, par contre quand la faim se fera sentir ils sauront très bien où aller pour trouver ce qu’ils cherchent. Si à ce moment-là vous êtes au bon endroit avec une canne entre les mains ça peux vite devenir intéressant !

Ce sandre s’est laissé tenter par un shad à l’entrée d’un bras mort

Rien ne sert de courir, il faut pêcher à point

Beaucoup de pêcheurs continuent à pêcher aux leurres pendant la crue comme ils le font toute l’année, c’est à dire en déplacement permanent. Ce n’est pas inefficace car la prospection reste toujours intéressante pour peigner les bordures mais il est préférable de se concentrer sur les spots de crue marqués quitte à ce que cela en devienne pratiquement de la pêche à poste fixe. Je peux pêcher 2h au leurre sur une pointe aval d’île, me déplacer ensuite au début d’un bras en insistant puis poursuivre sur l’entrée d’un port de plaisance pour y rester encore un bon moment. Alors oui, je me déplace, mais parfois sur des postes éloignés de plusieurs kilomètres et surtout une fois sur place j’insiste en répétant les lancés.

Avec mes amis il nous est arrivé de ne rien faire pendant un long moment au même endroit puis de toucher plusieurs carnassiers d’affilée. Est-ce une activité qui se déclenche d’un coup ? Des poissons de passage sur le spot ou le fait d’avoir insisté encore et encore ? Je ne sais pas. Par contre il est clair qu’insister sur des postes choisis est souvent plus rentable pendant la crue que de prospecter au petit bonheur la chance.

Avec le recul on se rend vite compte que pour qu’un poste de crue fonctionne il faut qu’il ait le bon niveau d’eau. Vous pouvez pêcher deux fois un endroit sans rien faire, la rivière monte seulement d’un mètre et la troisième fois c’est le carton. A force de pratiquer sur vos postes vous apprendrez leur « mode de fonctionnement ». Quand les conditions seront réunies, sur certains ça « matchera » presque à tous les coups alors que d’autres seront plus réguliers tout au long de la crue. Ne tirez donc pas trop vite un trait sur un lieu sous prétexte que vos premiers essais sont sans résultats.

Après avoir repéré un endroit qui vous semble intéressant sur la vue satellite il peut être bénéfique de vous rendre sur place avant le jour J pour voir si c’est pêchable, s’il y a du poisson blanc et récolter toutes les informations que vous pourrez. Ce n’est pas le jour de la pêche qu’il faudra regretter l’épuisette pour saisir un poisson sur un quai en hauteur par exemple. Je visite parfois plusieurs endroits dans une même journée et je consacre pas mal de temps au repérage de nouveaux postes car ce n’est jamais du temps de perdu.

Un nouvel accessoire dans mon sac

deeper-pro+

Cette saison un outil va me faciliter la tâche, vous le connaissez peut-être déjà, il s’agit du sondeur de la marque Deeper.

Je suis équipé depuis peu du modèle Deeper Pro + et je dois dire que c’est vraiment bluffant. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, il s’agit d’un échosondeur utilisable du bord qui se connecte à votre smartphone via la wifi et qui vous permet aussi de faire de la cartographie.

Je l’utilise en mode GPS terrestre, logo poissons désactivé. L’écran est partagé avec d’un côté la vue satellite du poste et de l’autre la vue de l’échosondeur et avec Deeper pour pourrez « décrypter » une zone très facilement. La moindre cassure, un obstacle, un rassemblement de poissons blancs ou encore l’écho d’un poisson plus gros, toutes ces informations seront visibles en temps réel mais aussi sauvegardées via l’application. De retour à la maison je peux revoir ma session de sondage en faisant des arrêts sur image dès que c’est nécessaire.

L’utilisation est très simple, il faut balayer le poste en lançant puis en récupérant le Deeper qui se mettra en marche dès qu’il sera en contact avec l’eau et il transmettra à votre téléphone ou votre tablette. C’est étonnant de voir à quelle vitesse la carte se dessine en temps réel vous permettant de vous faire rapidement une idée du relief des fonds que vous avez en face de vous.

image satellite
Une pointe aval d’île en imagerie satellite
cartographie deeper pro +
La même pointe cartographiée avec Deeper Pro +, on distingue clairement chaque changement de profondeur

Le Deeper n’est donc pas un accessoire réservé aux carpistes, il est également parfait pour les pêcheurs de carnassiers aux leurres. Du bord je l’utilise soit en repérage préalable, soit en fin de pêche pour préparer une prochaine visite. J’évite de m’en servir pendant ou au début de la partie de pêche car lancer une boule de 100 grammes plusieurs fois là où vous allez passer votre leurre n’est pas ce qu’il y a de mieux en termes de discrétion. Par contre s’en servir au préalable pour accroître votre connaissance de la topographie des fonds, ça c’est un bon plan qui peut vous permettre de capturer plus de poissons par la suite et c’est bien comme ça qu’il devient redoutable pour nous, pêcheurs aux leurres.

Je vous donne ici un exemple de la cartographie d’une pointe aval d’île réalisée avec le Deeper Pro +, c’est un vrai jeu d’enfant. On distingue parfaitement la moindre cassure (changement de couleur) et on comprend bien comment cet « escalier » naturel offrira une protection et une zone de confort quand le courant va forcir.

Le Deeper est à voir comme un investissement sur le long terme qui vous aidera à connaitre en détail tous vos postes même du bord et grâce à lui, ce qui se passe sous l’eau n’aura plus de secret pour vous.

scan deeper pro +
Capture d’écran de l’échosondeur Deeper. On y voit une structure surplombée par du poisson blanc, un bon signe

Trois leurres, trois actions

Pendant les crues je me concentre principalement sur le sandre ce qui n’empêche pas les brochets, perches et autres silures de jouer les invités surprise de temps en temps.

Ma stratégie de pêche reste malgré tout axée sur la recherche spécifique de ce carnassier et vous allez voir que mon approche est simple mais réfléchie. Pendant la crue, j’utilise à 80% du temps trois leurres souples qui sont parfaitement complémentaires et qui suffisent très souvent à trouver la pêche. J’ai créé une gamme complète que je commercialise sous la marque HMF, il est donc normal que je fasse totalement confiance à mes créations que je connais par cœur. Il vous appartient de faire votre propre sélection selon vos affinités avec tel ou tel fabricant, l’essentiel étant de choisir des modèles dans lesquels vous croyez mais surtout qui offrent des nages complémentaires.

Le shad

On pourrait penser qu’un leurre souple de type shad est ce qu’il y a de plus naturel en toute circonstance car il ressemble à un poisson, en réalité ce n’est pas tout à fait vrai. Quand on pense leurre on pense vibrations, hors ce n’est pas le seul paramètre à prendre en compte, il y a aussi le déplacement d’eau qui est plus souvent ignoré par les pêcheurs. En effet, ce n’est pas parce qu’un leurre ne vibre pas qu’il ne créé pas une perturbation. Le volume du leurre en déplacement est parfaitement perçu par les carnassiers d’ailleurs si l’on s’attarde sur un petit poisson, une ablette par exemple, on se rend compte que les mouvements sont très discrets avec des battements de nageoires de faible amplitude. Le shad est donc un leurre provoquant qui fait réagir les carnassiers parce qu’il envoie un grand nombre de vibrations en imitant un mouvement de panique chez la proie. C’est cette caractéristique qui en fait un indispensable dans la boite y compris quand l’eau monte.

Le slug

Un autre incontournable pour pêcher pendant la crue c’est le leurre souple de type slug, un leurre très peu employé et qui pourtant est tellement prenant. Ce fut une révélation dès qu’avec mes amis nous avons commencé à nous en servir sur des postes qui commençaient à devenir difficile en raison de la pression de pêche. A l’inverse du shad il a un déplacement d’eau beaucoup plus neutre mais qui fera souvent la différence sur les sandres qui s’en saisiront sans méfiance. Le worm fonctionnera sur le même principe et pourra remplacer le slug s’il a votre préférence.

Le grub

Pour compléter ces deux modèles il y a une star de la pêche en eaux troubles, j’ai nommé le grub. C’est un leurre souple qui me réussit souvent très bien dès que l’eau est teintée, je lui dois d’ailleurs certains de mes plus gros sandres. Comme il est très mobile dans l’eau, il permet de pêcher lentement avec une attractivité maximum, et ça tombe bien car c’est souvent l’idéal dans ces conditions.

leurre souple shad grub slug
Mon trio gagnant pendant les crues : Boom Shad, Mofin Slug et Terror Grub de la marque HMF

Lentement mais surement

Pendant les crues d’automne la température de l’eau est basse. Comme je pêche principalement des amortis je peux réduire la taille de ma tête plombée et c’est même conseillé. Une des règles que je m’impose c’est que plus c’est léger et plus c’est naturel hormis pour la pêche en linéaire ou je surplombe volontairement pour bien « gratter » le fond. Dans tous les cas j’essaye de pratiquer une pêche relativement lente pour inciter les carnassiers à attaquer cette proie facile à saisir.Pour la pêche avec des leurres souples sur têtes plombées, les bonnes animations sont globalement les mêmes que pendant la saison à savoir : linéaire, traction et animation.

La récupération en traction

Celle que j’utilise le plus pendant la crue est la traction qui fonctionne parfaitement avec les trois leurres dont je vous ai parlé précédemment. Le principe, pour le sandre, est de laisser descendre le leurre au fond, canne à 45 degrés puis d’effectuer une traction vers le haut pour le faire décoller. Ensuite on le laisse retomber bannière tendue et prêt à ferrer puisque la touche intervient souvent à ce moment-là. Bien plombé, c’est lent, c’est planant, il s’agit donc d’un must et juste avec ce maniement extrêmement simple vous devriez faire du poisson sans problème.

L’animation à la tombée du leurre

La technique de l’animation est sur la même base avec comme variante des coups de scion pendant la remonté du leurre. Ceci a pour but d’imiter les soubresauts que peut faire un poisson faible ou mourant. Une animation que j’utilise surtout avec le slug associé à une tête plombée très légère et ça aussi, ça pêche fort !

La récupération en linéaire

Pendant la crue, je réserve surtout la récupération en linéaire pour le grub même si un shad se prête également bien à l’exercice. Là encore, c’est facile. On laisse descendre le leurre au fond et on ramène lentement canne basse. La récupération peut être entrecoupée de pauses de quelques secondes le temps que le leurre reprenne un peu de profondeur. Tout le secret est de bien choisir le poids de sa tête plombée pour survoler le fond sans que le leurre ne remonte trop haut à la récupération. L’intérêt de cette technique, hormis sont efficacité, est quelle déclenche régulièrement des attaques violentes. Le sandre qui sait se faire si discret ne fait en général pas de détails quand il s’agit d’intercepter cette proie. Certains jours, c’est l’animation qui cartonne sur le sandre !

Jouer les contrastes

peche brochet crue
Le brochet s’invite parfois à la fête, un coloris flashy comme ce firetiger convient parfaitement

Quand l’eau est trouble il n’est pas forcément nécessaire d’emporter de nombreux coloris, ce qui compte surtout c’est de jouer sur les contrastes. Si je ne devais retenir que deux couleurs pour la crue, ce serait le blanc et le jaune fluo, le blanc étant vraiment le coloris que je juge indispensable. Le noir est souvent peu utilisé mais il mériterait de l’être davantage car c’est un super coloris quand l’eau est teintée tout comme le rose fluo qui fait aussi parfaitement le job. Ce qui compte surtout, plus que le coloris, c’est de trouver le leurre du jour mais en emportant shad, grub et slug dans les coloris que je viens de vous citer, il y a déjà une bonne base pour trouver la pêche et prendre régulièrement du sandre tout au long de la crue.

En action de pêche, je commence en général par le shad et je peigne le poste avec les différentes animations. Si rien ne se passe je tente un grub pour proposer tout de suite une fréquence de vibrations totalement différente du shad. Enfin, en l’absence de touches je passe sur le slug en animation ou en traction et je joue à fond la carte du « déplacement d’eau », un leurre discret à l’opposé des deux autres avec un comportement dans l’eau très naturel. Ce ne sont bien sûr pas des règles strictes que je m’impose mais la façon dont je procède la plupart du temps dans ces conditions. Comme toujours le matin et le soir sont des moments à privilégier je ne vous apprends rien à ce sujet mais la journée peut aussi réserver de belles surprises d’autant plus si l’eau est bien trouble.

sandre crue peche
Pour leurrer les plus gros sandres il vous faudra parfois fleurter avec les heures légales, la tombée de la nuit est un moment particulièrement propice

On dit qu’il y a autant de manières de pêcher que de pêcheurs et en écrivant cet article j’ai voulu partager avec vous mon approche de la pêche du sandre pendant la crue en totale transparence. J’espère que cela vous aura donné envie de tenter votre chance dans ces conditions si vous ne le faites pas déjà.

Il n’y a pas de secret, c’est une pêche accessible à tous pour qui a la bonne approche, je vous souhaite donc une belle fin de saison et beaucoup de gros sandres de crue.

Espèces exotiques envahissantes et invasives

Lors de sorties, pour nous faire quelques sensations, admirer de beaux paysages ou au moins se vider la tête et respirer un peu d’air frais, nous croisons des espèces animales et végétales qui viennent parfois de très loin. Les espèces citées proviennent soit de constatations au niveau national, soit de la liste des EEE (Espèce Exotique Envahissante) éditée par l’union européenne (liste complète ici). Cette liste est censée être mise à jour tous les 6 ans et risque donc de s’allonger. En aucun cas la liste que je vous présente se veut exhaustive (j’aurais pu vous ajouter un bon nombre d’espèces dont le fameux frelon asiatique, ou encore l’érismature rousse), les espèces citées étant seulement celles liées aux milieux aquatiques.

Bien sûr ce n’est pas un cours de botanique ni de zoologie que je compte vous dispenser et je vous ferais donc grâce des noms latins, mais je suis certain que quelques espèces vous disent quelque chose.

 

Les espèces végétales les plus connues :

Les Jussies

Jussies

Ces espèces se développent en tapis à la surface, provoquant une fermeture du milieu en obstruant l’arrivée de lumière nécessaire à l’écosystème aquatique.

L’hydrocotyle fausse renoncule

Hydrocotyle fausse renoncule

Même problématique que pour les Jussies, l’hydrocotyle se développe en amas.

L’élodée du Canada

élodée du canada
Élodée du canada

Cette plante à l’origine ornementale en aquariophilie a rapidement envahi un grand nombre de lacs et de rivières. Malgré ses capacités oxygénantes sa prolifération engendre une augmentation du pH de l’eau qui peut être fatale pour les poissons. Outre cet effet, l’élodée ayant une croissance assez rapide et captant de fortes doses de CO2 et nutriments, elle est une grande concurrente d’autres plantes aquatiques locales qui elles, sont utiles pour le milieu (habitat, nourriture, lieu de ponte ou de refuge…). Elle pullule et forme de grands herbiers envahissant toute la hauteur d’eau. Attention, une simple bouture peut suffire à la formation d’un nouvel herbier en aval.

La renouée du Japon

Renouée du Japon en bordure de cours d’eau

Grande gagnante dans la catégorie des colonisatrices de milieux, c’est aujourd’hui une vraie « peste verte » qui se propage facilement de par sa croissance rapide et une taille supérieure à bon nombre d’espèces indigènes de la même strate végétale. De plus, ses grandes feuilles et son développement en rhizome induisent une colonisation par taches s’élargissant au fur et à mesure, privant ainsi les autres espèces de l’espace et  la lumière nécessaire à leur croissance.

Des facteurs abiotiques (climat, richesse du sol, ensoleillement…) plus favorables que dans son milieu d’origine peuvent aussi expliquer la réussite de cette espèce à s’adapter à son nouvel habitat. Enfin, les milieux d’origine de cette espèce sont, comme tous les écosystèmes naturels, régulés. Entendons par là que toutes les espèces et interactions inter et intraspécifiques de l’écosystème se sont développées ensemble et ont évolué conjointement en s’adaptant à ce qui les entourait. Ainsi le milieu s’autorégule par la présence de germes induisant des maladies, de prédateurs régulant les populations animales et d’herbivores (phytophages) régulant les populations des différentes espèces végétales. Loin de son milieu naturel et sans la présence de ces facteurs limitants, cette espèce exotique envahissante a alors tout loisir de se propager.

Introduite au XIXème siècle à des fins ornementales et fourragères (certains documents parlent même d’un intérêt mellifère important), la Renouée du Japon a aujourd’hui colonisé une grande partie du réseau hydrographique national. Sa dissémination se fait par bouturage, il suffit d’une partie de tige ou de racine pour que la plante se développe à nouveau un peu plus loin. On pourrait la qualifier comme l’hydre végétale moderne, coupez-lui la tête et il en repoussera deux. Il semble néanmoins, selon une étude britannique, que les plants européens et américains ne se développent que par bouturage et non par pollinisation et qu’ils soient issus d’un seul et même individu.

La Jacinthe d’eau
Jacinthe d’eau

La Jacinthe d’eau

Comme les jussies ou l’hydrocotyle, cette plante finit par étouffer les espèces natives en formant de denses tapis monospécifiques qui bloquent la lumière aux strates inférieures. Son impact est important sur les espèces végétales mais aussi animales en bloquant l’accès à l’eau aux oiseaux ou en empêchant certaines larves d’insectes de remonter à la surface pour leur mue et leur envol.

Les espèces animales :

La moule zébrée

Moule Zébrée
Moule Zébrée

Bien qu’elle puisse être intéressante pour l’assimilation et la fixation des métaux lourds dans sa coquille, cette espèce originaire de la mer Caspienne qui aurait remonté les canaux via les bateaux de commerce et connue en France depuis le XIXème siècle serait porteuse de parasites infectant les poissons.
Sa présence favorise l’apparition de cyanobactéries qui relarguent des toxines dans les eaux des rivières, ces toxines peuvent alors se révéler dangereuse pour la faune et les usagers des milieux aquatiques. De plus, son développement en tapis modifie le fond des radiers et étouffe les espèces locales en croissant sur celles-ci.

Le Pseudorasbora ou goujon asiatique

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Les conditions de son introduction ne sont pas connues mais c’est une espèce originaire de l’Est asiatique. Il est porteur sain d’un parasite qui affecte les espèces de poissons françaises. Il peut facilement être confondu avec d’autres espèces par les pêcheurs (Ides, Ablettes…) ce qui rend la lutte contre sa dissémination très complexe.

La perche-soleil

Perche soleil
Perche Soleil

Aussi appelée Crapet-Soleil, cette espèce Nord-Américaine est magnifique mais très vorace. Cette espèce très colorée serait apparue en France par l’aquariophilie et l’échappée ou le lâcher d’individus. Elle consomme un grand nombre d’œufs de poissons indigènes. La perche soleil a un temps d’incubation très rapide puisque les quelques milliers d’oeufs pondus et fécondés peuvent éclore 3 jours après la ponte dans des conditions optimales.
Cette espèce fait l’objet de mesures interdisant les pêcheurs de la relâcher ou de la transporter vivante. De plus, il est interdit de l’utiliser comme vif .

Les écrevisses exotiques

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De gauche à droite : écrevisse Américaine, du Pacifique et de Louisiane

Elles sont responsables de la baisse des populations d’écrevisses locales par transmission de maladies (peste de l’écrevisse) et compétition, et du fait de leur forte population, consomment de nombreux œufs de poissons, notamment du Brochet lors des crues de printemps.

 

Le rat surmulot

Rat Surmulot
Rat surmulot

Il est aussi connu comme le rat d’égout. Soupçonné d’être à l’origine des épidémies de peste qui jalonnent l’histoire, le rat surmulot a aujourd’hui colonisé l’intégralité du globe (sauf l’Antarctique). C’est une espèce qui pullule rapidement puisqu’une femelle peut avoir jusqu’à 12 petits par portée et 7 portées par an. Cette espèce est synanthropique (accompagnatrice de l’Homme) et c’est pourquoi elle a pu s’étendre grâce aux déplacements humains.

Le rat musqué

Rat musqué
Rat musqué

Originaire d’Amérique du Nord, ce gros rat de 20cm a été introduit en Europe au début du XXème siècle dans le but d’exploiter sa fourrure. Échappé des élevages, il s’est vite adapté aux milieux aquatiques Européens. Il cause des dégâts très importants aux berges des cours d’eau qu’il sape en creusant ses galeries.

Le Ragondin

Ragondin
Ragondin

D’origine Sud-américaine, ce gros rongeur a été introduit en Europe là aussi pour sa fourrure à partir du XIXème siècle. Il lui est reproché une surconsommation de certaines plantes aquatiques locales, une destruction des nids d’oiseaux et de gros dégâts aux cultures. Il est aussi vecteur de maladies telles que la douve du foie ou la leptospirose. Garde aux chiens qui peuvent facilement attraper ces maladies par l’urine des rongeurs.

L’amour blanc

Amour blanc
Amour blanc

Cette carpe asiatique, introduite dans un but de contrôle de certaines plantes devenues invasives est elle même devenue envahissante. Bien qu’elle puisse nous procurer de belles sensations, ce poisson est responsable de la régression d’herbiers de plantes locales puisqu’il peut ingérer l’équivalent de son poids en une journée.

Le carassin doré

Carassin doré
Carassin doré

Venant de Chine, cette espèce est l’ancêtre du fameux “Maurice”, le poisson rouge que tout le monde a dû voir ou avoir au moins une fois en aquarium. Il lui est principalement reproché son croisement avec le carassin commun ce qui pourrait causer des problèmes de pérennité à l’espèce commune de nos rivières et une dérive génétique des carassins européens.

Le gobie à tache noire

Gobie à tache noire
Gobie à tache noire

Ce poisson euryhalin (qui vit autant en eau douce qu’en eau de mer) serait un compétiteur hors pairs pour les espèces indigènes en consommant la même nourriture que certains poissons blancs et serait responsable de la baisse des populations de poissons patrimoniaux puisqu’il se nourrit également des œufs et des jeunes de poissons indigènes. Il aurait été introduit par le déballastage de porte-conteneurs et aurait remonté les estuaires pour coloniser les rivières. Sa présence est encore faible en France mais pourrait vite s’intensifier.

Le poisson chat commun

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Poisson chat commun

Le petit cousin du Silure, originaire d’Amérique du Nord serait responsable de dérèglements écosystémiques. Son activité sur le fond des rivières et étangs augmenterait la turbidité de l’eau ce qui réduirait la production d’oxygène des plantes aquatiques. De plus il déstabilise les substrats et les macrophytes aquatiques et serait un grand consommateur d’œufs et de larves de poissons. Il est aussi porteur de parasites et de virus affectant les autres poissons tels que l’anguille ou la carpe qui côtoient la même strate d’eau et ont le même comportement alimentaire (nourrissage principalement sur le fond). Il a une durée de survie hors de l’eau qui dépasse de loin la moyenne atteinte par les autres espèces.

Prenez garde à ce poisson qui dispose d’ergots sur ses nageoires dorsales et pectorales entraînant une blessure douloureuse et potentiellement infectante, j’en ai fait l’expérience et ce n’est pas agréable.

Réglementairement, il est interdit de relâcher un poisson chat commun vivant ni de le transporter afin d’éviter sa propagation et de maîtriser sa population.

Les tortues de Floride

Tortue de Floride
Tortue de Floride

Originaire des Everglades, cette espèce vorace et omnivore peut très fortement impacter les écosystèmes en réduisant les populations d’amphibiens ou de gastéropodes.

Bien qu’elle ne semble pas se reproduire au Nord de la Loire du fait de conditions climatiques moins optimales (eh oui, pour une fois qu’on peut être avantagés face aux sudistes !) c’est aussi une espèce qui menace la Cistude d’Europe en monopolisant les emplacements de basking (quand un reptile se dore la pilule afin de se réchauffer) et en étant une compétitrice redoutable dans la course à la nourriture. C’est une espèce reconnue vectrice de salmonelles donc lavez vous bien les mains après contact . Evitez aussi de lui tendre les doigts, sa mâchoire dispose d’une sacrée force.

Le goujon de l’Amour

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Le goujon de l’Amour

Ce poisson originaire d’extrême orient a été introduit par le biais de l’aquariophilie. Il affectionne particulièrement les cours d’eau à écoulement lent ou les milieux lentiques tels que les plans d’eau ou les mares. Proche de la famille des Percidés, il partage quelques caractéristiques physiques avec la perche commune notamment la tête et la bouche.

La grenouille taureau

Grenouille taureau
Têtard de grenouille taureau
Têtard de grenouille taureau

Cette énorme grenouille d’Amérique du Nord est présente dans les pays d’Europe de l’Ouest et se révèle très impactante pour la faune inféodée aux zones humides et aux annexes hydrauliques telles que les mares. La taille des têtards est impressionnante et peut atteindre la dimension d’une main adulte, d’où le fait que peu de prédateurs sont capables de réduire la population de juvéniles. Le nombre d’œufs pondu est aussi très surprenant (jusqu’à 24 000 œufs une à deux fois par an). Les têtards sont omnivores et consomment insectes aquatiques, mollusques, œufs de poissons et de grenouilles indigènes. Les adultes sont tout aussi redoutables pour les espèces européennes et peu de prédateurs s’attaquent à ces amphibiens mastodontes.

L’ibis sacré

Ibis sacré
Ibis sacré

Cet oiseau échassier est d’origine d’Afrique subsaharienne et était présent en Egypte où il était vénéré comme l’incarnation d’un dieu à l’époque des pharaons. Cette espèce a été involontairement introduite dans l’Ouest de la France dans les années 90 suite à l’échappée d’un groupe d’oiseau du parc zoologique de Branféré en Bretagne. Très vite adapté du fait de leur acclimatation en parc, il se révèle aujourd’hui impactant pour l’écosystème en ayant des actions de prédation sur les populations de sternes. Un impact sur les civelles (jeunes anguilles) est aussi évoqué. 5000 individus auraient été recensés en France aux alentours de 2008. Cette espèce semble néanmoins être une prédatrice des écrevisses de Louisiane, autre espèce exotique envahissante, de plus elle stabilise les populations de spatule blanche, espèce protégée au niveau national. Les avis sont assez disparates pour cette espèce et il n’a donc peut-être pas sa place dans cette liste, mais il paraissait intéressant de vous le présenter tout de même, qu’il soit invasif ou non.

Des espèces exotiques non invasives ?

D’autres espèces sont quant à elles présentes depuis plusieurs décennies et ont établi des relations à peu près stables avec leur milieu.

Le sandre

Sandre de 53cm (~1.5kg) pris par Tatiana DaSilva

C’est le cas par exemple du Sandre originaire d’Europe de l’Est. Remontant les canaux, il a fini par coloniser une bonne partie des rivières d’Europe. Ce formidable chasseur est naturalisé et s’est adapté à nos cours d’eau. Il a un impact moyen sur les populations locales, il semblerait même qu’il permette d’éliminer les poissons malades ou trop vieux, redynamisant ainsi les populations.

Le Black Bass

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Black bass de 53cm (~2kg), Charente Maritime, pris par Yohan Boujon

Comme son nom à consonance anglo-saxonne l’indique, le Black Bass (ou Achigan à grande bouche) est originaire d’Amérique du Nord où il est l’équivalent de notre perche commune.
Introduit à la fin du XIXème siècle à des fins de pêche sportive, il s’est acclimaté à nos écosystèmes aquatiques et ne semble pas provoquer de perturbations majeures au milieu et aux espèces indigènes mis à part peut-être dans certains écosystèmes sensibles.

Le silure glane

Silure de 2m17 (~80kg) pris sur le Tarn par Adrian Cateau

Enfin, le dernier exemple a fait couler beaucoup d’encre et a été le centre de nombreux débats. Il s’agit bien-sûr du Silure glane.

Bien que les pêcheurs qui le ciblaient lors de leurs sorties nature le défendaient promptement, et à juste titre, du fait de sa capacité à nous donner la tremblote avec ses coups de têtes et sa taille de mastodonte, le plus grand poisson d’eau douce présent en Europe s’est aussi fait mauvaise presse de par son comportement vorace et charognard. Ce mastodonte originaire d’Europe de l’Est serait présent en France depuis les années 50 (date des premières captures) et aurait remonté les canaux, mais il est aussi cité dans des ouvrages remontant parfois au moyen âge peu vérifiables de nos jours. Il aurait pourtant (selon une discussion avec un garde fédéral) été introduit et maintenu dans des bassins d’élevage tenus par des moines à l’époque du haut moyen-âge, origine de son arrivée en Europe occidentale ? Peut-être…

Accusé de manger les pigeons, les canetons et parfois même de petits chiens, bien que ce ne soit que des actes isolés d’individus qui semblent s’être spécialisés dans la chasse de proies positionnées au bord de l’eau, le Silure a fait l’objet de campagnes sauvages d’éradication. C’est surtout un carnassier opportuniste qui ne dénigre aucune source potentielle de nourriture, aucun comportement commun avec celui qui a longtemps été considéré à tort comme “les dents de la mer” par la plupart des gens, le requin n’étant d’ailleurs pas un grand tueur d’Homme. Face à cette opposition au sein de la communauté des pêcheurs, des études ont été réalisées notamment par l’ONEMA (aujourd’hui AFB). Il apparaît aujourd’hui que même si le Silure peut, à des endroits localisés, être en cause dans la baisse des populations de certains poissons (l’alose par exemple), la prédation qu’il exerce semble là aussi redynamiser les populations en éliminant les individus malades et ceux trop vieux et donc moins féconds. Ce poisson a, comme tout prédateur, un impact sur les populations piscicoles mais le rendre responsable de la disparition de certaines espèces patrimoniales serait trouver facilement un bouc émissaire permettant d’occulter d’autres causes plus anthropiques. De plus il semble réguler sa population par cannibalisme, les gros consommant les plus petits. Ce sujet étant encore récent, d’autres études devraient voir le jour pour évaluer son impact sur les poissons migrateurs par exemple qui exténués après avoir remonté les rivières, deviennent des proies faciles pour ces monstres d’eau douce.

Autre point à aborder :

Ici, comme vous pourrez le voir, le sujet ne fait pas l’objet d’un consensus de la part des scientifiques ni des gestionnaires et j’exprime plus une interrogation ou un point de vue sur la question :
En France, deux modes de gestion s’appliquent en première catégorie. La gestion patrimoniale permet de préserver l’habitat des salmonidés (migrateurs ou non) et maintenir, voire agrandir l’intérêt qu’ils portent aux rivières qu’ils occupent. La gestion halieutique a une vision plus anthropocentrique et favorise plus l’intérêt du pêcheur et de la ressource piscicole en lui proposant des truites exotiques issues d’élevages : les truites Arc-en-ciel.

Ces truites originaires d’Amérique du nord entrent en compétition avec les salmonidés indigènes en fréquentant les mêmes postes de chasse, et en visant les mêmes proies que la truite fario. L’Arc-en-ciel dispose même d’un avantage sur la fario car elle dispose d’un mode de vie plus grégaire (vie en groupe) la protégeant des prédateurs et d’un taux de croissance plus élevée que sa cousine européenne. La qualité des eaux étant de nos jour pas trop au beau fixe, cette compétition entre espèces vient s’ajouter aux autres facteurs et rend les lieux propices au développement de populations en bonne santé de truites fario encore plus rares.  Bref, une sale période pour les farios…

De plus, selon une étude du CNRS venant de sortir, les truites d’élevage introduiraient du mercure d’origine océanique (capté via leur nourriture en granulés produits à partir de farine de poissons), dans les lacs de haute montagne (et donc surement aux rivières) s’accumulant et s’ajoutant de ce fait aux pollutions atmosphériques. Pas forcement la meilleure presse pour la gestion halieutique.

Exotique signifie-t-il nocif pour les écosystèmes ?

L’Homme est fortement responsable de l’apparition d’espèces exotiques de par ses activités, sa négligence ou encore son insouciance. Bon nombre d’espèces ont été ramenées pour l’ornement ou par appât du gain. Aujourd’hui, ces perturbations d’origine anthropique s’accentuent et se révèlent très coûteuses autant écologiquement qu’économiquement. Exemple flagrant : l’introduction de 12 couples de lapin en Australie en 1859 par un chasseur britannique, ayant pour impact la fragilisation des espèces marsupiales indigènes et la propagation de maladies coute encore aujourd’hui au pays énormément d’argent en aménagement et en préservation de leur patrimoine faunistique.

Néanmoins, si la plupart des espèces exotiques deviennent invasives, ce n’est pas une obligation car une espèce exotique n’impacte pas forcement négativement le milieu dans lequel elle a été introduite, l’autre possibilité étant une neutralité en terme d’effet sur l’écosystème ou une amélioration de celui-ci (l’accentuation de la prédation peut par exemple réduire une ou des populations d’espèces, limitant le risque d’apparition et de transmission de maladies). De plus, une espèce peut se révéler impactante dans quelques milieux fragiles et n’avoir aucun impact significatif dans d’autres écosystèmes. Enfin, une espèce exotique peut très bien se naturaliser, c’est à dire équilibrer les relations (prédation, compétition…) qu’il entretient avec les autres espèces du milieu considéré et réguler sa population.
Le caractère nocif est donc parfois très relatif, bien que dans la plupart des cas l’arrivée d’une espèce exotique entraine des répercussions (parfois temporaires) sur le milieu considéré.

En tout cas, ces espèces sont, hormis quelques exceptions, des épines dans le pied que l’Homme s’est enfoncé lui-même et qui ont provoqué (et provoquent encore) des altérations quasi irréversibles des milieux naturels en modifiant les équilibres et les relations au sein des écosystèmes et en fragilisant les habitats d’espèces natives patrimoniales, les mettant de ce fait en danger.

 

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