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Ouverture truite 2018, comment choisir le bon parcours ?

L’ouverture truite, voilà un jour particulier qu’il convient de préparer avec minutie pour se donner toutes les chances de réussir.

Il faut suivre la météo

Je regarde la météorologie quotidiennement, mais je la suis avec plus d’attention au fur et à mesure que le jour J approche. Chaque matin les bulletins météo de l’émission Télématin me fournissent les données du jour et parfois celles du lendemain. Pour une vision plus lointaine je vais sur : meteo-lyon.net un site météo local. J’ai éprouvé ce site depuis de nombreuses années sur la fiabilité de ses prévisions. Mais il faut rester prudent et ne pas oublier qu’il ne s’agit que de prévisions ! Je m’attache plus à identifier la tendance générale : amélioration, dégradation, arrivée de la pluie, radoucissement… plus que de savoir s’il fera beau le jour J. 

Voilà le résultat de 24 heures de pluies !

Les impacts de la météo sur la rivière

La météo influence les milieux aquatiques, quelques exemples pour vous faire comprendre mon propos :

Situation 1 : Cela fait un mois qu’il pleut de manière quasi continue. Il sera tout  à fait logique que le niveau d’eau soit haut, et la rivière pourrait même être en crue.  Une situation qui englobe un niveau d’eau élevé, une turbidité importante et un débit fort.

Situation 2 : A l’inverse si l’hiver a été très sec vous risquez de trouver une rivière très basse, voir en étiage. Une situation qui engendrera une rivière à l’eau limpide et un débit faible.

Situation 3 : Quinze jours avant l’ouverture, un front froid accompagné de neige arrive du nord de l’Europe. L’impact sur la rivière sera immédiat. Le mélange entre l’eau de la rivière et la neige générera une baisse de la température de l’eau qui devrait se teinter. Le débit augmentera en fonction de la quantité de neige tombée. 

Vous l’avez certainement compris, il convient de déterminer comment vont évoluer les paramètres suivants :

  • Le niveau et le débit.
  • La coloration de l’eau.
  • La température de l’eau.

Il est important de les suivre pour choisir le parcours où vous aurez les meilleures chances de réussite.

Astuces :

  1. Si votre rivière fait partie du système de suivi vigicrues vous pouvez suivre à distance les variations de niveau et de débit.
  2. Avoir un réseau d’informateurs, comme des personnes habitants à côté de vos parcours préférés qui vous renseignent en direct des évolutions de la rivière.

 

La station vigie-crue de la Brévenne, la crue est finie !

Eviter de pêcher en terre inconnue

Pour l’ouverture truite, on peut être tenté d’aller pêcher des eaux réputées mais que l’on ne connaît pas ou mal. Je déconseillerai totalement cette approche car vous aurez grand mal à vous adapter si par malheur vous n’enregistrez aucune prise et aucun indice d’activité piscicole (suivi, touche manquée). Sans connaissance des lieux vous ne saurez peut être pas sur quelle zone vous rendre pour rentrer du poisson.

A l’inverse en pêchant un parcours que vous connaissez comme votre poche vous vous rappellerez que derrière cette pierre au milieu du courant vous aviez pris l’été dernier une belle sauvage, ou que dans ce petit courant de bordure vous avez capturé votre première truite de souche lors de la saison passée.

Si vous avez déjà fait votre ouverture truite sur ce secteur, vous en connaissez les forces et les faiblesses à cette période de l’année. Il sera alors plus facile pour vous de vous adapter si la pêche s’avère difficile.

Repérer les parcours avant l'ouverture truite

Pendant six mois, la pêche a été fermée et vous n’avez probablement pas eu l’occasion de voir l’évolution de votre rivière. Il est indispensable d’aller voir comment les crues hivernales ont pu la modifier.

Par exemple, la rivière qui l’année dernière s’écoulait là en longeant la rive droite a pu voir son lit mineur réduit de moitié, et s’écoule désormais en rive opposée ; ou encore cette portion auparavant pauvre en raison de sa trop grande largeur, de sa lame d’eau peu profonde au substrat uniforme, offre désormais moultes caches grâce à cet enchevêtrement de bois morts, conséquence de la chute d’un vieux frêne.

La rivière est un milieu vivant en perpétuel évolution. Ce repérage vous aidera à choisir le « meilleur » parcours pour votre ouverture truite, mais aussi à choisir des leurres adaptés. 

Cet arbre tombé a diversifié ce plat

Connaissance sur la truite

Pour réussir à la pêche, il faut s’efforcer de connaître son adversaire et l’évolution de son comportement au fil des saisons. 

En mars, l’activité piscicole est faible. Les eaux sont encore froides. La nourriture disponible dans le milieu peu importante. La truite reste la majeure partie de son temps dans sa cache. En période hivernale, elle recherche des eaux profondes, à vitesse d’écoulement faible et à couvert végétal plus important. Elle cherche une cache pour se protéger de ses prédateurs et minimiser ses dépenses énergétiques comme un rocher, un tronc d’arbre, un couvert végétal ou une sous-berge.

Son rythme alimentaire est variable. En période hivernale elle tend à devenir nocturne et benthique (proche du fond). A cette époque de l’année, elle ralentit son métabolisme parfois jusqu’à jeûner pendant 4 à 5 mois suivant la latitude et l’altitude. 

En mars, nous sommes en sortie d’hiver, et l’activité augmente mais n’est pas encore celle de la période faste d’avril-juin. Si la journée est ensoleillée, couplée à un radoucissement, voilà une situation propice pour réussir en ce jour d’ouverture.

A cette époque de l’année, la truite fait peu de déplacements, le leurre ou l’appât doit passer devant sa cache.

Au final, quel parcours choisir ?

Il doit d’abord correspondre à :

  • votre capacité physique, n’allez pas risquer votre vie dans une gorge qui exige une bonne condition.
  • votre niveau technique, si vous êtes débutant  n’allez pas vous risquer sur un ruisseau en gestion patrimoniale.

Si vous débutez, je vous recommanderai un parcours de plaine dans lequel des truites issues d’élevage ont été déversées quelques jours auparavant. Elles sont plus faciles à décider, elles n’assimilent pas l’homme à un danger mais elles subissent les agressions du milieu. Une eau chargée et très froide suite à un épisode neigeux leur fera clore la gueule. Les truites lâchées ont parfois du mal à bien se saisir d’un leurre, elles prennent plus facilement un appât comme un ver de terre.

Si vous êtes expérimentés, vous n’avez probablement pas besoin de mes conseils. Toutefois, évitez de vous rendre dans un secteur où la pénétration de la lumière est faible (gorge boisée), ces secteurs seront plus propice à partir d’avril-mai.

Le parcours doit comporter des zones profondes (fosses), avec de nombreux obstacles (arbres noyés, blocs rocheux), boisés (synonyme de sous-berges). Vous pouvez pêcher la rivière principale, le matin à la recherche de truites lâchées (arc-en-ciel ou fario), et l’après-midi aux heures les plus chaudes, un petit affluent pour traquer des truites de souches.

La bonne connaissance des lieux, issue de vos repérages et vos expériences passées vous seront là d’un grand secours. Si la rivière principale est en crue ou trop haute pour votre niveau technique, votre matériel. Il suffit de vous rendre sur un petit tributaire pour trouver chaussure à votre pied.

 

Mon choix

Pour ma part, il y a bien longtemps que j’ai tranché cette question ! Cela fait dix ans que je pratique sur le même parcours. Il comporte des courants sinuant au travers de pierres de toutes tailles, des accélérations oxygénant l’eau, des fosses parsemées de blocs, des plats profonds et lents… et la fin du parcours exige même une bonne condition physique. Il y a des truites d’élevage qui y sont déversées, mais il est possible d’y faire de belles truites sauvages. Il permet aussi de faire un bon casse-croûte avec les collègues, c’est aussi ça l’ouverture !

Une belle sauvage prise en fin de mâtinée
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A propos de l'auteur
Je pêche exclusivement aux leurres. J'adore pratiquer en ruisseau et petites rivières, biotopes qui exigent pour réussir une approche discrète et un bon niveau technique. J'affectionne tout particulièrement la traque de la truite, de la perche et du chevesne. Depuis mai 2017, j'arpente les berges de Saône à deux pas de chez moi, découvrant ainsi le "street-fishing" ses contraintes et ses plaisirs. Je suis aussi un pêcheur engagé, bénévole depuis 2011 dans une aappma et élu secrétaire en 2015.

Un commentaire sur “Ouverture truite 2018, comment choisir le bon parcours ?

  1. Tom dit :

    Merci beaucoup a toute l’équipe de Fishare! ça fait quelque semaine que je vous suits, et je pense avoir beaucoup appris grace à vous! Même si l’ouverture ici (Genève) n’a pas été fructueuse, ayant croisé des pécheurs au toc et au cadre m’ayant dit ne pas avoir eu la moindre touche, je me suis surpris a utiliser vos conseils pour tenter de lire la rivière. Dans l’espoir que ça aille mieux avec le réchauffement, je vous souhaite une bonne ouverture!

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