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Pêche urbaine, le récit d’un après-midi d’octobre

Il n’était pas prévu que je fasse une session street-fishing ce samedi 21 octobre 2017.
Ma sacoche dédiée au « street » toujours prête, suspendue à un porte-manteau, dans un coin ma canne, il ne me faut pas longtemps pour être prêt.

J’habite juste à côté de la Saône, c’est un avantage indéniable pour improviser une sortie pêche. Il me faut 20 minutes de marche pour atteindre le début de mon parcours du jour. 

Une lame, King-Kong de 14 grammes (Biwaa) était restée montée depuis ma sortie de la veille. Je m’arrête un instant sur l’un de mes hot-spots de ces dernières semaines. Premier lancer et première prise, le combat est vite expédié, verdict : un brocheton de 41 cm.

Je ne m’attarde pas et résiste à l’envie de pêcher les péniches amarrées. Je presse le pas. Il fait presque chaud. Le thermomètre affiche encore plus de 25° C en cette fin octobre. Les prévisions annoncent une dégradation pour la fin de journée et la nuit à venir. 

Je découvre un chemin qui est bordé d’un mur décoré de masques africains. Voilà un lieu fort envoûtant… Pour ma part, c’est l’eau toute proche qui m’envoûte. Je change de leurre et monte en bout de ligne une tête plombée de 5g en forme de balle sur laquelle j’installe un Powerbait Minnow 3 pouces en coloris Pearl White.

Je propulse sans peine mon montage à une trentaine de mètres du bord et suis attentif à la descente du leurre vers le fond. Le toc se fait sentir quand il le touche. Je commence à animer mon souple par des soubresauts, concentré à le maintenir proche du fond.

Le poste devant moi est une pente douce dont le substrat est couvert d’herbiers. La présence de tiges de nénuphars démontre qu’il y a peu la zone en était recouverte.

Lunettes polarisantes rivées sur le nez, je suis des yeux mon leurre dont le coloris n’est pas choisi que pour plaire aux prédateurs. Il me permet également de percevoir le leurre même dans une grande profondeur. 

Je ne tarde pas à capturer un petit brochet (36 cm), puis à rater un troisième dont la taille m’a semblée plus importante. 

Je continue ma progression sur ce chemin de halage, enregistrant ainsi une attaque de petit brochet. Je décroche ensuite une jolie perche bien grasse estimée à 30 cm en essayant de la « dropper » jusqu’à moi (l’inconvénient de ne pas disposer d’épuisette).

Je m’attarde sur les quelques avancées constituées de blocs rocheux et/ou d’arbres noyés déposés là, lors de l’aménagement des « rives de Saônes » il y a quelques années. Des postes typiques à perche.

Je continue avec le même leurre et la même animation, mais d’une manière plus chirurgicale et c’est l’une des forces de cette technique : le darting.

Deux ou trois perches suivent sans vraiment être agressives. J’ai localisé leur positionnement et n’ai plus qu’à insister pour décider l’une d’entre elle. La touche est discrète, un arrêt et une brève lourdeur. J’extrait dans le mouvement le poisson de la zone dangereuse.

Ma promenade m’amène en face de l’appartement de Florian… un rapide « sms » pour l’inviter à me rejoindre s’il est disponible et intéressé. Une heure plus tard le voilà qui arrive.

J’ai quitté la zone de plage. Je pêche depuis un ponton. La profondeur devant moi oscille entre 3 et 8 mètres. Après une brève discussion avec Florian, je l’oriente vers la zone de plage, le secteur que j’explore depuis 30 minutes ne m’ayant rapporté aucune touche ni aucun suivi.

Les nuages s’amoncellent au-dessus de nous et le vent forcit de minutes en minutes. Les feuilles tombent en grande quantité emportées par les rafales. Il devient difficile de réaliser mes animations. Cela m’oblige à réduire ma distance de pêche.

Une averse aussi brève qu’intense nous surprend. Nous rebroussons chemin jusqu’à la voiture de Florian pour nous abriter. Après une discussion autour du projet Fishare, appuyés contre le parapet du quai, nous reprenons notre pêche là où nous l’avons arrêtée.

De retour sur la plage caillouteuse, très peu profonde, je continue à animer mon Powerbait Minnow de 3 pouces. Florian, quant à lui, use d’un souple en 2 pouces monté sur une TP dont l’hameçon est protégé par une brosse dure.

Il rentre une première perche. Quelques minutes plus tard nous réalisons un doublé et marquons l’évènement par un selfie.

Le vent souffle de plus en plus fort, il devient impossible de maîtriser les trajectoires avec un souple en « darting ». Je change mon leurre pour un shad en 4 pouces que je ramène en cranking. Hélas je le perds très rapidement lors d’un accroc au fond, c’est le risque du street-fishing.

Je monte en bout de ligne un crankbait, Aragon MR (Illex) que je ramène en linéaire sans pauses et peigne en éventail la plage devant moi.

Florian rentre un petit brochet avec son souple toujours ramené en cranking. Je décide de monter un spinnerbait TM Spinner (Damiki) en lieu et place de mon crankbait. Le secteur « pue » le brochet à plein nez, et un tel leurre offre une bouchée plus importante.

J’appuie mes lancers vers le large, vers la cassure que j’imagine aller vers le profond du chenal de navigation.

Je laisse le leurre s’enfoncer dans la couche d’eau avant de le ramener à vitesse réduire au plus près du fond. Il me faut un à deux lancer pour régler ma vitesse d’immersion et de ramener.

Je ressens d’un coup une lourdeur dans la ligne, je ferre d’instinct. Grâce à mes lunettes polarisantes je perçois nettement qu’un brochet vient de se saisir du leurre. Mon regard est dans l’axe du scion et je note que la courbe est prononcée ce qui me fait comprendre qu’à priori, j’ai à faire à un beau poisson. J’ai un doute pendant quelques secondes… c’est peut-être tout simplement un petit qui s’est « tanké » dans un herbier. 

Florian m’interroge sur sa taille et nous réalisons qu’il est beau presque en même temps. Il nage vers nous et se laisse ramener sans trop se défendre. Il a tout de même fait le méchant en foncant dans un herbier. Je l’en extrait en force, pouce sur la bobine pour l’empêcher de tourner. Dès qu’il est sorti je lève le pouce pour éviter la casse.

Il accepte de venir vers la berge. La faible profondeur lui fait peur, il me fait un rush de malade et me prend plusieurs mètres de tresse. J’ai l’impression que mon frein de combat n’est pas assez serré sur ma Gunki Kazé casting. Je donne un quart de tour supplémentaire pour le contraindre. Quelques coups de têtes, on s’interroge avec Florian pour savoir comment le prendre.

Florian sort l’épuisette, elle n’est pas prévue pour y faire rentrer un brochet. Il refuse d’y entrer. La seconde tentative est couronnée de succès.

Le voilà posé dans l’herbe. Je mets mon gant Easy protect de Caperlan (Décathlon) pour le prendre par la mâchoire et le décrocher. Il est piqué en bord de gueule.

Nous estimons sa longueur à partir du manche d’épuisette, verdict un beau 70 cm.

Florian fait une ou deux photos avant sa relâche. Le combat a été filmé par sa Go-Pro.

Il me faut un peu de temps pour redescendre… je suis pas très modeste après la prise d’un beau poisson ;-).

Nous arrivons aux abords de péniches… Florian prend une perchette en pêchant en « darting » avec une TP de 2 grammes.

La pêche s’arrête avec la nuit qui arrive et la pluie qui commence à tomber…

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A propos de l'auteur
Je pêche exclusivement aux leurres. J'adore pratiquer en ruisseau et petites rivières, biotopes qui exigent pour réussir une approche discrète et un bon niveau technique. J'affectionne tout particulièrement la traque de la truite, de la perche et du chevesne. Depuis mai 2017, j'arpente les berges de Saône à deux pas de chez moi, découvrant ainsi le "street-fishing" ses contraintes et ses plaisirs. Je suis aussi un pêcheur engagé, bénévole depuis 2011 dans une aappma et élu secrétaire en 2015.

2 commentaires sur Pêche urbaine, le récit d’un après-midi d’octobre

  1. ERIC41 dit :

    En complément de la vidéo un beau récit vécu…à distance! on rescent les gouttes d’eau… bref, bien sympa en tous cas! A++

  2. Greg dit :

    J’ai adoré lire ce récit. D’autant plus que quand on connait le lieu, on voit tout dans sa tête. Merci !

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